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le 17/03/2009 à 14h18

Dopage : la grogne des capitaines

Dopage : la grogne des capitaines
La volonté de l'Agence française de lutte contre le dopage de contrôler les capitaines de L1 et de L2 n'importe quand dans l'année et quel que soit l'endroit où ils se trouvent fait grincer des dents. De Makelele à Cana, en passant par Mavuba ou Da Rocha, tous montent au créneau pour dénoncer une atteinte à la liberté individuelle.

Sur le modèle de l'Agence mondiale antidopage (AMA) avec les cyclistes, les athlètes ou les skieurs, l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) veut contrôler les joueurs de football n'importe quand dans l'année et quel que soit l'endroit où ils se trouvent. C'est-à-dire même pendant leurs vacances à l'autre bout du monde. Mais faute de moyens, seuls les capitaines de Ligue 1 et de Ligue 2 sont concernés pour l'instant. Ceux-ci ont pour obligation de choisir, pour chaque jour, un lieu et une heure (entre 6 heures et 23 heures) et les communiquer à l'AFLD pour un contrôle éventuel. Les capitaines doivent donc livrer jour par jour leur planning trimestriel, avec la possibilité de le modifier à tout moment.

S'ils approuvent bien évidemment la lutte anti-dopage, les capitaines sont en revanche révoltés par ce système de contrôles. Ils y voient une atteinte à leur vie privée. Plusieurs d'entre eux sont montés au créneau dans les colonnes de France Football. A commencer par le Parisien Claude Makelele : «C'est ridicule. C'est un manque de respect pour les sportifs. Ils vont avoir du mal avec moi, surtout pendant les vacances.» Le Lillois Rio Mavuba ne cache pas son incompréhension : «C'est incroyable, c'est un truc de fou ! Ne viser qu'un joueur de l'effectif ne rime à rien. Franchement, je ne comprends pas.» Le Nantais Frédéric Da Rocha est même lui content d'arriver à la fin de sa carrière : «C'est de la discrimination. On fait un sport collectif, on ne peut pas prendre un joueur seul. Heureusement que ça m'arrive sur la fin et que je n'ai pas 20 ans…»

«C'est inapplicable et inadapté»

Pour le Bordelais Ulrich Ramé, le principal voulu par l'AFLD est tout simplement inapplicable : «Le problème, ce n'est pas que les joueurs ne veulent pas, c'est qu'ils ne peuvent pas. C'est inapplicable et inadapté.» Le Niçois Olivier Echouafni se dit lui scandalisé : «Je trouve scandaleux que seuls les capitaines soient concernés par le nouveau système de contrôle antidopage.» Le Marseillais Lorik Cana souhaite que l'Agence fasse machine arrière : «J'avais décidé de contacter tous les capitaines de L1 pour lancer un mouvement de refus. On doit tous se mettre d'accord et refuser cette mesure.» Quant au Monégasque François Modesto, il préfère verser dans l'ironie : «Comment contacter dans l'instant, s'ils étaient capitaines, Mongongu en République démocratique du Congo ou Park en Corée du Sud ?»

Seul le capitaine brésilien de Valenciennes Rafael Schmitz semble bien vouloir se prêter à ces nouvelles règles : «Que l'on soit contrôlé à la maison ou ailleurs ne me gêne pas. Je suis tranquille avec ce nouveau mode de fonctionnement. Je n'ai rien à cacher. Je fais tout dans les règles et je ne prends pas n'importe quoi.» Si l'AFLD les agace, les capitaines de L1 et de L2 ont tout de même déjà rempli leur formulaire. Car un joueur qui manquerait par trois fois dans une période d'un an et demi de donner le lieu où il se trouve risquerait une suspension allant d'une à deux années…

Par Pierre-Damien Lacourte, le 17/03/2009 à 14h18


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