

A l'heure de la reprise, Laurent Blanc ne se laisse pas griser par le titre de champion de France, décroché de haute lutte en mai dernier. L'entraîneur des Girondins de Bordeaux en est conscient : réussir la même saison que la dernière sera une tâche difficile. La raison de ce relatif scepticisme est d'ordre économique. «Ce n'est pas parce qu'on est champion que tout à coup Bordeaux a une manne financière qui peut attirer les meilleurs joueurs, explique le technicien à l'AFP. On a pu voir encore qu'il y avait des clubs beaucoup plus puissants que nous à ce niveau là. Ils arrivent à attirer les meilleurs joueurs de Bordeaux, alors que nous les meilleurs joueurs de Marseille ou de Lyon, on ne peut pas.»
Et Blanc d'appuyer sa démonstration avec l'exemple du départ de Souleymane Diawara à l'OM. «Quand vous perdez un joueur, il faut le remplacer. Quand vous n'aviez pas forcément envie de le perdre, cela rajoute de la difficulté à trouver un remplaçant ou à trouver quelqu'un qui peut amener aussi une valeur ajoutée à l'effectif.» Quid de la concurrence, également touchée par quelques mouvements imprévus ? Le "Président" constate d'abord une certaine atonie du marché des transferts en France. «Ca bouge pas trop, sauf Marseille qui est sur beaucoup de joueurs. Lyon a perdu des joueurs mais n'en a pas encore pris d'autres.» A propos du départ de Karim Benzema au Real Madrid, Laurent Blanc y voit «une très mauvaise chose pour la Ligue 1» .
«Dans les quatre ou cinq premiers»
Passé durant sa carrière sous les ordres de Guy Roux, Laurent Blanc joue la carte de la prudence. Sans aller jusqu'à dire que les Girondins joueront le maintien, le Cévenol se contente d'avouer un objectif presqu'aussi modeste : «finir dans les quatre ou cinq premiers.» Plus que jamais, le meneur de jeu, Yoann Gourcuff, devra tenir la barre. «C'est vrai que c'est une pièce essentielle de notre jeu, il est important dans le système. Je n'aurai pas avec lui un niveau d'exigence plus élevé qu'avec les autres. Mais en sport, il faut toujours confirmer.» A ce niveau-là, le meilleur joueur de Ligue 1 pourra compter sur Laurent Blanc comme sur un second père.