le 16/03/2004 à 23h48

L’OM à la relance

Après avoir connu une période délicate en championnat et une qualification étriquée en C3 contre Dniepropetrovsk, l'équipe phocéenne reprend peu à peu des couleurs. Le bon nul (1-1) obtenu à Liverpool et la victoire (4-0) contre Strasbourg en L1 vont-ils relancer la machine ?

Une stabilité retrouvée

L'OM a été confrontée à de grandes difficultés entre janvier et début mars avec notamment une élimination au Vélodrome contre le Paris-SG en Coupe de France (1-2 ap) et aucune victoire en championnat entre les 24ème et 28ème journées (trois points pris en quatre matchs). Mais depuis le déplacement à Liverpool du jeudi 11 mars en C3, le club semble sur la voie de la guérison. Face aux Reds, les olympiens ont affiché une très grande sérénité dans le jeu et n'ont jamais subi de pression outrancière. Ils ont affiché une solidité défensive intéressante après la gifle reçue quatre jours plus tôt à Bastia (1-4) lors de la 27ème journée de L1. Jusque là, la défense avait pourtant été le point fort de l'équipe d'Anigo qui n'avait encaissé que quatre buts lors des huit derniers matchs toutes compétitions confondues (six en L1 et deux en C3). Dans le sillon d'un trio d'arrières centraux, composé de Méité, Hemdani et Sommeil, très efficace, Marseille paraissait très solide. Mais les quatre buts encaissés à Bastia avaient engendré de sérieuses interrogations sur la supposée solidité de l'équipe. Réagir rapidement devenait dès lors une nécessité et le cadre de Liverpool était l'occasion rêvée de remettre les pendules à l'heure. C'était le souhait d'Anigo après la défaite à Bastia :
«J'espère que Bastia n'était qu'un accident de parcours. Mais je l'ai quand même en travers de la gorge. On a apporté des vérités dans les discussions. Il y a eu beaucoup d'autocritiques.»

Cela semble avoir porté ses fruits car l'OM s'est montrée très solide sur les bords de la Mersey. Alors que le but de Baros au début de la deuxième mi-temps (55ème) aurait pû les couler, l'équipe a fait preuve d'un esprit de corps remarquable, l'inévitable Drogba se chargeant d'égaliser. Au delà du résultat positif, on retiendra surtout la stabilité retrouvée par l'équipe lors de cette rencontre. Anigo était satisfait mais va au delà : «Nous souhaitions avant tout être solides défensivement, en coupant leur relais. Mais l'objectif, à la récupération, était aussi de jouer.» Il est vrai que l'OM a surtout été bon dans le jeu, ce qui n'était pas forcément le cas lors des matchs précédents.

Ce mieux dans le jeu s'est ressenti au Vélodrome dimanche soir, où l'OM n'a eu aucune difficulté à se défaire des griffes Strasbourgeoises. Sa victoire (4-0) relance le club en championnat et répond surtout aux problèmes offensifs de l'équipe. Lors des quatre journées précédentes, l'équipe n'avait inscrit que deux buts en L1 (une contre Nantes et un à Bastia). Il était donc nécessaires de se rassurer. Hemdani résume : «Il y eu des buts, du jeu, on a retrouvé une osmose avec les supporters.» Marlet, peu en réussite, a marqué et Meriem a effectué son meilleur match depuis longtemps, avec une passe décisive à la clé. De quoi se rassurer et proposer une alternative à Drogba, fatigué, dont l'équipe paraît trop dépendante. Cette victoire peut remettre le club dans les bons rails, d'autant que le prochain déplacement à Rennes, dimanche, ne s'annonce pas de tout repos et que la semaine suivante, le match retour contre Liverpool se profile.

Une gestion délicate

Si le score contre Strasbourg est sans appel, il ne doit pas faire oublier que le club doit rester vigilant, s'il veut pouvoir viser plus haut. Contre les Alsaciens, l'OM a retrouvé certains enchaînements, mais a également bénéficié de circonstances très favorables. L'équipe a ouvert le score sur un pénalty de Didier Drogba, mais l'expulsion d'Erhet qui l'a accompagné paraissait sévère. Dès lors, en supériorité numérique, les Olympiens n'ont eu aucune difficulté à gérer la partie. Les deux buts de Ferreira ont donc été inscrits en contre, sans aucune opposition ou presque. Brahim Hemdani reconnaissait ainsi que «le pénalty et l'expulsion nous ont beaucoup facilité les choses.» La réussite était au rendez-vous, puisque qu'avant cette ouverture du score, le RCS avait inscrit un but qui semblait valable (Chapuis, hors-jeu, ne faisant pas action). Les Marseillais en sont conscients et ne font donc preuve d'aucun triomphalisme. Mais ceci montre que le vent tourne peut-être en faveur des ces derniers qui pensaient être peu vernis depuis de nombreux matchs et peu récompensés des efforts fournis. David Sommeil veut donc y voir un signe positif pour l'avenir : «J'espère que l'on marquera encore beaucoup de buts et que l'on gagnera beaucoup de matchs d'ici la fin de la saison.»

Mais cette rencontre fût surtout le théâtre d'un événement important dans la vie du groupe. L'attaquant international Egyptien Mido, a subitement quitté ses partenaires pour renter chez lui, déçu de ne pas être titulaire pour cette rencontre. Une incartade qui n'étonne personne, son mauvais caractère étant connu de tous. Mais à l'heure de se lancer dans une remontée au classement et d'envisager une qualification pour les quarts de finale de C3, l'affaire tombait mal. L'incident a dans un premier temps semblé gêner le staff Olympien, le directeur de la communication de l'OM, Laurent Carenzo, avançant «une subite gastro-entérite» peu sérieuse. C'est Anigo qui désamorcera l'affaire : «Il s'agit d'un petit conflit de famille qui va rapidement s'arranger. C'est un bébé, il n'a que vingt ans. C'est comme avec mes enfants, on ne peut pas tout accepter. C'est un bon garçon, il a un gros potentiel mais il ne doit pas s'exclure du groupe car je privilégierai toujours le collectif sur l'individuel.» L'entraîneur fait ici preuve de fermeté, mais aussi d'un consensualisme de bon aloi, preuve qu'il veut gérer au mieux le groupe. Sa gestion et sa passion pour le club, sont un plus indéniable.

Objectif coupe d'Europe

Les Marseillais sont solidement encrés à la sixième place avec 46 points, à trois longueurs de Sochaux, quatrième. La Coupe de l'UEFA semble donc atteignable, si le club poursuit sa marche en avant en championnat. En revanche, la qualification en C1 paraît plus qu'hypothétique, le PSG, troisième, ayant huit points d'avance et aucune coupe d'Europe a disputer jusqu'à la fin de saison. Eliminés des deux coupes nationales, les Olympiens sont donc dans l'obligation de finir au moins dans les cinq premiers en fin de saison (en cas de cinquième place qualificative suivant les vainqueurs des deux coupes). Les adversaires directs semblent donc être Auxerre, qui compte un seul petit point d'avance, et Sochaux. Une lutte intéressante, même si l'OM a déjà affronté les deux équipes pour deux défaites (0-2 à Auxerre et 1-2 à Sochaux). De gros matchs se profilent également, puisque les Phocéens se rendront à Monaco, Lyon et Paris avant la fin de saison.

Mais il existe un challenge excitant en C3. L'OM est en position de force pour se qualifier contre Liverpool après le nul (1-1) à l'extérieur. Barthez veut passer : «On va tout donner pour arracher la qualification.» Le club a besoin de ce genre d'exploits devenus trop rares ces dernières années pour retrouver sa crédibilité européenne et offrir une récompense à son fidèle public. Le match est attendu avec impatience, surtout que du côté de Liverpool, tout n'est pas rose (défaite 2-0 à Southampton ce week end, 8e du championnat à 41 points d'Arsenal).

Un bon OM a les moyens d'accéder à la finale, comme en 99 contre Parme, objectif qui viendrait rappeler que le club se reconstruit peu à peu. L'équipe d'Anigo, capable du meilleur comme du pire, peut rêver à une finale européenne, même si la route est encore longue.

Par Jean-Baptiste Boutmy, le 16/03/2004 à 23h48
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