

Le champion d'Europe débute 2026 comme il a terminé 2025 : avec un titre. Dans un choc loin d'être évident et irrespirable en seconde période, le Paris Saint-Germain a pris le dessus sur l'Olympique de Marseille (2-2, 4-1 tab).
Un nouveau trophée pour la bande à Luis Enrique, bien décidée à ne laisser aucune miette à la concurrence, et qui a surtout remporté une troisième séance de tirs au but après Tottenham en Supercoupe d'Europe et Flamengo en Coupe Intercontinentale.
Rulli plombe l'OM
Dans un stade loin d'avoir fait le plein, le PSG frappait le premier sur une situation mal négociée côté marseillais. Après une relance hasardeuse de Rulli qui mettait Medina sous pression, Vitinha récupérait dans l'axe et glissait immédiatement le ballon à Dembélé, impitoyable au moment d'ouvrir la marque sur un lob astucieux au-dessus du gardien argentin, trop avancé (1-0, 13e). Avant et après l'ouverture du score, Paris se montrait dangereux par Dembélé, proche du break sur une frappe enroulée à l'entrée de la surface, et par Nuno Mendes, qui obligeait Rulli à une parade après un enchaînement rapide avec Kvaratskhelia sur le côté gauche.
L'OM n'a pourtant rien lâché et a répondu avec caractère. Très entreprenants sur coups de pied arrêtés, les Marseillais ont multiplié les corners et fait trembler la défense parisienne, avec une tête de Balerdi repoussée par Chevalier puis une frappe à bout portant d'Emerson encore détournée par le gardien parisien. La pression phocéenne s'est prolongée jusqu'à la pause, obligeant Paris à reculer par séquences et à défendre bas sur plusieurs situations chaudes. Dans le jeu, Greenwood et Igor Paixão ont régulièrement pris des initiatives pour déséquilibrer le bloc adverse, tandis que Weah a fait passer un frisson dans le stade en fin de période sur une lourde frappe lointaine qui a frôlé le poteau.
Gonçalo Ramos et Chevalier en héros
Au retour des vestiaires, le champion d'Europe reculait et subissait le rythme imposé par l'OM. Plus agressifs et mieux installés dans le camp adverse, les Marseillais multipliaient les situations dangereuses, obligeant Chevalier à s'employer à plusieurs reprises, notamment sur une double parade exceptionnelle devant Igor Paixão puis Pavard, et encore face à Gouiri sur une frappe enroulée à bout portant. Paris tentait de répondre par séquences, avec une grosse occasion pour João Neves repoussée par Rulli et quelques frappes lointaines de Doué, dont une qui touchait l'extérieur du poteau, sans toutefois parvenir à reprendre le contrôle d'un match devenu haché et tendu.
La rencontre basculait sur un penalty très discuté. Lancé dans la profondeur, Greenwood provoquait la sortie de Chevalier et s'écroulait après un contact (très) léger, confirmé par la VAR, avant de transformer la sanction pour égaliser (1-1, 76e). Poussés par cette dynamique, les Olympiens renversaient le match lorsque Traoré débordait côté gauche et centrait fort devant le but, Pacho détournant le ballon dans ses propres filets sous la pression d'Aubameyang (1-2, 87e). Mais Paris arrachait finalement l'égalisation dans le temps additionnel, sur une dernière offensive où Barcola prolongeait de la tête pour permettre à Gonçalo Ramos de conclure à bout portant (2-2, 90e+5), laissant la décision à une séance de tirs au but remportée par le PSG grâce à deux arrêts de Chevalier.
La note du match : 9/10
Un Classique renversant, intense et longtemps indécis, marqué par une alternance constante de temps forts et un scénario totalement fou. Dominé par séquences mais jamais résigné, le PSG a longtemps plié avant de répondre, tandis que l'OM a affiché du caractère, de l'audace et une vraie personnalité dans le jeu. Entre occasions franches, décisions arbitrales discutées, erreurs décisives et égalisation arrachée dans le temps additionnel, ce Trophée des Champions a tenu toutes ses promesses, laissant place à une séance de tirs au but logique pour départager deux équipes au bout d'elles-mêmes.
Les buts :
- Sur une relance courte mal assurée, Rulli appuie trop sa transmission vers Medina, immédiatement pressé dans sa propre surface. Le défenseur central argentin tente de se dégager en urgence, mais le ballon revient plein axe sur Vitinha, qui anticipe et joue en une touche vers Dembélé. Lancé à l'entrée de la surface, l'attaquant parisien ajuste son contrôle avant de piquer calmement le ballon au-dessus du gardien marseillais, trop avancé sur sa ligne (1-0, 13e).
- Sur une passe en profondeur, Aubameyang est lancé plein axe et pousse son ballon dans la course au moment où Chevalier sort à sa rencontre. Greenwood se jette dans l'espace, cherche le contact et s'écroule au moment où le gardien parisien le gêne plus qu'il ne le touche. Après l'arbitrage vidéo, l'attaquant anglais s'élance et croise du droit dans la partie gauche du but, tandis que Chevalier part de l'autre côté (1-1, 76e).
- Traoré fait la différence sur la gauche et déborde avant d'adresser un centre tendu entre le gardien et sa défense. Aubameyang attaque le ballon, Pacho jaillit pour couper la trajectoire et tend la jambe en urgence. Sous la pression, le défenseur central équatorien dévie le centre dans ses propres filets, entre les jambes de Chevalier pris à contre-pied (1-2, 87e).
- Après une grosse intervention de Pacho devant Aubameyang, Nuno Mendes initie l'action depuis son camp et sert Vitinha dans l'axe. Le milieu portugais renverse immédiatement vers la gauche de la surface où Barcola surgit et remise intelligemment de la tête dans l'axe. À l'affût au point de penalty, Gonçalo Ramos ajuste une reprise nette qui trompe Rulli à bout portant (2-2, 90e+5).
Les NOTES des joueurs
Maxifoot a attribué une note (sur 10) commentée à chaque joueur.
L'homme du match : Lucas Chevalier (9/10)
Critiqué depuis son arrivée à Paris et encore fautif lors du Classique remporté par l'OM au Vélodrome en Ligue 1, le gardien français a livré une réponse de très haut niveau. Décisif tout au long de la partie avec plusieurs arrêts déterminants à bout portant, Chevalier a maintenu le PSG en vie quand le match basculait. Il concédait toutefois un penalty sévère sur Greenwood, confirmé par la VAR, seule ombre au tableau d'une prestation autrement impressionnante. Impérial lors de la séance de tirs au but avec deux tentatives repoussées, il a surtout répondu présent dans le duel à distance avec Safonov, auteur de quatre arrêts face à Flamengo en Coupe Intercontinentale. Une prestation fondatrice dans un contexte brûlant.
PARIS SG :
Lucas Chevalier (9) : lire commentaire ci-dessus.
Warren Zaïre-Emery (6,5) : utilisé au poste de latéral droit en l'absence d'Hakimi, le milieu français a beaucoup compensé les déséquilibres par son volume et son sens du placement. Précieux dans les duels et les retours défensifs, le Parisien a souvent colmaté les brèches laissées dans son dos par les projections franciliennes. Son influence balle au pied a toutefois diminué à mesure que l'OM imposait un rythme plus intense en seconde période. Remplacé à la 89e minute par Senny Mayulu (non noté).
Marquinhos (6,5) : le défenseur central brésilien a tenu la ligne avec expérience dans un match où les centres et les ballons dans la surface se sont multipliés. Dominant dans le jeu aérien sur coups de pied arrêtés, le capitaine parisien a parfois souffert dans les duels en mouvement, mais s'est montré précieux par ses interventions de dernier recours et ses dégagements sous pression.
William Pacho (8) : attentif dans les couvertures et remarquable dans l'anticipation, le défenseur central équatorien a livré un match de très haut niveau dans la lecture des trajectoires et le timing des interventions. Auteur de nombreuses interceptions décisives, il a souvent coupé les transitions marseillaises avant qu'elles ne deviennent dangereuses et a contenu Aubameyang sur plusieurs situations clés. À l'origine de l'égalisation parisienne par son interception suivie de la relance, sa prestation ne peut être réduite à un contre son camp malheureux sur un centre tendu, survenu après une pression maximale.
Nuno Mendes (7,5) : le latéral gauche portugais a encore été l'un des moteurs du jeu parisien par ses projections incessantes et sa capacité à créer des supériorités dans son couloir. Dangereux offensivement avec plusieurs situations franches, il a également répondu présent défensivement dans un match où son côté a été très sollicité. Sérieux jusqu'au bout, il a confirmé sa fiabilité en transformant son tir au but avec beaucoup de calme.
João Neves (6) : discret mais constant, le milieu portugais a assuré l'équilibre et la continuité du jeu parisien dans un contexte très instable. Juste dans ses transmissions et intelligent dans son placement, l'ancien joueur de Benfica a parfois manqué d'impact physique lorsque l'OM a accéléré, mais n'a jamais cessé de proposer des solutions. Proche d'égaliser en seconde période, il a tenu son rôle sans excès ni déchet majeur.
Vitinha (7,5) : plaque tournante du jeu parisien, le milieu portugais a encore été au coeur des temps forts de son équipe par sa justesse technique et sa lucidité sous pression. Sa récupération haute et sa passe décisive sur l'ouverture du score ont donné le ton, avant une seconde période plus exigeante physiquement. Décisif dans le money-time avec la transversale parfaite pour Barcola sur l'égalisation, le métronome parisien a confirmé son importance dans les moments clés.
Fabián Ruiz (5,5) : appliqué dans la conservation et le jeu court, le milieu espagnol a contribué à stabiliser Paris après l'ouverture du score. Moins influent dans les phases de transition et en difficulté lorsque le rythme s'est emballé, le champion d'Europe avec la Roja a peiné à peser défensivement dans un match devenu très vertical, sans toutefois multiplier les erreurs. Remplacé à la 89e minute par Gonçalo Ramos (non noté), qui comme face à Tottenham, a fait preuve d'un sang-froid remarquable en égalisant au bout du temps additionnel sur une reprise clinique à bout portant. Premier tireur lors de la séance, il a assumé ses responsabilités avec autorité et lancé idéalement son équipe vers le titre.
Désiré Doué (5,5) : longtemps discret et peu trouvé dans le premier acte, le milieu offensif français est monté en puissance après la pause en multipliant les prises d'initiative et les frappes lointaines. Plus tranchant dans ses déplacements et son agressivité offensive avec un poteau touché, il a terminé la rencontre avec une vraie influence. Mentalement solide, il a transformé le tir au but du sacre avec beaucoup de maîtrise.
Ousmane Dembélé (6) : très actif dans le premier acte, l'attaquant français a immédiatement puni l'erreur marseillaise d'un lob plein de sang-froid. Toujours surveillé de près, le Ballon d'Or 2025 a continué à étirer le bloc adverse par ses appels et ses prises de balle, même si son influence a diminué après la pause. Encore loin de son meilleur niveau mais décisif.
Khvicha Kvaratskhelia (5,5) : généreux dans l'effort et actif défensivement, l'ailier géorgien a beaucoup travaillé pour son équipe dans un match exigeant. Offensivement, il a manqué de tranchant dans les zones décisives et n'a pas toujours fait les bons choix dans le dernier geste, malgré quelques situations intéressantes sur son côté. Remplacé à la 72e minute par Bradley Barcola (7), auteur de la remise de la tête sur l'égalisation de Gonçalo Ramos, il a été décisif dans le money-time.
MARSEILLE :
Gerónimo Rulli (5) : le gardien argentin a vécu une soirée paradoxale. Fautif sur l'ouverture du score avec une relance hasardeuse qui met toute sa défense en difficulté, il a longtemps laissé planer le doute sur sa capacité à sécuriser son arrière-garde. Il s'est toutefois bien repris dans le jeu en seconde période avec plusieurs sorties et interventions rassurantes, avant de céder dans les moments clés. Battu à bout portant sur l'égalisation de Gonçalo Ramos, il n'a ensuite jamais réussi à inverser le rapport de force lors de la séance de tirs au but, malgré une main sur celui de Vitinha.
Benjamin Pavard (6) : solide dans l'engagement et sérieux dans son couloir, le défenseur polyvalent français a alterné le bon et le plus approximatif. Souvent présent pour fermer le second poteau et couper les centres, le champion du monde 2018 a aussi souffert face aux projections répétées de Nuno Mendes et Barcola. Sa reprise à bout portant repoussée par Chevalier en seconde période aurait pu changer le cours du match.
Leonardo Balerdi (6,5) : autoritaire dans le jeu aérien et très impliqué dans le combat, le capitaine marseillais a été l'un des symboles de la résistance olympienne. Sa tête repoussée par Chevalier en première période illustre son apport offensif sur coups de pied arrêtés. Parfois pris en vitesse dans le dos lorsque le bloc reculait, le défenseur central argentin a toutefois tenu son rang jusqu'à sa gêne physique en fin de match.
Facundo Medina (6) : impliqué malgré lui sur l'ouverture du score après la relance manquée de Rulli, le défenseur polyvalent argentin n'a jamais fui ses responsabilités. Combatif, agressif dans le bon sens du terme, l'ancien Lensois a livré plusieurs duels appuyés et assumé la pression parisienne dans son couloir. Averti en fin de rencontre, il a parfois flirté avec la limite mais a globalement répondu présent dans l'intensité.
Timothy Weah (6,5) : très actif et entreprenant, le piston américain a été l'un des principaux dynamiteurs du jeu marseillais. Sa lourde frappe lointaine frôlant le poteau en première période a fait passer un vrai frisson, et ses courses répétées ont souvent étiré le bloc parisien. Une sortie plus que correcte. Remplacé à la 77e minute par Michael Murillo (non noté).
Geoffrey Kondogbia (6,5) : précieux par son volume et sa capacité à casser les lignes balle au pied, le milieu centrafricain a été un relais important dans les phases de transition. Sa lecture du jeu et ses ouvertures ont permis à l'OM de ressortir proprement sous pression, notamment sur l'action amenant le penalty. Un match dense, parfois discret, mais structurant.
Pierre-Emile Højbjerg (6,5) : très engagé dans l'impact et la récupération, le milieu danois a imposé un vrai défi physique au coeur du jeu. Averti pour une intervention en retard, l'ancien joueur de Tottenham a parfois manqué de justesse technique lorsque le tempo s'est accéléré, mais son travail sans ballon et son leadership ont pesé dans l'équilibre marseillais.
Emerson (6) : actif dans son couloir gauche, le latéral gauche italien a souvent apporté le surnombre et la largeur. Sa frappe à bout portant repoussée par Chevalier aurait mérité meilleur sort. Défensivement sollicité, il a parfois laissé des espaces dans son dos mais n'a jamais cessé de proposer.
Mason Greenwood (6) : longtemps discret dans le jeu placé, l'attaquant anglais a su faire basculer la rencontre par sa capacité à attaquer la profondeur. Intelligent dans ses appels, il provoque le penalty de l'égalisation dans une action où il joue parfaitement le coup, avant de transformer la sanction avec sang-froid. Remplacé à la 90e+2 par Matt O'Riley (non noté).
Igor Paixão (6) : très remuant sur son aile, le Brésilien a multiplié les percussions et les centres dangereux. Sa tête repoussée par Chevalier en seconde période fait partie des tournants du match. Moins précis dans le dernier geste, mais constant dans l'effort et la création du danger. Remplacé à la 67e minute par Hamed Junior Traoré (non noté), actif et entreprenant, à l'origine du second but marseillais, mais tombé sur un Chevalier infranchissable lors de la séance de tirs au but.
Amine Gouiri (7) : mobile, disponible et souvent juste dans ses décrochages, l'attaquant algérien a participé au bon visage collectif de l'OM. Il s'est procuré plusieurs situations intéressantes, notamment en seconde période, mais est tombé sur un grand Chevalier. Une grosse heure très intéressante dans les déplacements et sa capacité à organiser le jeu. Remplacé à la 67e minute par Pierre-Emerick Aubameyang (non noté), immédiatement dangereux par ses appels dans la profondeur et impliqué dans le but contre son camp, sans toutefois réussir à faire la différence avant l'égalisation parisienne. L'attaquant gabonais est proche du 3-1... avant le but égalisateur du PSG.
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PARIS SG 2-2 MARSEILLE (mi-tps: 1-0) - FRANCE - Trophée des Champions / fin.
Stade : Jaber al-Ahmad International Stadium, Kuwait City - Arbitre : Thomas Leonard, France
Buts : O. Dembélé (13e) Gonçalo Ramos (90+5e) pour PARIS SG - M. Greenwood (76e, pen.) W. Pacho (87e, csc) pour MARSEILLE
Avertissements :
PARIS SG :
MARSEILLE :
Dembele a ouvert la marque suite à une erreur de Rulli (1-0, 13e)

Chevalier a réalisé son meilleur match avec le PSG
