

Rennes n'est ni relégable, ni largué, ni hors-sujet dans la course à l'Europe. Et pourtant, l'impression est toujours la même : tout peut exploser à tout moment. Une défaite, une sanction, une déclaration, et le climat bascule. Depuis plusieurs semaines, Habib Beye en fait l'amère expérience, exposé en permanence à une instabilité qui dépasse largement la simple question des résultats.
Un entraîneur jamais vraiment protégé
Depuis son arrivée en janvier 2025, Habib Beye n'a jamais bénéficié de ce qui fait souvent la différence dans les périodes creuses : un crédit durable. À Rennes, l'entraîneur franco-sénégalais a très vite été placé dans une logique de résultats immédiats, sans véritable totem d'immunité. Déjà fragilisé à l'automne, il avait pourtant redressé la situation avec une série impressionnante de huit victoires en neuf matchs, calmant provisoirement les tensions autour du club.
Mais à la première rechute, le dossier s'est rouvert sans délai. Quatre défaites consécutives, toutes compétitions confondues, et le discours a changé. Non pas parce que Rennes se serait effondré au classement, mais parce que l'ancien défenseur n'a jamais semblé totalement légitime aux yeux d'une partie du vestiaire et de l'environnement. À chaque période négative, son management frontal, assumé, devient un sujet en soi.
Un vestiaire inflammable
Les épisodes récents illustrent ce malaise latent. La mise à l'écart de Brice Samba pour raisons disciplinaires à Lens (3-1), samedi, les tensions évoquées avec Mousa Al Tamari en milieu de semaine, la perte de statut de Ludovic Blas, ou encore le départ en catimini de Seko Fofana – avec lequel il ne s'est jamais entendu – sur le mercato hivernal : autant de signaux qui racontent un vestiaire difficile à tenir. Pas forcément hostile, mais rarement aligné.
Le vrai malaise est structurel. Absence d'un directeur sportif fort pour servir de paratonnerre, communication brouillonne, ambitions élevées sans ligne claire pour les soutenir. Dans ce flou permanent, Beye avance seul, exposé à chaque secousse. À Rennes, les entraîneurs avancent désormais sur un fil. Et tant que ce fonctionnement perdurera, même une place européenne ne suffira jamais à éteindre l'incendie alors que son poste est de nouveau en grand danger.
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