

L'Agence Française de Lutte contre le Dopage (AFLD) a annoncé mercredi qu'elle avait décelé une pratique de dopage aux stéroïdes dans le sport professionnel français et notamment dans le football. Sur 138 échantillons de mèches de cheveux prélevés sur les athlètes, tous sports confondus, 22 révélaient un test positif à la DHEA. Cette hormone naturelle, secrétée à petite dose par l'organisme, est disponible par Internet sous forme de gélules dont la vente est interdite en France. Elle ralentit le vieillissement et stimule la vitalité. Mais la DHEA augmente également le risque de maladies cardio-vasculaires.
Sur les 22 cas détectés, 7 proviennent de joueurs pensionnaires de Ligue 1 et Ligue 2. L'AFLD s'est contentée d'annoncer ce chiffre sans dévoiler les noms des "coupables" , ce qui irrite le foot professionnel. «La méthode de communication de l'Agence est très étrange» , déplore Michel Seydoux, président du LOSC, dans Le Parisien. «Je n'aime pas le soupçon global. Si un gars est pris en flagrant délit de dopage, il est poursuivi. Mais on ne s'en prend pas à la profession dans son ensemble. On est dans le tous pourris» .
Blanc pas étonné
L'entraîneur de Bordeaux Laurent Blanc n'est pas étonné par l'utilisation du dopage dans le foot pro. Mais il n'aime pas non plus l'effet d'annonce de l'AFLD. «Le dopage existe depuis des lustres mais quand est-ce qu'on va le combattre vraiment» , s'interroge Blanc sur RMC. «On est encore à mener des expériences ? Quels joueurs et quels clubs ont été sollicités ? C'est trop flou ! Soit on donne le nom des joueurs et des clubs, on punit les tricheurs et on rend le rapport public. Soit, c'est juste une mission expérimentale et ça reste confidentiel» .
Dans un autre rapport également rendu public mercredi, l'AFLD dévoilait les tests menés en L1 lors du 4e semestre 2008. Sur 651 contrôles diligentés, 11 analyses positives ont été relevées dont 8 aux cannabinoïdes. 1,7 % de contrôles positifs, c'est finalement relativement peu. Mais avec cette affaire de DHEA, le foot risque d'être placé sous le feu des contrôles. Et les capitaines qui râlent à la perspective de tests inopinés (lire l'article du 17 mars «Dopage : la grogne des capitaines» ) risquent de devoir se taire. Désormais, le sport le plus populaire est montré du doigt.