le 24/10/2026 à 11h00

Lille : Ancelotti, le poids du nom

Davide Ancelotti n'est plus dans l'ombre de son père.
Critiqué pour ses débuts mitigés à Lille, Davide Ancelotti voit sa légitimité remise en question par Jérôme Rothen, qui accuse Olivier Létang de l'avoir recruté en raison de son célèbre patronyme. Une étiquette difficile à décoller pour le fils de Carlo, dont la carrière reste étroitement liée à celle de son père.

Être le fils de Carlo Ancelotti, chance ou fardeau ? Pour Davide, la question se pose depuis ses premiers pas sur un banc. Nommé cet été à Lille, l'entraîneur italien connaît des débuts contrastés.

Malgré une place dans le haut du classement de Ligue 1, les Dogues peinent à convaincre dans le jeu et restent sur trois défaites en Ligue des Champions. De quoi relancer un débat qui dépasse largement les résultats : Davide aurait-il connu la même ascension sans son père ?

Un nom qui ouvre des portes

Difficile de nier que son patronyme a facilité son parcours. Préparateur physique au Paris Saint-Germain, puis adjoint au Bayern Munich, à Naples, Everton et au Real Madrid, Davide a accompagné Carlo durant plus d'une décennie dans les plus grands clubs européens. Une expérience exceptionnelle, mais acquise dans le sillage de son père. Après une première aventure de cinq mois comme entraîneur principal à Botafogo, l'Italien s'est vu confier les commandes du LOSC, engagé en Ligue des Champions. Un sacré bond en avant pour un technicien encore peu expérimenté comme numéro un.

Les circonstances de son arrivée dans le Nord entretiennent d'ailleurs les interrogations. Dans L'Équipe, Davide a révélé qu'Olivier Létang avait demandé son numéro à Carlo, lequel lui avait immédiatement conseillé d'accepter le projet lillois. Une proximité qui fait bondir Jérôme Rothen. «Létang nous l'a fait à l'envers. Il l'a pris juste parce que c'est le fils de Carlo» , a dénoncé le consultant sur RMC. Une accusation balayée par le président nordiste : «On l'a pris pour Davide, pas pour Carlo.» Selon le dirigeant, les nombreux retours recueillis auprès d'anciens joueurs ont conforté son choix.

Une étiquette difficile à effacer

Car réduire Davide Ancelotti à son nom serait également injuste. L'ancien milieu du Bayern Munich Javi Martínez, qui l'a côtoyé en Allemagne, soulignait dans la BBC son sérieux et ses qualités tactiques, estimant qu'il avait permis à Carlo de mieux comprendre les évolutions du football. Au Real Madrid, son influence a également été déterminante dans certains grands rendez-vous, notamment lors de la demi-finale retour de Ligue des Champions contre le Bayern en 2024. C'est lui qui avait insisté auprès de son père pour faire entrer Joselu, auteur d'un doublé décisif. De quoi rappeler que son rôle dépassait largement celui d'un simple assistant privilégié.

Davide, lui, ne cherche pas à renier son héritage. «Je suis très heureux d'être Ancelotti» , assurait le Transalpin lors de sa présentation à Lille, refusant de considérer son patronyme comme un poids. Reste désormais à prouver qu'il peut réussir sans Carlo à ses côtés. Car si son nom lui a ouvert certaines portes, ses résultats devront justifier qu'il les ait franchies. Et les premières difficultés européennes du LOSC ne facilitent pas sa tâche. Le véritable défi du jeune technicien sera peut-être moins de faire oublier son père que de convaincre qu'il mérite d'être jugé pour son propre travail.

Selon vous, Davide Ancelotti aurait-il connu la même carrière sans son célèbre père ? N'hésitez pas à réagir et à débattre dans la zone «Ajouter un commentaire» ...

Par Youcef Touaitia, le 24/10/2026 à 11h00
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