

L'heure est grave pour le football européen. L'implosion financière guette, mais il est encore temps de la prévenir. Telle est la teneur du discours tenu par Michel Platini devant le Parlement européen, à Bruxelles. Le président de l'UEFA a déclaré que l'instance dirigeante envisageait d'imposer des limites aux montants des salaires et des transferts. «Nous examinons actuellement la possibilité de limiter, dans une certaine mesure, les dépenses de personnel de chaque club - à la fois salaires et transferts - à un pourcentage, à déterminer, de ses revenus sportifs directs et indirects» , a annoncé Platini. Dans le cadre de ce projet, les dépenses en salaires et en achats de joueurs seraient, si l'on en croit une source UEFA citée par Reuters, limitées à un pourcentage des revenus compris entre 46% et 63%. Ces revenus seraient définis par la vente des billets et des produits dérivés, les droits télévisés et le sponsoring. Les investissements des propriétaires ou des actionnaires du club ne seraient pas inclus.
L'exemple américain
Pour le président de l'UEFA, les dirigeants du football doivent changer de cap. «Durant les 15 ou 20 dernières années, on n'a cessé de nous dire (…) que le marché se régulait parfaitement tout seul, que les excès et les déséquilibres disparaîtraient d'eux-mêmes. Nous savons désormais que rien de tout cela n'est vrai» , a insisté Michel Platini, avant de citer en exemple certains aspects du système sportif américain.
Parmi ceux-ci, figure le salary cap (plafond salarial), en vigueur outre-Atlantique dans les sports majeurs, et dont s'inspirent les mesures prônées par l'UEFA. L'Association des clubs européens (ECA) s'est par avance prononcée contre une telle politique. L'Union européenne pourrait désormais intervenir si elle juge que le projet de Platini enfreint les règles du libre marché. Mais l'ancien capitaine des Bleus estime que l'UEFA ne devrait pas y être tenue. «Nous devons être capables de définir les conditions des compétitions que nous organisons» , a déclaré Platini mercredi. Les controverses sur le sujet ne sont sans doute pas terminées…