

Déjà auteur d'un recadrage le mois dernier, l'actionnaire principal de l'Olympique de Marseille, Robert Louis-Dreyfus accentue mercredi la pression sur son équipe dirigeante. Dans un long entretien à L'Equipe, l'homme d'affaires, qui a investi 210 millions d'euros depuis la saison 1997-98, met notamment en cause le recrutement effectué cet été par Pape Diouf, José Anigo et Eric Gerets. «Ils ont fait des choix de joueurs cet été. Moi, j'en avais proposé d'autres. Je respecte leurs choix, mais il faut qu'il y ait des résultats, a lâché Louis-Dreyfus, qui avait proposé les noms d'Alex et de Yoann Gourcuff. C'était une façon de leur rappeler qu'ils ont eu les moyens et les mains libres, mais que ce n'est pas tous les jours dimanche. Il faut un jour faire le bilan.» Et si 2008-2009 était une nouvelle saison sans titre pour l'OM ? «Je pense qu'ils [Diouf, Anigo et Gerets] en tireront eux-mêmes les conséquences» , menace le grand boss du club phocéen.
Les intéressés apprécieront. Robert Louis-Dreyfus avoue ne pas avoir vraiment goûté les points perdus avant la trêve par son équipe au Vélodrome, face à Lorient (2-3) puis à Nancy (0-3). S'il estime que le club peut se permettre de consacrer 10 millions d'euros à l'achat d'un attaquant, RLD montre également une exigence en rapport, exemple à l'appui. «A ce titre, j'attends d'ailleurs beaucoup en termes de performances de Bakari Koné, sur lequel nous avons investi cette somme cet été. Espérons que son trophée de meilleur joueur ivoirien de l'année va le galvaniser pour la deuxième partie de saison.»
Enfin un trophée ?
Vierge pour l'instant de tout titre, le règne de Robert Louis-Dreyfus serait-il désormais gouverné par l'impatience ? S'il écarte toute idée de revente du club, le propriétaire de l'OM attend plus de Pape Diouf, son actuel président, qui se targue d'une gestion raisonnable. «Si Pape Diouf était à Sochaux et qu'il finissait à l'équilibre financier, ça irait. Nous, avec ce budget, de loin supérieur aux autres, si l'on excepte Lyon, nous devrions automatiquement être premier ou deuxième. Je veux bien qu'on perde en finale de Coupe de France contre le Paris-SG mais contre Sochaux, après avoir mené deux fois, non. C'est de la gestion de père de famille mais avec un rendement assez pauvre en termes de trophées...» Le message est donc clair comme de l'eau de roche : pour l'actuelle équipe dirigeante, l'avenir passe par une qualification en C1, assortie d'un titre. Encore en course en Championnat, UEFA et en Coupe de France, l'OM sait ce qu'il lui reste à faire…