
«Senza paura» (sans peur). Le titre du quotidien romain Il Messaggero est sans équivoque sur le match qui attend les Lyonnais ce soir au Stadio Olimpico. Les joueurs de la Louve ne feront aucun cadeau au quintuple champion de France, tout favori qu'il est. Car c'est bien avec l'étiquette de favori que l'Olympique Lyonnais se déplace dans la capitale italienne. D'ailleurs, les médias transalpins ne tarissent pas d'éloge concernant les Gones, qualifiés d' «impressionnants» et d' «imminents sextuples champions de France» par La Repubblica, ou tout simplement d' «une des équipes les plus fortes en Europe» par Il Messaggero.
Un statut d'outsider mais…
Les joueurs romains sont parfaitement conscients de leur statut d'outsider, eux qui sont très peu habitués à disputer ce genre de rencontre. «L'expérience est un plus pour eux, mais je ne pense pas que celle de Lyon nous posera un problème, notamment si nous arrivons à imposer notre jeu» a ainsi déclaré l'entraîneur romain Luciano Spalletti lors de la conférence d'avant match. Avec le trio Taddei - Perrotta - Mancini en soutient du Cappocanoniere de la Série A Francesco Totti (30 ans, 27 matchs cette saison, 17 buts), le technicien italien a entièrement raison de croire en ses chances. Surtout au regard de l'état de forme actuel de son équipe et de celui des Gones. Il Giornale, un quotidien italien, fait d'ailleurs état du mois de janvier catastrophiques des Rhodaniens ( «3 défaites de rang» ) sans pour autant établir de parallèle avec la bonne passe actuelle de l'AS Roma.
Une confiance générale
La défaite des Giallorossi face à Empoli ce week-end (0-1) n'inquiète pas plus que cela en Italie. Les Romains restaient en effet sur une impressionnante série de 16 matchs sans défaite (11 victoires, 4 nuls, 1 défaite). Qui plus est, la Roma, irrésistible depuis le début d'année, n'a jamais pu évoluer avec son onze-type. Un journaliste d'Il Messaggero, confiant, précise même que «l'équipe, lorsqu'elle a pu jouer au complet, a rarement raté ses rendez-vous» . L'AS Roma, qui a récupéré ses deux défenseurs centraux Philippe Mexes (24 ans, 19 matchs cette saison, 1 but) et Cristian Chivu (26 ans, 23 titularisations cette saison), s'avance donc avec confiance dans l'arène surchauffée de l'Olimpico.
La clé Totti
Montées en affaire d'Etat par les médias italiens, et notamment la fameuse Gazzetta dello Sport, les déclarations de Spalletti concernant Totti sont aujourd'hui oubliées. Le technicien romain avait déclaré après le match face à Empoli ce week-end que son capitaine «a(vait) quelques lacunes» et qu'il «(devait) donner plus à l'entraînement» . Des remarques plutôt mal venues, à trois jours seulement du grand rendez-vous face à l'OL. Il faut savoir que l'emblématique attaquant romain est une icône à Rome, et qu'il est coutume de dire en Italie que si Totti joue bien, l'AS Rome est impérial. D'ailleurs, tous les quotidiens s'accordent à dire que la clé de la victoire romaine sera l'état de forme du joueur.
Depuis le tirage au sort à Nyon en décembre, les médias transalpins croient de plus en plus à l'exploit. Ce qui était pratiquement inimaginable il y a encore deux mois s'est aujourd'hui immiscé peu à peu dans les esprits des supporters giallorossi. La méforme actuelle des Lyonnais leur prouve qu'aucun match n'est joué à l'avance. C'est, en substance, le sentiment partagé par tout un pays à la veille d'un historique 8e de finale de la Ligue des Champions pour le club romain. Le quotidien Il Messaggero dévoile même la recette «pour blesser le Lion : une équipe-type, un Stadio Olimpico en feu et une motivation infinie» .