

Le renvoi de Xabi Alonso après la Supercoupe d'Espagne perdue face au FC Barcelone (2-3), dimanche, n'a pas seulement surpris par son timing. Il a surtout relancé un débat récurrent à Madrid, celui du pouvoir réel accordé à l'entraîneur. Le choix d'Alvaro Arbeloa, jusque-là cantonné aux équipes de jeunes, a ravivé les doutes.
Un pari interne qui divise profondément
La promotion surprise de l'ancien défenseur polyvalent passé par Liverpool n'a pas tardé à déclencher une salve de réactions critiques ces dernières heures. Alfredo Relaño, ancien directeur du quotidien AS et figure historique du journalisme madrilène, a résumé le malaise sans détour. «Arbeloa ne fait rêver personne» , a tranché le chroniqueur, décrivant un profil perçu comme plus politique que strictement footballistique. Sur la même ligne, Juanma Castaño, éditorialiste influent de Cadena COPE, a estimé que Florentino Pérez «enchaîne les décisions erratiques» , présentant le jeune technicien comme une solution par défaut davantage qu'un projet mûrement réfléchi.
Sur le fond, le manque d'expérience concentre l'essentiel des critiques. Manu Carreño, présentateur vedette de l'émission El Larguero sur la Cadena SER, a pointé une évidence largement partagée en Espagne. «Arbeloa manque clairement d'expérience. Évidemment, ce n'était pas l'entraîneur que le Real Madrid avait en tête en début de saison.» Son collègue Antón Meana, reporter au suivi quotidien du club madrilène, a évoqué un profil jugé trop rigide en interne. «C'est un coach très dur, très dur. Sa chance arrive beaucoup trop tôt.» Une lecture renforcée par Lorenzo Calonge, journaliste à El País, qui a rappelé qu'Arbeloa «n'a jamais dirigé une équipe professionnelle ni travaillé hors de Valdebebas» .
Un choix moqué
Au-delà du CV, c'est la portée politique du choix qui interroge. Jorge Valdano a déplacé le débat en visant directement la direction. «Je n'ai jamais senti que Xabi Alonso ait été pleinement soutenu par le club» , a expliqué l'Argentin, laissant entendre que le successeur ne doit sa promotion qu'au vide laissé par ce désaveu. Une analyse partagée par Oscar Garcia, bien plus frontal. «Sur le plan tactique, d'après le peu que j'ai vu du Castilla, il n'est même pas digne de lécher les semelles de Xabi Alonso» , a lâché l'ancien entraîneur de Saint-Étienne sur Catalunya Radio, accusant Arbeloa de se construire une image en singeant son mentor, José Mourinho.
Même certains anciens du vestiaire ont préféré l'ironie à l'analyse. Ivan Helguera s'est contenté d'un message moqueur sur les réseaux sociaux, ponctué d'emojis, pour commenter l'annonce, signe d'un scepticisme assumé jusque dans les rangs des ex-cadres madrilènes. Derrière ces réactions, un même constat émerge, partagé bien au-delà des médias. En nommant Arbeloa, le président de la Maison Blanche ne cherche pas un contre-pouvoir tactique, comme pouvait l'incarner Xabi Alonso, mais un relais loyal, chargé de finir la saison sans remettre en cause l'ordre établi ni les équilibres internes. À Madrid, l'entraîneur passe, le président décide. Et ça, Arbeloa le sait déjà, peut-être mieux que quiconque.
Comprenez-vous les réactions après la nomination d'Alvaro Arbeloa ? N'hésitez pas à réagir et à débattre dans la zone «Ajouter un commentaire» …