

Quitter l'Angleterre où il avait été adoubé par tout un peuple, quitter le cocon d'Arsenal alors qu'Arsène Wenger faisait jouer toute l'équipe pour lui… Cela faisait sans doute trop à la fois. Aujourd'hui, l'adaptation espagnole de Thierry Henry (30 ans) s'inscrit en pointillé, et ce malgré le fait qu'il soit un très grand joueur (228 buts sous le maillot des Gunners). Aujourd'hui, le natif des Ulis n'est plus qu'une star parmi tant d'autres et doit se mettre au service du collectif. Alors qu'il terrorisait les défenses anglaises en attendant les ballons dans l'axe, Henry évolue, la majorité du temps, sur le côté gauche et cela influe beaucoup sur son rendement (7 buts en 25 matches de Liga et 3 buts en 8 rencontres de Ligue des Champions).
Des aveux sur fond d'impuissance
Dans une interview accordée ce vendredi au quotidien L'Equipe, l'intéressé reconnaît que son positionnement actuel au FC Barcelone peut devenir un problème pour son rendement à l'Euro avec les Bleus. «Je vais être honnête. À Malaga, contre l'Espagne (0-1, rencontre amicale), en février, je n'avais plus de repères dans l'axe, j'étais perdu dans mes appels, mes courses et, devant le but, je n'arrive plus à me situer de la même manière, je n'ai plus les mêmes réflexes.»
La presse espagnole ne l'épargne pas
Les journalistes espagnols reconnaissent que le système de jeu du Barça ne lui convient décidément pas et que ses problèmes physiques au dos ne sont pas faits pour améliorer les choses. Cependant à l'image du directeur de la rédaction du quotidien sportif «El Mundo Deportivo» , Santi Nolla, ils ont du mal à admettre qu'il «justifie son faible rendement par l'éloignement avec sa fille restée à Londres» ou encore «son caractère difficile, renfermé, qui manque trop de charisme pour que les supporters Blaugrana s'identifient à lui» .
Un journaliste du quotidien barcelonais, «Sport» , a stigmatisé récemment les problèmes rencontrés en Catalogne par l'international français sur fond d'ironie : «Quelle angoisse de penser qu'il lui reste trois saisons à faire aujourd'hui.» Car il faut se rendre à l'évidence, l'ancien canonnier inquiète beaucoup de monde, alors que l'équipe de France s'apprête à disputer l'Euro en Suisse et en Autriche…