
Cette fois-ci, «Nico» n'aura pas marqué. Mais par sa vivacité constante et ces accélérations dévastatrices, il aura grandement pesé sur la défense autrichienne. Comme samedi contre la Lituanie (1-0), le canonnier de Bolton a démontré que Raymond Domenech pouvait compter sur lui pour la suite. La suite, ce sont bien sûr les matchs qualificatifs qui doivent ouvrir aux Bleus les portes de l'Euro 2008. Le n°39 tricolore a déjà apporté sa pierre à l'édifice en permettant à la France de ne pas rentrer bredouille de Kaunas. Pourtant, après des choix de carrière plutôt douteux et une non-figuration dans les 23 présents en Allemagne, on le pensait définitivement out.
Une renaissance tardive
Tout le monde se rappelle son retour raté au Paris Saint-Germain, son club formateur. Attendu comme le véritable messie par les supporters parisiens, Anelka avait plus fait parler de lui en dehors des terrains. Après une courte mais enrichissante escapade de deux saisons sur les rives du Bosphore, l'enfant de Trappes décide de quitter Fenerbaçe pour rejoindre le club de Bolton. Un choix une nouvelle fois étrange mais qui s'avère judicieux. Ses performances de très bonne facture sous le maillot des Wanderers (27 matchs en Premier League cette saison, 9 buts) lui ouvrent les portes de l'équipe de France. Son retour en sélection s'effectue de la meilleure des manières puisqu'il participe au festival offensif des Bleus contre les Iles Féroé (5-0, 76e) le 11 octobre dernier, avant de donner samedi trois précieux points à la France dans la course à l'Euro.
Redevenu incontournable
Mais au-delà de ce but salvateur face à la Lituanie (1-0), c'est surtout la prestation intrinsèque de Nicolas Anelka qui a surpris. Véritable feu follet de l'attaque tricolore, il a totalement déstabilisé la défense lituanienne par un jeu léché et en perpétuel mouvement. Hier soir, on a retrouvé le même joueur qu'à Kaunas, à l'exception prêt qu'il n'a pas marqué. Mais l'ancien Parisien en a fait voir de toutes les couleurs à la lourde défense autrichienne, comme en témoigne ce petit festival de dribles chaloupés sur le côté droit à la suite d'un contrôle orienté savoureux (27e). Ou encore cette feinte de corps sur le stoppeur de la Mannschaft Hiden suivi d'une frappe de l'extérieur du droit qui frôle la lucarne gauche de Macho. Raymond Domenech l'illustrait d'ailleurs très bien dans les colonnes de l'Equipe : «quand il montre ces qualités-là, c'est évident qu'il ne se discute pas» .
Nicolas Anelka semble enfin être arrivé à maturité, lui qui était considéré autrefois comme l'un des plus grands espoirs du football français. Mieux dans sa peau et devenu sociable, le buteur de Bolton paraît avoir redonner un second souffle à sa carrière. Son association avec Thierry Henry à la pointe de l'attaque des Bleus s'annonce prometteuse pour la suite des qualifications. L'Ukraine est d'ores déjà prévenue : le Nicolas qu'on aime est de retour.