le 26/02/2004 à 01h13

L'OM vers quelle destination ?

Que fait la Bonne Mère ? La question est sur toutes les lèvres sur la Cannebière, en effet, «l'Ohème» inquiète. Le club s'enlise en championnat, tout autant avec Anigo que sous l'ère Perrin, et le seul espoir reste la Coupe de l'UEFA.

Pire avec Anigo que Perrin ?

Une nouvelle fois incapable de l'emporter ce week-end en championnat, l'OM est dans une situation critique. Le nul concédé au Vélodrome face à Nantes (1-1) repousse encore un peu plus loin les Olympiens au classement de Ligue 1. Les voilà rejetés en sixième position, à sept points de la troisième place qualificative pour la Ligue des Champions, objectif annoncé lors de la prise en main de l'équipe première par José Anigo, à la mi-janvier. Depuis le renversement de Perrin, le bilan n'est guère brillant : 2 victoires, 2 nuls et une défaite. Ce parcours représente une moyenne de 1,6 points par rencontre alors que le décrié Perrin (ou du moins sa formation) tournait à une cadence de 1,7 depuis le début de l'exercice. Anigo était attendu comme le Messie, mais aujourd'hui plus personne ne croit à un miracle dans ce championnat. Ajoutons à cela que la série qui a coûté son poste à Alain Perrin été composée de contre-performances récurrentes face à de grosses écuries de ce championnat (Paris, Lyon, Monaco, Bordeaux, Auxerre), alors que sous le commandement d'Anigo l'équipe ne se fait même plus respecter par les «petits» de L1. Le médiocre 0-0 ramené du Mans, pourtant 19ème défense de L1 est la parfaite illustration de ce constat. Avec Perrin, l'équipe n'était pas capable d'élever son niveau de jeu pour les grandes occasions, la rencontre face à Sochaux, seul test à ce niveau, ne semble pas dénoter de réelle amélioration. A décharge des Marseillais toutefois, la rencontre se jouait à Bonnal, d'où même les meilleures équipes repartent souvent bredouilles. Sur ce plan, la Coupe de l'UEFA fera figure de révélateur, pour apprécier si l'équipe a les moyens de réaliser quelques coups d'éclat, ou si la saison sera à oublier définitivement.

Pourtant, malgré ces statistiques assez alarmantes, le néo-coach phocéen ne s'inquiète pas outre mesure et voyait même une amélioration après le nul concédé face à des Nantais réduit à dix après une demi-heure de jeu : «on a été bien meilleur que contre Le Mans et Ajaccio. Je regrette plus les points perdus samedi dernier. Ce soir, on a tout donné.» Fidèle à son habitude, Anigo se montre optimiste. Celui qui avait proclamé à son arrivée que l'équipe pouvait atteindre la Ligue des Champions se montre un peu plus mesuré désormais : «on ne va plus parler d'Europe, juste prendre les matchs les uns après les autres.» Si le climat au sein du club semble assez bon, les supporters recommencent à gronder, à l'image des sifflets entendus dimanche au Vélodrome en fin de rencontre. De même, les insultes d'une partie très minoritaire du public (quelques membres des Winners) envers les dirigeants et certains joueurs (comme Steve Marlet) ont contribué à tendre un peu plus le climat. Du côté des joueurs, le «positivisme» est aussi de rigueur. Le défenseur Habib Beye affichait la couleur sur le site officiel du club : «on va arrêter de parler d'objectif et prendre les rencontres les unes après les autres. Il ne faut plus rien calculer et tout gagner.» Dimanche l'OM de rendra à Nice pour la 26ème journée, un déplacement difficile qui fera figure de test, Nice étant seulement à quatre points derrière le club.

Mêmes cause, mêmes effets

Le problème de l'OM est de ne pas avoir su remédier à ses carences. Les mêmes que chacun avait pointé du doigt à l'intersaison persistent : une animation offensive quasi-inexistante et une défense pas toujours au mieux. Pour le premier élément, pas grand-chose à signaler. On attendait au mercato un grand numéro 10 et c'est finalement Laurent Batlles qui a la lourde tâche de remplir le rôle. Le milieu est certes un bon joueur de notre championnat (183 rencontres en L1), mais ne fait pas figure de «magicien» ni de génial créateur, à l'image d'un Gallardo ou d'un Carrière. En défense, le retour de Dos Santos laisse plein d'espoir les fidèles aficionados du Vélodrome. Ses deux premières prestations ont été prometteuses et il s'impose déjà comme le titulaire indiscutable côté gauche malgré sa très longue blessure. Dans l'axe, Philippe Christanval que l'on trouvait déjà en dessous de son niveau depuis son arrivée sur la Cannebière, a été directement à l'origine de l'égalisation Nantaise ce week-end. Perdant bêtement le ballon au dix-huit mètres, il n'a pu que regarder Moldovan inscrire le but nantais. Du côté des améliorations, on notera le replacement de Habib Beye dans un rôle côté droit plus offensif que d'ordinaire. Plus à l'aise dans cette position qu'en vrai arrière droit où il a été souvent décrié depuis le début de saison, il a apporté un plus offensivement à ses coéquipiers. Sur son placement, le Sénégalais se montrait assez indifférent : «je n'ai aucune préférence. J'aime attaquer, j'aime défendre. Pour moi, la seule chose qui compte, c'est d'être à 100 %.» L'autre grand problème récurrent est bien sûr la «Drogba dépendance» , selon l'expression à la mode. Elle n'a fait que grandir avec le départ de son compère Mido pour la CAN. Lorsque «DD» marque, le club prend une moyenne de 2,42 points ! L'OM n'a perdu qu'une fois depuis le début de saison lorsque Drogba a marqué (10 victoires, 2 nuls, 1 défaite). A l'opposé, les Marseillais on pris la ridicule moyenne de 1 point lorsque l'Ivoirien est resté muet. Et ce n'est pas le recrutement de Koke au mercato qui va notoirement changer la situation…

Dans les conditions actuelles, la Coupe de l'UEFA, où les Marseillais seront opposés ce jeudi soir aux Ukrainiens de Dnipropetrovsk fait figure de session de rattrapage. Ce petit club sur le plan européen compte pour seul palmarès deux titres de champion d'URSS et une Coupe d'URSS, dans les années 80 avant l'indépendance ukrainienne. De plus, le championnat national est à l'heure actuelle interrompu du fait de l'hiver et les joueurs de «Dnipro» pourraient être un peu courts physiquement. Pas le droit à l'erreur donc pour Barthez et ses coéquipiers. Il faudra toutefois se méfier de la formation ukrainienne qui a sorti le Dinamo Zagreb et Hambourg au cours des deux tours précédents. Les Marseillais avouent ne rien connaître de leurs adversaire, à l'image de Beye : «le problème c'est qu'on va vers l'inconnu, on ne connaît rien de cette équipe. Moi, je ne sais même pas comment s'appellent les joueurs.» Cependant, pas d'excès de confiance déplacé : «'il faudra prendre ce rendez-vous au sérieux. Il faut se souvenir qu'une équipe comme Lyon a eu des mauvaises surprises par le passé contre ce type de formation.» L'UEFA est une belle possibilité de prolonger l'aventure européenne débutée en Ligue des Champions et héritage de l'ère Perrin. Cette Coupe est le dernier moyen de relever la tête et d'enfin se montrer à la hauteur des ambitions que le groupe nourrissait en début de saison. En effet, on voit mal comment Marseille pourrait s'illustrer dans les compétitions nationales, du fait de l'élimination dans les deux Coupes et de la position critique en championnat. Une victoire au Vélodrome rendrait un peu moins délicat un déplacement en Ukraine toujours problématique, du fait des conditions climatiques et de terrain rencontrées à cette époque. Le retour sera joué jeudi prochain, le 4 mars. En cas de revers, la colère pourrait bien monter encore d'un cran, étant donnée la supériorité des Marseillais sur le papier. Aux Olympiens de nous prouver qu'ils sont capables de trouver la motivation et la concentration nécessaires dans une rencontre piège.

Le joueur : Didier Drogba

Indispensable, tout simplement. Comme nous l'avons constaté, l'OM gagne presque à chaque fois que Didier Drogba marque et se morfond pendant ses périodes de mutisme. L'Ivoirien de 25 ans pointe désormais en deuxième position du classement des buteurs avec 15 réalisations, à deux unités de l'Auxerrois Djibril Cissé. Ses récentes performances lui ont permis d'obtenir le trophée du joueur du mois pour janvier. Capable de débloquer un match d'une frappe des vingt mètres ou de jouer un rôle de finisseur, il impressionne par sa vitesse et son explosivité. Il s'impose comme la star de l'OM, malgré seulement 69 matchs en L1 (et 34 buts).

La stat : 32

C'est le nombre de joueurs utilisés en Ligue 1 cette saison. Cette stat prouve les difficultés qu'ont éprouvées successivement Perrin et Anigo à mettre en place une équipe-type. Des tâtonnements qui ne facilitent pas les automatismes et qui dénotent aussi des déceptions quant aux présumés titulaires. Les nombreux mouvements de joueurs expliquent partiellement ce chiffre, tout comme ils sont en partie à l'origine des problèmes évoqués ci-dessus.

La décla : Brahim Hemdani

Comme le démontrent les propos du milieu marseillais après la rencontre face à Nantes, l'optimisme est toujours de rigueur dans la cité phocéenne : «il reste encore treize matchs, tout reste encore possible.»

Par Yves Leroy, le 26/02/2004 à 01h13
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