
«Je n'ai jamais voulu faire des faux, j'ai justifié par des écritures des nouveaux produits (…) Je cherchais pour le bien-être du football et pour le bien-être de la fédération que les comptes soient le plus équilibrés possible à mon départ» . Telle a été la défense de Claude Simonet hier devant le tribunal correctionnel de Paris. L'ancien président de la FFF entre 1994 et 2005, accompagné de l'actuel vice-président de l'instance nationale, est en effet accusé de «faux et usages de faux et entrave à la mission du commissaire aux comptes» .
Falsifications de documents
L'accusation principale porterait essentiellement sur des documents que l'ancien homme fort de la FFF aurait falsifié afin d'édulcorer le bilan comptable de la fédération entre 2002 et 2003. Claude Simonet aurait en effet, par des talents de voyants insoupçonnés, anticipé des recettes futures pour minorer un déficit de plus de 14 millions d'euros à 62 000 euros. Argumentant qu'il aurait «essayé d'apporter des nouveaux financements» à la fédération après la débâcle des Bleus lors du Mondial 2002 en Corée, il a avoué à la barre avoir voulu rendre des «comptes (…) les plus équilibrés possible» . Une thèse que n'a pas retenu le procureur de la République puisque celui-ci lui a rétorqué que «nous n' (étions) pas dans le domaine de l'erreur mais dans celui de la faute» .
Sportfive est cité
Un nom bien connu dans le milieu du football apparaît aussi dans ce dossier. Il s'agit du groupe Sportfive qui possède les droits commerciaux de plusieurs clubs de Ligue 1. La FFF, présidée à l'époque par Claude Simonet, aurait «oublié» de facturer à Sportfive des droits de retransmission de matchs estimés à 6,5 millions d'euros. La société dirigée par Jean-Claude Darmon, réputé le «plus gros argentier» de football français, serait aussi citée dans l'histoire des recettes anticipées par l'ancien président de la fédération. Elle aurait ainsi assuré cette avance à hauteur de 4,3 millions d'euros au titre de marketing de la Coupe de France. Un constat accablant pour celui qui avoue avoir toujours voulu oeuvrer pour «le bien des intérêts du football» .
Le procureur de la République, Romain Victor, a requis hier une peine de six mois d'emprisonnement avec sursis et 10 000 euros d'amende contre M. Simonet. Si le juge confirmait aujourd'hui le réquisitoire du procureur, le prévenu pourrait voir son beau bilan à la tête de la fédération entaché par une sombre affaire. Après le scandale des frais de bouche et de la bouteille de vin à 4 800 euros lors du Mondial asiatique, ce serait la 2ème controverse associée à l'ancien président de la FFF. Une histoire qui a le mérite de remettre sur le devant de la scène les financements opaques du football français.