

Michel Platini est parfois le roi du contre-pied. Alors que le président de la LFP Frédéric Thiriez s'était appuyé sur son soutien concernant la création d'une DNCG européenne pour que tous les clubs participant à la Ligue des Champions partent sur un pied d'égalité, le président de l'UEFA a réagi samedi en affirmant le contraire. «Pour une fois, je suis d'accord avec les Anglais. Je rejoins un peu ce qu'ils disent, quand ils refusent une DNCG supranationale. Il n'est pas, et il n'a jamais été, dans nos intentions d'aller observer les comptes des clubs anglais ou autres et de réglementer leurs compétitions» , relaie le quotidien L'Equipe.
Thiriez bien placé pour comprendre
«C'est le problème de leurs fédérations ou de leurs ligues. Nous, ce que nous voulons, c'est protéger la régularité et la transparence de nos propres compétitions, en instaurant un fairplay financier. Mais, je le répète, on n'a pas à entrer dans la gestion des fédérations et des ligues vis-à-vis de leurs clubs» . Platini rejoint ainsi le président de la Premier League, Richard Scudamore, défavorable au projet de DNCG européenne. Platini s'était pourtant inquiété au début de l'automne des rachats de clubs par des milliardaires et de voir la masse d'argent injectée sans le souci de rentabilité ni d'éthique.
Défenseur des petits pays et d'un football sain, combattant déclaré du foot-business, ce sur quoi il avait basé son programme pour se faire élire à la tête de l'UEFA, Platini est-il toujours en phase avec ces valeurs en se rangeant du côté des plus grands clubs sur cette question de l'homogénéité des règles à l'échelle continentale ? Sans doute s'en est-il éloigné par la force des choses, la réalité du terrain étant toujours plus complexe que les beaux discours pré-électoraux. Thiriez est bien placé pour le comprendre, lui qui concède à l'AS Monaco le droit de jouer en Ligue 1 avec des règles fiscales différentes de celles des autres clubs de l'Hexagone.