Il faut avoir vu le manager de Manchester United, Alex Ferguson (67 ans), bondir de joie sur son banc pour un but de son équipe en match amical pour comprendre que la culture, l'envie et le plaisir, moteurs essentiels de la performance, font largement défaut dans l'Hexagone. Il est facile de se réfugier derrière le rempart financier pour expliquer la déconfiture des clubs français sur la scène européenne. Ou l'effectif trop restreint pour jouer sur tous les tableaux. Mais comment expliquer que deux clubs de Ligue 2, Vannes et Guingamp (respectivement 9e et 11e), aient pu s'inviter en finale des deux coupes nationales ?
Blanc pessimiste pour l'avenir
Faut-il que les victoires en Coupes soient qualifiantes pour la Ligue des Champions pour que les clubs de l'élite s'investissent dans ces compétitions ? Faut-il promettre un magot en or massif pour le vainqueur afin de susciter l'intérêt ? Si les grandes écuries françaises ne peuvent pas lutter sur tous les fronts, quels clubs le peuvent ? Pourtant en L2, Guingamp et Vannes ont visiblement trouvé la solution ! Le niveau est descendu tellement bas parmi l'élite française qu'un surcroit de motivation permet de bousculer la hiérarchie, faisant tomber de haut ceux qui jouent sur la pointe des pieds et croient pouvoir s'imposer sans forcer leur talent, à l'image de Toulousains défaits piteusement par Guingamp mercredi soir là où les Girondins en avaient pris trois en mars.
Interrogé ce jeudi par L'Equipe, l'entraîneur bordelais Laurent Blanc n'est pas surpris par le niveau moyen à tous les étages du football français. «Tous ceux qui disent que le football français souffre d'un manque d'argent, de structures, de mécènes, de la fiscalité... ont raison. Mais le seul qui a dit que son plus gros problème, c'est sa culture, c'est Reynald Denoueix. En Espagne ou en Italie, le football est un vecteur essentiel dans la vie des gens. En France, à part deux ou trois points géographiques, c'est un loisir, un spectacle. Le problème, c'est qu'on n'arrivera jamais à combler notre retard» , a-t-il jugé. Ou cette impression qu'à part le championnat, rien ne compte vraiment pour les clubs français.