le 29/04/2009 à 12h31

La Havre : Dhorasoo veut être le boss

Lassé de voir Le Havre, son club formateur, faire l'ascenseur entre Ligue 2 et l'élite, Vikash Dhorasoo dévoile mercredi un plan de reprise. L'ancien international, qui se targue d'avoir rassemblé 10 millions d'euros via des capitaux indiens, accuse l'actuelle direction du club normand de bloquer son projet.

Déjà condamné à évoluer à l'échelon inférieur la saison prochaine, Le Havre s'apprête à faire à nouveau l'ascenseur, moins de douze mois après avoir retrouvé l'élite. Lassé de voir son club formateur ainsi végéter entre Ligue 2 et Ligue 1, Vikash Dhorasoo (35 ans) présente mercredi dans L'Equipe son plan de reprise du club. L'ex-international tricolore se dit prêt à investir une dizaine de millions d'euros dans le HAC, avec l'aide d'une personnalité locale (à hauteur de 1 M€) de mystérieux capitaux indiens (pour plus de 8M€). «L'idée, bien sûr, c'est que je sois aux commandes, explique l'ancien milieu de terrain. Je ne veux pas prendre le pouvoir par l'argent : je suis havrais, c'est mon histoire, ma légitimité. Mais il est hors de question que je partage.» Aujourd'hui à la tête de la société de production audiovisuelle Trompe-le-Monde, Dhorasoo avait déjà évoqué l'avenir du club avec son actuel président, Jean-Pierre Louvel. Ce dernier aurait été disposé à confier le poste de directeur sportif à son ancien joueur.

Invité depuis à présenter son projet devant le directoire du club, l'ancien joueur a refusé, craignant que le projet ne soit pas relayé correctement. Aussi entre-t-il officiellement en campagne mercredi. «On veut rencontrer les actionnaires, leur parler de notre projet, explique Dhorasoo. Le projet de Louvel, c'est quoi ? Descendre en D2 et vendre des joueurs ? Cela fait un mois et demi qu'il bloque notre projet, et le temps presse.»

«Garder les valeurs»

Il s'agit donc clairement d'une offre hostile à l'actuel président du club doyen, Jean-Pierre Louvel. Fidèle à son image d'homme idéaliste, Vikash Dhorasoo ne se prive pas de revendiquer l'attachement à certaines valeurs. «Si on prend le club avec un investisseur indien, Le Havre ne sera plus enfermé entre la Seine, la Manche et Fécamp. Cela va au-delà de l'aspect financier, parce que les Indiens, quand ils font quelque chose, ils le font avec de la conscience. Il faut une rupture dans la gouvernance du HAC, parce que les supporters ne se reconnaissent plus, mais garder les valeurs, l'esprit de ce club tel que je l'ai connu quand il était présidé par Jean-Pierre Hureau» , a précisé Dhorasoo, qui compte parmi les fleurons d'un club ayant formé nombre d'internationaux tricolores. Interrogé sur ce projet de reprise, l'actuel président se défend d'y faire obstruction mais le juge très léger. «Je lui ai demandé [à Dhorasoo], comment il comptait matérialiser tout ça devant la DNCG, par exemple. Je n'ai pas eu de réponse» , explique ainsi Louvel, qui dit néanmoins ne pas vouloir à tout prix s'accrocher à son poste.

Par Patrick Juillard, le 29/04/2009 à 12h31
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