

«Parfois, c'est comme à l'école, il faut taper avec la règle sur le bout des doigts pour que ça fasse vraiment mal.» Cette phrase que lui a glissée à l'oreille l'acteur Clovis Cornillac à Valenciennes samedi, Jean-Michel Aulas l'a bien entendue. A l'issue de la défaite de son équipe à Nungesser (2-0), le président de l'Olympique Lyonnais avait chargé une première fois ses joueurs. Dans les colonnes de L'Equipe ce mardi, le dirigeant rhodanien leur tape cette fois sur les doigts. Même les cadres n'échappent pas aux remontrances. Le capitaine Juninho et son vice-capitaine Cris sont aussi dans le viseur de JMA, visiblement ulcéré par les résultats actuels plus que décevants de sa formation.
«Les joueurs sont d'une fragilité incroyable. Ils n'ont pas la force de caractère pour se transcender quand la roue tourne mal, et ont tendance à reporter la responsabilité à l'extérieur, souligne Aulas. On a l'impression qu'ils sont protégés. C'est aussi pour cela que je monte au créneau.» Le président lyonnais continue en revanche d'accorder toute sa confiance à Claude Puel. «A Valenciennes, tout le monde avait compris qu'en se mettant en danger les joueurs mettraient éventuellement en danger le coach. Et là-dessus, je leur ai dit que non. J'ai tapé sur les doigts car j'estime avoir avec eux une relation d'homme, forte et affective. Les joueurs trouvent toujours une raison. C'est structurel, ce n'est pas parce que c'est Claude Puel, c'est parce qu'il y a un entraîneur.»
«Fabio Santos, c'est fini»
Après les critiques collectives, Aulas ne s'est pas gêné pour pointer du doigt certains de ses joueurs en particulier. «Cris est aujourd'hui à un niveau qui est bien loin d'avant, note le président lyonnais. Concernant Juninho, on a tous les yeux de Chimène pour lui, mais sera-t-il indispensable à l'OL la saison prochaine ? Ce n'est pas sûr. Grosso fait une moins bonne saison que la précédente. On le sent plus motivé en coupe d'Europe qu'en championnat. On discutera en fin de saison.» Bodmer en prend lui sérieusement pour son grade : «A Valenciennes, au milieu, ç'a été une catastrophe. Mathieu voulait jouer milieu offensif, où il prétend être meilleur qu'en défense centrale. Mais quand il s'engage aussi modestement physiquement, j'ai envie de lui dire : «Réfléchis, regarde les matchs que tu peux faire comme défenseur central et ceux que tu fais en milieu offensif.» »
Quant à Fabio Santos, sorti à la mi-temps du match face à Valenciennes et qui s'en est pris presque physiquement à Puel, on ne le reverra plus sous le maillot lyonnais. «Il y a un ou deux joueurs qui se sont mis en marge comme Fabio Santos, constate Aulas. Certains ont regretté qu'Houllier et Perrin ne l'aient pas fait jouer. Cette saison, il a été blessé tout le temps. L'altercation à Valenciennes, ce n'est pas Claude Puel qui est en cause. Comme j'étais présent, Fabio Santos, c'est fini… On va faciliter son départ, c'est impossible autrement. On a fait des erreurs d'appréciation sur certains joueurs. Ce qui s'est passé à Valenciennes avec Fabio Santos est de ma responsabilité. Il avait déjà eu un incident avec Houllier.» Il reste encore quatre matchs aux Lyonnais pour se qualifier pour la Ligue des Champions. Aulas a prévu de rencontrer ses cadres (Benzema, Cris, Juninho, Toulalan, Lloris, Källström) pour sauver ce qui peut encore l'être.