

Institué par un vote à large majorité lors de l'assemblée fédérale du 13 décembre 2008, le comité de visionnage suscite la polémique depuis son entrée en vigueur le mois dernier. Le président de la FFF, Jean-Pierre Escalettes a admis vendredi que l'institution connaissait des débuts difficiles mais continue d'en défendre le bien-fondé. «Rien n'est remis en question. Il faut accepter qu'il y ait des ratés à l'allumage, a déclaré le dirigeant. Ce comité de visionnage, c'est une aide aux arbitres, pas un contrôle des arbitres. Il faut un temps de rodage. Et le texte est évolutif.» Le comité de visionnage avait été critiqué avec un brin d'hypocrisie par certains techniciens. Ces coaches, parmi lesquels Guy Lacombe, lui reprochaient d'affaiblir l'autorité de l'arbitre, en soulignant ses éventuelles erreurs. S'il paraît au contraire juste de rattraper après-coup certaines erreurs arbitrales, comme cela se pratique par exemple en Premier League, encore convient-il de veiller à la cohérence et à l'équité des décisions. C'est ici que le bât blesse pour le comité…
L'erreur Diawara
L'exemple des sanctions identiques, infligées a posteriori à Souleymane Diawara et à Moussa Sow, pour deux gestes d'une gravité non comparable, en fournit une bonne illustration. Mercredi, la commission supérieure d'appel de la FFF avait décidé d'annuler la suspension de deux matches infligée au défenseur bordelais, suite à la récommandation du comité. Vendredi, le Comité national olympique sportif et français (CNOSF), saisi en appel par le Stade Rennais a en revanche confirmé la suspension pour deux rencontres de son attaquant, dont le tacle irrégulier, sanctionné d'un simple carton jaune durant le match, avait été à l'origine de la blessure d'un adversaire.
Dans l'avis rendu vendredi par le conciliateur du CNOSF, l'instance olympique demande également à la LFP de redéfinir avec précision le cadre juridique du comité de visionnage. «Le conciliateur ne peut que relever l'ambiguïté et l'incohérence existant entre les modalités de saisine de la commission de discipline par la commission de visionnage et les conditions d'autosaisine de la commission de discipline» , indique notamment le texte du CNOSF. Bref, tout cela suffit largement pour envisager la modification du texte régissant le champ d'action du comité de visionnage. Celle-ci devrait intervenir «cet été» , a déclaré Jean-Pierre Escalettes. D'ici là, le comité devra bien veiller à ne pas ajouter de l'inéquité aux éventuelles injustices arbitrales...