Yehvann Diouf n'est sans doute pas près d'oublier cette folle soirée à Brest. Elle marquera peut-être un tournant dans sa saison tant il a inversé la situation en un arrêt.
On jouait la 10e minute du temps additionnel lorsque le gardien de l'OGC Nice a détourné le penalty croisé de Kenny Lala, pourtant spécialiste de l'exercice (13 tentatives réussies sur 14 avant ce match).
Diouf victime d'un «acharnement»
L'international sénégalais permettait au Gym de conserver son avantage (2-1) dans cette rencontre qui ressemblait jusque-là à un nouveau cauchemar en Ligue 1. Pour comprendre l'état d'esprit de Diouf au moment du penalty, il faut remonter quelques jours, voire plusieurs semaines plus tôt. Le Niçois vit un début de saison compliqué avec des erreurs grossières, à l'image du ballon relâché face au buteur lyonnais Pavel Sulc (1-2) dimanche dernier.
C'en était trop pour de nombreux supporters qui l'ont sévèrement critiqué. D'où l'intervention du directeur sportif Roger Ricort en début de conférence de presse mercredi afin de dénoncer un «acharnement» . Sa déclaration montrait bien que Diouf était affecté. Ça s'est d'ailleurs confirmé à Brest où le portier en plein doute a trop réfléchi avant de relancer, permettant à Ludovic Ajorque de venir lui chiper le ballon pour ouvrir le score dès la 15e minute. Image rare, le dernier rempart a vu la plupart de ses coéquipiers venir l'encourager.
Pantaloni voulait le remplacer
Dans un premier temps, leur aide ne l'a pas empêché de commettre d'autres erreurs, à commencer par ce corner maladroitement sauvé sur l'énorme occasion offerte à Kamory Doumbia. Il faut aussi rappeler ses ballons relâchés sur les frappes des Brestois conscients de sa fébrilité, du moins jusqu'à son geste héroïque. «Si je suis le héros ? Oui et non, a répondu Diouf sur Ligue 1+. C'est collectif, comme je l'ai dit à l'équipe. J'arrête aussi le penalty parce qu'ils sont tous venus me voir quand j'ai fait l'erreur. Personnellement, depuis que je joue au foot, que toute l'équipe vienne après une erreur, ça ne m'est jamais arrivé.»
Touché par le soutien de ses partenaires, l'ancien Rémois peut aussi remercier l'entraîneur des gardiens Stéphane Cassard qui a empêché le coach Olivier Pantaloni de le remplacer en cours de match vendredi. «J'avais mal pour lui et je me demandais si c'était mieux pour lui de sortir ou de rester sur le terrain, a avoué le Corse. J'en ai discuté avec mon staff, Stéphane Cassard était d'avis de le laisser.» Au micro de Ligue 1+, le technicien a aussi révélé une discussion décisive à la mi-temps puisque ses joueurs menés 1-0 se sont promis d'éviter la défaite par solidarité envers leur gardien. Voilà pourquoi les Aiglons ont tous volé vers Diouf au coup de sifflet final.
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