

À Marseille, le fusible change souvent, le courant reste le même. Depuis cinq ans, Pablo Longoria a absorbé les crises, changé de coach, retouché l'organigramme, refait l'effectif par cycles accélérés... et survécu. Mais la séquence actuelle a une couleur différente.
La centrifugeuse marseillaise
Depuis la nomination de Jorge Sampaoli quelques jours après sa prise de fonctions, l'OM a enchaîné les virages au sommet. Sampaoli, Igor Tudor, Marcelino, Gennaro Gattuso, Jean-Louis Gasset, Roberto De Zerbi, puis le nouvel intérim de Jacques Abardonado : la liste des entraîneurs sous l'ère Longoria raconte, à elle seule, une présidence construite dans l'urgence permanente, avec des changements pensés comme des pare-feu.
Cette mécanique a parfois permis de relancer l'équipe, souvent de gagner du temps. Mais elle a aussi installé une forme de fatigue structurelle : vestiaire systématiquement remodelé, projet sportif redéfini, hiérarchie technique rebattue. Et quand De Zerbi puis Benatia quittent le navire en quelques jours, l'OM se retrouve à nouveau dans un entre-deux, avec un président redevenu l'unique point fixe... donc la cible naturelle.
Un président adossé au mercato
Longoria s'est maintenu grâce à un équilibre simple : bouger beaucoup, vendre régulièrement, rester dans la course à l'Europe. L'exercice illustre bien le raisonnement : un bilan transferts positif (+20,55 M€) malgré deux mercatos encore très dépensiers (110,95 M€), et des ventes non négligeables (Luis Henrique, Robinho Vaz, Merlin, Koné,...). Même quand un dossier symbolise l'absurdité du rythme — Elye Wahi revendu à perte six mois après son arrivée — le club réussit à garder la tête hors de l'eau sur le plan comptable.
La bascule récente vers les gros tickets renforce pourtant le procès en incohérence. Sur les dix plus gros achats de l'OM, huit sont associés à l'ère Longoria, dont Vitinha (32 M€), Igor Paixão (30 M€), Elye Wahi (27 M€) ou Mason Greenwood (26 M€). Cette inflation, rarement vue au Vélodrome, augmente mécaniquement la pression : plus les montants montent, moins l'excuse du temps passe. Et quand l'entraîneur saute, puis le directeur du football, la question devient frontale : à quoi sert encore le dernier survivant, si le projet change de visage tous les six mois ?
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