Un championnat réussi
Alors qu'à la fin d'un mois d'août calamiteux, le PSG était 17ème (une victoire, un nul, trois défaites), la saison semblait très mal embarquée. Mais que dire du parcours réalisé depuis : 21 victoires, 9 nuls et seulement trois défaites en 33 journées. A l'arrivée, une très belle deuxième place qui vient récompenser la régularité de l'équipe. C'était l'avis de l'entraîneur, Vahid Halilhodzic, à l'issue de la victoire à Bastia lors de la 38ème et dernière journée : «C'est une récompense énorme après une longue et difficile saison. Nous avons été chercher cette victoire avec beaucoup de volonté et de combativité. Je tiens à féliciter les gars ! Nous avons réalisé ensemble quelque chose d'exceptionnel.» Une victoire à l'image de la saison parisienne : pas de génie mais une constance et une solidarité de tous les instants et seulement un but d'écart à l'arrivée (1-0). Le PSG a d'ailleurs remporté 17 de ses 22 victoires par un seul but d'écart et termine avec la deuxième meilleure défense (28 buts encaissés) juste derrière le Champion, Lyon. Cette faculté à jouer en bloc, cette solidarité de tous les instants et ce culte de la victoire ont été les moteurs de Paris tout au long de la saison, la deuxième place venant comme une récompense logique. C'est d'ailleurs l'avis de Frédéric Déhu, capitaine exemplaire, auteur d'un remarquable championnat : «C'est l'aboutissement d'une formidable saison. Ce soir, nous sommes très heureux. Il s'agit d'une véritable victoire collective d'un groupe soudé. Nous échouons à seulement quelques points du titre, mais nous offrons aux supporters une qualification directe pour la prochaine Ligue des champions, la plus belle des compétitions.»
Si la Ligue des Champions était l'objectif officieux que s'étaient fixés les joueurs en début de saison, elle semblait néanmoins difficile à obtenir vu le parcours réalisé lors des cinq premières journées, et après une intersaison moyennement réussie (recrutement contrôlé dans un premier temps, transferts tardifs, affaire Yakin…). Si le club est de retour au premier plan, ce ne fut donc pas une promenade de santé, comme le confirme Halilhodzic : «au départ, on ne rêvait pas de cette deuxième place. La saison a été plus que terrible, l'équipe n'était pas facile à reprendre…» On comprend donc que le club a en quelque sorte ressuscité. Et en finissant deuxième, il est directement qualifié pour la C1 et pourra vivre une intersaison sereine. Avant cela, une dernière étape attend l'équipe au Stade de France samedi.
Enfin un trophée ?
En disputant sa deuxième finale de Coupe de France consécutive, après l'échec de l'an dernier face à Auxerre (1-2), le PSG a une occasion rêvée de remporter enfin un nouveau trophée après le doublée (les deux coupes nationales) réalisé en 98. Six longues années de disette qui peuvent prendre fin samedi et conclure superbement une saison d'hors et déjà réussie, comme l'affirme Déhu : «la saison peut s'achever en apothéose avec ce trophée. Nous souhaitons offrir ce titre à Paris.» Ce sera pour le futur ex capitaine le dernier match avec le club Parisien, après quatre saisons plutôt réussies sur un plan personnel. La motivation devrait être là et l'adversaire, Châteauroux, est largement à la portée d'un PSG sérieux. L'entraîneur veut d'ailleurs donner encore plus de relief à la saison réalisée : «il nous reste encore un grand match avec cette finale au Stade de France pour bien terminer cette saison qui peut être l'une des meilleures de l'histoire du PSG.» Il s'agira surtout d'effacer le goût amer laissé par la finale de l'an dernier, comme le rappelle Fiorèse : «nous tenterons de ramener la coupe laissée la saison dernière.» Mais tous les joueurs se souviennent que rien n'a été facile pour arriver en finale, notamment quand l'on se souvient de la qualification quasi-miraculeuse obtenue face à Troyes au premier tour, où menés 0-2 à la 90ème minute, les Parisiens avaient réussi à égaliser dans les arrêts de jeu avant de prendre l'avantage en prolongation. Lionel Letizi se veut donc prudent, même s'il y croit : «Une finale reste une finale, à savoir un match particulier. Samedi soir, en entrant sur la pelouse, nous devrons nous souvenir de notre premier match de Coupe face à Troyes. Soulever cette coupe de France serait une immense satisfaction personnelle.» Reste que les deux internationaux Argentins, Sorin et Heinze sont partis rejoindre leur sélection nationale et manqueront à l'appel, alors que Graille déclare «avoir tout fait pour leur permettre de disputer cette rencontre» . Une difficulté supplémentaire mais pas insurmontable. La victoire est donc nécessaire afin de mettre fin à de nombreuses frustrations et viendrait comme une très belle récompense pour les joueurs, mais aussi le tandem Graille/Halilhodzic qui a parfaitement su remettre le club sur le bon chemin. La mission paraissait pourtant difficile à première vue. L'avenir semble donc relativement dégagé du côté de la Capitale.
Quel avenir ?
Si la qualification en C1 et la deuxième place obtenue en Championnat vont apporter des liquidités importantes au club (20 millions d' € en tout), on ne connaît pas encore le visage de l'équipe de l'année prochaine, même si Francis Graille a assuré à Bastia : «le PSG aura une grosse équipe la saison prochaine» Mais si Fiorèse assure : «Le PSG est qualifié pour la Ligue des champions ! Voilà de quoi bien préparer l'avenir.» , on ne peut pas dire que le mercato se soit encore emballé du côté Parisien. Pedretti a préféré l'OM et Déhu, que ses dirigeants n'ont pas réellement cherché à retenir, devrait lui aussi signer pour le club Olympien. Si l'on y ajoute le départ prévu de Heinze (Manchester tiendrait la corde) et celui plus inattendu de Sorin au sujet duquel le PSG avait une option d'achat de 2 M jusqu'au 20 mai, on se rend compte que le chantier s'annonce important. Une équipe à la fois élargie et compétitive est en effet nécessaire pour aborder dans les meilleurs conditions les joutes européennes de la saison prochaine. Mais les négociations sont serrées alors que la concurrence est rude avec Lyon et Marseille (Armand, Yepes, Abidal…). On devrait cependant en savoir plus après la finale de la Coupe de France, notamment sur les sujets brûlants (Armand, Rothen). Le Lillois Stéphane Pichot est déjà engagé avec le club Parisien et sera donc une doublure de choix de Bernard Mendy dans le couloir droit. Le PSG oeuvre donc en coulisse pour que le grand retour opéré par le club cette saison soit durable. C'est le principal enjeu à venir.
La saison 2003/2004, commencée sur la pointe des pieds, est déjà réussie avec cette qualification directe pour la prochaine C1. Avec une victoire samedi en Coupe de France, on pourra alors parler de superbe saison pour un club à la recherche d'une stabilité durable. Les bases semblent cette fois solides.