le 30/03/2009 à 09h33

Les Bleus ont surtout besoin de temps

Il est de bon ton d'allumer l'équipe de France. Certains anciens ne s'en privent pas, à l'image de Franck Leboeuf, peu complaisant à l'égard des Bleus. Mais l'ancien défenseur international oublie sans doute un ingrédient indispensable à toute progression : le temps.

Franck Leboeuf (41 ans, 50 sélections avec les Bleus, 4 buts) a-t-il oublié qu'Aimé Jacquet a travaillé contre vents et marées pendant plus de quatre ans, sur les ruines d'une équipe de France humiliée par la Bulgarie, avant que les Bleus ne retrouvent le soutien sans condition des supporters et critiques ? Après le désastre de 1993, la sélection tricolore s'est reconstruite petit à petit sur une nouvelle génération de joueurs appelés à vivre ensemble pendant près d'une décennie pour certains. Le renouvellement en profondeur des cadres a été une volonté après l'Euro 2004 mais ne s'est réellement opéré qu'entre 2006 et 2008. L'équipe de France se retrouve donc grosso modo dans la position de son ainée de 1994, avec une maison à rebâtir et une histoire à écrire.

T. Henry – «cette équipe a les capacités»

Certains anciens Bleus montrent pourtant des signes d'impatience. «Je suis avec les supporteurs français, je partage leur désamour avec l'équipe de France. En 1998, on a crée une fusion avec les supporteurs, on ne se posait pas la question de savoir si le Stade de France allait être plein. Partout où on se déplaçait, on sentait cet amour. En cinq ans, on a réussi à tout foutre en l'air, c'est ce qui m'énerve le plus» , s'emballe Leboeuf. «Aimé Jacquet avait réussi à créer une équipe de France et maintenant on est revenu à une sélection de France. Si on ne se qualifie pas, ce n'est pas uniquement Raymond Domenech qu'il faudra faire sauter, il faudra tout remettre en place» , a-t-il lancé sur RMC.

L'Euro 2008 a certes été catastrophique, mais la page est désormais tournée. Comme en 1994, une nouvelle génération de joueurs talentueux se met en place, dont la plupart jouent déjà dans les plus grands clubs européens. Le temps devrait faire le reste, permettre à un groupe de naître, se souder, progresser et se forger une histoire commune. Thierry Henry ne dit pas le contraire. «Cette équipe de France a les capacités de s'élever, de hausser son niveau. C'est un groupe en train de naître. Revenir de 2-0 à 2-2 en Roumanie nous a donnés confiance. Mais il faut que tout le monde tire dans le même sens» , a-t-il lancé après la victoire (0-1) en Roumanie. Un brin impatient, Leboeuf a toutefois raison de rappeler qu'un vestiaire uni permet de surmonter de nombreux obstacles. Mais patience et longueur de temps font plus que force ni que rage.

Par Nicolas Lagavardan, le 30/03/2009 à 09h33
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