

Adil Boulbina a vécu un drôle de début de semaine. Une vidéo anodine, tournée au centre d'entraînement de Rabat, le montrant glisser quelques noix, pistaches et cacahuètes dans sa poche, avait déclenché une polémique absurde sur les réseaux sociaux.
Présenté à tort comme un «vol» , ce geste banal, observé chez de nombreux joueurs, a servi de prétexte à un déferlement de commentaires malveillants. Une agitation vaine, brutalement balayée plus tard dans la nuit par une réponse sans appel : une praline, au sens le plus littéral du terme.
Un but, un moment suspendu
L'entrée de Boulbina n'avait pourtant rien d'un scénario écrit à l'avance. Lancé en toute fin de prolongation, l'attaquant algérien n'a touché qu'un seul ballon en phase offensive. Suffisant pour contrôler, ajuster et déclencher une frappe surpuissante sous la barre, sans élan, sans hésitation. Le regard vide au moment de célébrer, la course désordonnée sans direction précise racontaient l'instant mieux que n'importe quelle analyse. Un but brut, son premier en sélection, sans filtre, au terme d'une rencontre où le stade entier était en apnée.
Quelques minutes plus tard, le ton avait changé. En zone mixte, Boulbina a livré des déclarations pleines de retenue et de respect. «Je dois d'abord remercier Dieu et mes coéquipiers. Ce but, c'est celui de toute l'équipe» , a expliqué le joueur formé au Paradou, rappelant que «l'important, ce n'est pas qui marque, mais la qualification» . Ému, l'attaquant polyvalent a également eu une pensée pour les supporters algériens, «présents partout, même devant l'hôtel» , quittant le stade en larmes. Un discours simple, sincère, loin de la polémique sans fondements qui l'avait précédé.
Un retard plus qu'une surprise
Son arrivée tardive en sélection ressemblait plus à un retard qu'à une surprise. Appelé sur le fil après une Coupe arabe convaincante (3 buts), Boulbina méritait sa place dans le groupe de Vladimir Petkovic bien plus tôt au vu de ses performances récentes. Meilleur buteur du championnat algérien la saison passée (20 buts en 26 matchs), régulier, décisif, il incarnait depuis des mois un profil offensif différent, longtemps absent de la hiérarchie sans justification sportive évidente, derrière des profils plus axiaux ou gestionnaires.
Là où Farès Chaïbi apporte maîtrise et continuité, Boulbina propose percussion, frappe lourde du pied droit et capacité à faire basculer un match sur un éclair. L'été dernier, alors qu'un départ vers l'Europe semblait logique après une saison référence, il avait surpris en signant à Al Duhail. Un choix validé par ses performances, jusqu'à être encensé avant la CAN par Karim Benzema après un triplé en Ligue des Champions asiatique face à Al Ittihad. Ce type de moment, vécu sous une pression maximale, peut parfois servir de déclic. Dès le choc à venir face au Nigeria ?
VIDEO : le but fantastique d'Adil Boulbina contre la RD Congo
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