

Trop lents, trop prudents, trop défensifs : c'est en ces termes que William Gallas avait dépeint mardi la prestation des Bleus pour leur entrée ratée dans l'Euro lundi face à la Roumanie (0-0). Raymond Domenech a recadré mercredi son défenseur central, dans son style bien à lui, pince sans rire mais ferme. «La première responsabilité d'un défenseur central est d'empêcher l'attaquant adverse de s'exprimer, a répliqué le sélectionneur devant la presse. S'il peut faire plus parce qu'il a des possibilités, il a toute opportunité de le faire. Personne ne lui dit qu'il n'a pas le droit de passer la ligne médiane. Ou alors, j'étais inconscient quand j'ai dit un truc pareil.»
Et le coach tricolore d'exposer plus avant sa philosophie de jeu. «Les restrictions ne sont pas individuelles. Elles concernent l'équilibre de l'équipe: que chacun compense les déplacements de l'autre. Je ne crois pas avoir utilisé le mot prudence depuis le début de la compétition,» s'est défendu Raymond Domenech, avant de préciser sa pensée. «Ce que je dis, c'est: sécurité et responsabilité à des postes. Après, on joue, on se libère, on se lâche. Demandez-leur si je leur dis de mettre les ballons en arrière. Je suis dans le registre inverse. C'est le constat que j'ai fait après le match : on a joué avec le frein à main…»
Les 11 mêmes contre les Pays-Bas ?
Alors agacé, Domenech ? «Non, William a le don de me faire rire toujours. Il dit des choses vraies, mais qui ont déjà été dites avant. Ça prouve qu'il écoute» , a répondu le sélectionneur. Raymond Domenech a avoué hésiter à propos de «quatre postes» , mais n'exclut pas de ne rien changer… «C'est une option de dire que ce groupe est solide, qu'il continue, qu'il va fonctionner. Ça me dérange toujours d'accuser. On n'a fait que match nul contre la Roumanie ? Cette équipe a pris quatre points sur six aux Pays-Bas en qualifications, sans que les Hollandais marquent. Pour ça, il faudrait tout bouleverser ? Pour justifier quoi ? On avance, on va évoluer tous ensemble.» Bluff ou vérité ? Réponse à Berne vendredi soir, à 20 heures 45…