le 01/11/2026 à 11h45

Brighton : l'invité qui dérange

Fabian Hürzeler fait des merveilles avec Brighton.
Déjà tombeur d'Aston Villa (4-0) et Arsenal (3-0), Brighton a créé la sensation en s'imposant à Manchester City (0-1) samedi. Troisièmes de Premier League, les Seagulls ont désormais un effectif taillé pour jouer les premiers rôles.

Brighton, bourreau des cadors ? La théorie prend de l'ampleur. Quelques semaines après avoir corrigé Aston Villa (4-0) et Arsenal (3-0), les Seagulls ont ajouté Manchester City (0-1) à leur tableau de chasse. Deux exploits qui ne doivent plus grand-chose au hasard. Dans le sud de l'Angleterre, le projet change de dimension.

Une ascension patiemment construite

Longtemps abonné à la lutte pour le maintien après sa montée en 2017, Brighton a progressivement changé de catégorie. Neuvième en 2022, sixième en 2023, le club a ensuite terminé deux fois huitième sous la direction de Fabian Hürzeler. Un pari osé à l'été 2024 : les dirigeants avaient misé sur un entraîneur de 31 ans à peine, tout juste sacré champion de deuxième division allemande avec Sankt Pauli. Deux ans plus tard, le technicien a prolongé jusqu'en 2029 et son équipe est troisième, avec 19 points en neuf journées.

Les chiffres montrent le chemin parcouru. Avec 24 buts marqués et seulement 7 encaissés, Brighton possède la meilleure attaque et la deuxième défense la plus solide du championnat. Surtout, les Sudistes ont infligé à Arsenal ses deux dernières défaites par au moins trois buts d'écart en Premier League, en 2023 puis en septembre dernier. Deux entraîneurs différents, des effectifs largement renouvelés, mais la même faculté à bousculer les meilleures équipes du pays, malgré deux revers à Chelsea (4-3) et Liverpool (2-0).

Un effectif qui n'a plus rien d'ordinaire

Sur le marché, Brighton ne se contente plus de dénicher des talents pour les revendre au prix fort. Malgré les départs de Carlos Baleba à Manchester United et de Jan Paul van Hecke à Tottenham, pour près de 136 M€ cumulés, le club a encore investi 180 M€ cet été. Luka Vuskovic (54 M€), Pascal Struijk (23 M€), Chema Andrés (22 M€) ou Jaouen Hadjam (13 M€) ont rejoint un groupe déjà bien garni. Selon Transfermarkt, l'effectif est désormais valorisé 700 M€, avec dix-huit joueurs estimés à au moins 20 M€. Une profondeur remarquable pour une formation encore pensionnaire de Championship il y a dix ans.

La concurrence, elle, est réelle. À gauche, Hadjam doit patienter derrière Olivier Boscagli, Ferdi Kadioglu ou Maxim De Cuyper, malgré un but et deux passes décisives depuis son arrivée. Dans l'entrejeu, Pascal Groß, Yasin Ayari, Jack Hinshelwood et Diego Gómez offrent plusieurs solutions, tandis que Yankuba Minteh, Kaoru Mitoma, Georginio Rutter et Charalampos Kostoulas apportent du répondant devant. Pas forcément des vedettes, mais des joueurs solides, pour certains internationaux confirmés, capables de tenir un niveau d'exigence élevé. Un luxe pour Hürzeler, qui peut faire tourner sans tout chambouler.

Jusqu'où peuvent voler les Seagulls ?

Cette richesse s'accompagne d'une identité de jeu très affirmée. Avec 192 récupérations hautes la saison dernière, Brighton faisait déjà figure de référence en matière de pressing. Cette année, The Albion est allé encore plus loin en imposant le pressing le plus intense d'Angleterre, harcelant le porteur du ballon dès sa relance pour l'étouffer immédiatement. Arsenal en a fait les frais, incapable de respirer face à cette agressivité constante. Pourtant, face à Manchester City, les Mouettes ont montré un autre visage en acceptant de souffrir collectivement pour préserver leur avantage. Une polyvalence précieuse pour une équipe qui ne dépend plus d'un seul scénario.

Reste une interrogation : la régularité. Brighton a marqué 24 buts pour seulement 17 expected goals, tout en encaissant près de six réalisations de moins qu'attendu. Difficile de tenir cette efficacité sur toute une saison, d'autant que la Ligue Conférence va alourdir le calendrier. Mais le club a désormais les moyens de ses ambitions. Le Top 6 semble accessible, la Ligue des Champions n'a rien d'un rêve inaccessible et un beau parcours européen est envisageable. Contrairement au Leicester de 2016, Brighton ne sort pas de nulle part. Les Seagulls construisent leur réussite depuis des années. Reste à savoir si cette saison marquera enfin leur entrée dans la cour des grands.

Quelle saison pour Brighton ? N'hésitez pas à réagir et débattre dans la zone «Ajouter un commentaire» ...

Par Youcef Touaitia, le 01/11/2026 à 11h45
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