

Roberto De Zerbi et l'Olympique de Marseille, c'est donc terminé. Quelques jours après la lourde défaite au Parc des Princes, l'entraîneur italien a décidé de mettre fin à son aventure phocéenne d'un commun accord avec sa direction, bouclant un cycle lancé à l'été 2024 avec de grandes ambitions.
Le fond du débat existe, mais c'est surtout le moment qui surprend. Car malgré le choc émotionnel du Classique, rien n'était irrémédiablement compromis. Alors pourquoi trancher maintenant ?
Un timing sportivement discutable
Comptablement, Marseille restait dans la course. Quatrième, au contact du podium, deuxième meilleure attaque de Ligue 1 avec 46 buts en 21 journées, et toujours engagé dans une Coupe de France qui échappe au club depuis 1989, le tableau n'avait rien d'un champ de ruines. La victoire maîtrisée face à Lens (3-1), fin janvier, avait d'ailleurs rappelé que cette équipe possédait encore des ressources et une vraie capacité à répondre présent dans les rendez-vous importants.
Le bilan brut de De Zerbi ne raconte pas un échec. Avec 57% de victoires en 69 matchs, il affiche le meilleur pourcentage d'un entraîneur marseillais au XXIe siècle, devant Igor Tudor (56%) et Jorge Sampaoli (54%). Sa moyenne de 1,81 point par match le place au niveau des références récentes. Difficile, dans ces conditions, de parler de naufrage. D'autant qu'il venait de conclure un mercato cohérent avec ses principes de jeu. Quitter la scène quelques jours après la fermeture du marché laisse une impression d'élan coupé net.
Une fracture plus profonde qu'un classement
Mais les chiffres ne suffisent pas à raconter une saison. L'élimination dès la phase de ligue de la Ligue des Champions, notamment après les revers contre Liverpool (0-3) et Bruges (3-0), alors que le TOP 24 semblait accessible, a entamé la crédibilité du projet. Le 5-0 encaissé au Parc des Princes a servi de bascule définitive. Au-delà du score, c'est l'impression d'impuissance et l'usure mentale qui ont marqué les esprits dans la rencontre la plus exposée de la saison.
Derrière les 57% de victoires, une autre réalité apparaissait : près d'un match sur trois perdu, très peu de nuls pour amortir les secousses. Son OM produisait du jeu, marquait beaucoup, mais restait exposé, parfois fragile dans les contextes les plus tendus. En interne, le climat s'était durci. Management exigeant, communication directe, pression constante. Si le lien avec une partie du vestiaire s'effritait, continuer aurait signifié prolonger une érosion déjà engagée.
La moins mauvaise option, vraiment ?
Son départ ne règle rien par magie alors que la question de sa succession se pose désormais. L'OM perd un entraîneur capable d'imprimer une identité forte et d'attirer des profils ambitieux, même si les ajustements tactiques répétés rendaient parfois la lecture du projet plus complexe. Le club reste en position de viser la Ligue des Champions et un trophée national. Sportivement, le rebond n'était pas hors de portée malgré l'improbable sortie de route sur la scène continentale.
Mais si De Zerbi avait le sentiment d'avoir atteint un plafond émotionnel, si le groupe ne répondait plus avec la même adhésion, la rupture devenait presque inévitable. À Marseille, l'équilibre est fragile et chaque faux pas prend des allures de crise. Forcer le trait aurait pu aggraver la fracture. La réponse viendra du terrain. Si l'OM accroche le podium ou soulève la Coupe, ce choix apparaîtra comme un mal nécessaire. Sinon, février restera comme le mois où un projet encore viable a été stoppé en pleine trajectoire.
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