

Dimanche soir encore, Laurent Blanc refusait d'évoquer ouvertement le titre. Après la victoire (1-0) sur Lyon, l'entraîneur des Girondins de Bordeaux, deuxièmes à deux points du leader marseillais, donnait rendez-vous «dans quinze jours, pas avant» . Ses dirigeants ne s'embarrassent pas d'une telle prudence mercredi. Interrogé par Aujourd'hui Sport, Jean-Louis Triaud ne se cache pas derrière son petit doigt. «Ce serait idiot de dire que nous ne sommes pas intéressés par le titre, admet le président du club marine et blanc. Quand on tutoie les étoiles, on a envie de les accrocher. Mais je remarque aussi que Marseille ne lâche rien. Bordeaux va jouer son rôle à fond. L'erreur à ne pas commettre serait de se relâcher maintenant.»
Président de l'actionnaire principal M6, Nicolas de Tavernost abonde dans le même sens. «On joue le titre depuis dix ans. Simplement, il est un peu plus proche que les autres années. Nous y pensons depuis notre arrivée à Bordeaux. Depuis trois ou quatre ans, nous commençons à récolter les fruits du travail qui a été engagé» , explique le manager. Garder une équipe compétitive et moderniser le club, tels sont les deux principaux objectifs pour les années à venir.
Pas de surenchère pour Gourcuff
Pour remplir le premier, la priorité est de conserver les meilleurs joueurs. Au premier rang desquels Yoann Gourcuff. Mais les Girondins ne donneront pas dans la surenchère, pour le meneur de jeu prêté par le Milan AC comme pour les autres cadres. «Les négociations ne vont pas me prendre la tête longtemps, lâche Jean-Louis Triaud. Nous allons faire des propositions. Si ça marche tant mieux, mais si ça ne marche pas, on verra. Nous avons l'intention de garder le maximum de nos joueurs. Le club fera tout ce qu'il peut mais ne fera pas plus. Il n'y aura pas de folies à Bordeaux.»
Le message est clair : l'équipe dirigeante girondine entend avant tout agir sur la durée. Dans cette optique, la construction d'un nouveau stade figure parmi les principaux axes de modernisation du club. «Un nouveau stade, ce serait le meilleur moyen pour attirer des gens qui ne viennent pas nous voir, notamment en raison du confort, estime Jean-Louis Triaud. Quand on achète un billet bien cher et qu'on n'est pas protégé de la pluie, il faut vraiment aimer le foot !» Les dirigeants girondins se gardent toutefois de donner la moindre date. Lentement mais surement, telle pourrait être leur devise…