

Décembre 2007. L'équipe de Chelsea retrouve peu à peu ses marques en Premiership anglaise. Le nom du Portugais Mourinho a été rangé aux oubliettes et les résultats commencent à s'améliorer. Un homme, originaire de Cayenne, soigne quant à lui une blessure au genou gauche qui le tiendra éloigné des terrains jusqu'à la fin du mois de janvier. Il s'agit du meilleur joueur de Ligue 1, qui vient d'obtenir son quatrième titre de champion de France avec l'Olympique Lyonnais (2004, 2005, 2006 et 2007). Ajoutons à cela qu'il est un international français en puissance, finaliste malheureux de la Coupe du Monde 2006. Pourtant sur les bords de la Tamise, peu importe ce statut dans un club qui compte des footballeurs aussi impressionnants que Terry, Lampard, Essien, Ballack, Shevchenko, Drogba… pour ne citer qu'eux.
Sa présence au centre d'entraînement de Cobham, et non sur les pelouses, ne l'aide pas à se faire apprécier de son nouveau coach, l'Israélien, Avram Grant. Et quand on lui donne une chance, comme face à l'Olympiakos en huitièmes de finale de la Ligue des champions ou contre Barnsley en Cup, le milieu gauche tricolore passe au travers. Du coup, «ce grand dormeur» , comme il prétend l'être, met les bouchées doubles durant la semaine en espérant glaner du temps de jeu le week-end. C'est le bon choix. Ici en effet, on juge les footballeurs surpayés au gré de leurs performances sur le terrain et non dans les tabloïds britanniques, véritables machines à détruire des images trop lisses.
S'imprégner de la culture britannique.
Ainsi, le «fameux» Daily Mail publie une interview du joueur où ce dernier prétend(rait) que «pendant les matches, c'est comme si tout le monde (les joueurs) débranchait son cerveau. Les gens jouent spontanément, à l'instinct, comme s'ils venaient de découvrir le football (…) Le staff, ne contrôle pas ce que les joueurs mangent. On peut se servir de ce qu'on veut, boire du Coca ou n'importe quoi. C'est une bonne chose pour moi d'être arrivé ici à 27 ans et de ne pas avoir suivi le même régime que les autres joueurs.» Ces déclarations font couler beaucoup d'encre en Angleterre mais heureusement, Malouda va faire un démenti sur la chaîne TV de Chelsea. Au final cela ne change pas grand-chose puisque le numéro 15 du club fondé en 1905, ne dispute que dix-neuf matches en Premier League cette saison et inscrit un petit but.
Pour autant, un rayon de soleil est venu illuminer son année : la Ligue des Champions. En effet, étrangement, il semble avoir les faveurs d'Avram Grant sur la scène européenne avec dix convocations. Ainsi, lors de la demi-finale retour de Ligue des Champions contre Liverpool mercredi dernier, le manager londonien n'hésite pas à le faire rentrer à la 70e minute de jeu en lieu et place de l'Ivoirien Salomon Kalou. Résultat payant puisqu'au final, ce sont bien Malouda et ses coéquipiers qui iront à Moscou pour défier Manchester United. A l'issue de la rencontre, le joueur formé à Châteauroux lançait même ironiquement au micro de nos confrères de Canal + : «Je suis un joueur de Ligue des Champions !» et semblait oublier, un temps, cette possibilité de partir en juin exprimée sur RMC, il y a moins d'une semaine.
La question du niveau actuel de Florent Malouda se pose, à quelques semaines de l'annonce de la liste des vingt-trois Bleus qui iront disputer l'Euro en Suisse et en Autriche. Heureusement pour lui, l'ancien Guingampais bénéficie d'un soutien total du sélectionneur national, Raymond Domenech. En attendant de rejoindre les Bleus, il devra terminer au mieux cette saison de Blues qu'il traverse actuellement avec, pourquoi pas, un doublé Championnat-Ligue des Champions…