

Erik Gerets est bien parti pour être élu «entraîneur de l'année en L1» . Arrivé sur le Vieux Port début octobre 2007 alors que l'Olympique de Marseille pointait à la dix-septième place du championnat après neuf journées, le technicien belge succèderait ainsi à Laurent Blanc qui l'avait précédé la saison dernière dans le coeur des votants. Cette distinction honorifique lui ferait sans doute plaisir, mais moins qu'un titre de champion de France arraché à Lyon. Un an et demi après avoir investi la Commanderie en parfait inconnu, Gerets est désormais un héros local, bientôt plus apprécié des Marseillais que la bouillabaisse, le pastis ou encore la pétanque.
Un avenir en suspens
Exigeant, fin psychologue, amoureux de ses joueurs qui le lui rendent bien, le technicien belge sait tirer le meilleur de chacun mais pourrait pourtant boucler ses valises à l'issue de la saison. Son bail arrive à échéance et son contrat n'a toujours pas été prolongé. Apprécié des joueurs, son départ serait une perte énorme pour le club. Les supporters l'ont bien compris et ont tenté d'influencer son jugement en entonnant des chants à sa gloire dimanche, lors de la victoire face à Grenoble (4-1). «J'ai eu des frissons, c'était beau. J'interprète cela comme de l'amour et du respect envers moi. Je suis touché» , a-t-il réagi après la partie.
De son côté, le président de l'OM Pape Diouf semble bien décidé à convaincre son entraîneur de rempiler. «Je suis ravi d'être allé le chercher. Mon choix suscitait à l'époque un certain scepticisme. Aucune pétition n'a circulé pour me demander d'aller le chercher. Gerets fait partie d'un ensemble qui travaille pour la stabilité du club, comme d'autres moins en vue. (…) Je sais ce que je vais faire en ce qui le concerne. Je ne céderai ni à la pression médiatique, ni à la pression populaire» , a-t-il lancé dimanche soir. Difficile d'imaginer Diouf lui demander d'aller voir ailleurs au vu des résultats du club, les meilleurs en championnat depuis dix ans.