

La fuite des talents inquiète les décideurs du football français depuis une décennie, clubs et Ligue en tête. Pour contrer l'exode massif de ses ressortissants et en particulier celui des jeunes tout juste formés, «les partenaires sociaux du football (UCPF, UNFP, UNECATEF) sont parvenus le 24 juin lors de la Commission nationale paritaire, à un accord pour la mise en place d'un système d'indemnisation des clubs formateurs» . Portée par la LFP, cette nouvelle loi a pour but de dédommager les clubs au cas où les joueurs qu'ils ont formés signeraient leur premier contrat professionnel sous d'autres cieux.
LFP – «le joueur avait l'obligation»
Jusqu'à présent, «le joueur en fin de formation avait l'obligation de signer dans son club formateur. S'il ne respectait pas cette clause, il ne pouvait pas s'engager dans un autre club français pendant trois saisons. Cette disposition, ne s'appliquant qu'au niveau national, avait pour effet de provoquer le départ à l'étranger de jeunes talents» , regrettait la Ligue. Désormais, «un joueur en fin de formation peut s'engager dans un autre club français, charge à celui-ci de s'acquitter d'indemnités» . Même si le but reste le même, c'est-à-dire conserver les meilleurs jeunes dans l'Hexagone le plus longtemps possible, la France fait donc machine arrière pour ne pas pâtir de la non-uniformisation des règlements à l'échelle européenne.
Les clubs formateurs seront indemnisés selon les critères suivants : «une indemnité forfaitaire liée à la classification du centre de formation du club formateur, une indemnité de valorisation de la formation liée à la participation du joueur à des sélections nationales ou à des rencontres de Ligue 1 dans son nouveau club, une indemnité en cas de prolongation de contrat ou de transfert vers un autre club.» Les clubs français sont réputés pour disposer de centres de formation parmi les meilleurs, ce nouveau dispositif leur assurera un retour sur investissement. Il reste toutefois à trouver des solutions au niveau continental. Un sujet qu'abordera le président de la République, Nicolas Sarkozy, lors de sa prise de fonction à la tête de l'Union Européenne dès le 1er juillet.