

Le Trophée des Champions opposera les Girondins de Bordeaux à l'En Avant Guingamp à Montréal, samedi. Disputée pour la première fois à l'étranger, cette rencontre sur terrain synthétique doit permettre aux instances dirigeantes du football français de «vendre» la Ligue 1 hors des frontières hexagonales. Sportivement parlant, une telle rencontre délocalisée n'est en revanche pas forcément une bonne affaire. Les dirigeants des deux clubs se montrent partagés. Côté bordelais, Laurent Blanc n'affiche pas un enthousiasme débordant, c'est le moins que l'on puisse dire. «Aller disputer le Trophée des Champions dans un pays francophone qui n'a pas forcément l'habitude de voir le Championnat de France, l'idée est assez originale, a expliqué l'entraîneur des champions de France, cité par l'AFP. Ce que je trouve un peu moins original, c'est la période. On est en pleine période de préparation et faire autant de voyages avec autant de décalage horaire et jouer sur une surface à laquelle on n'est pas habitué...»
Le technicien girondin s'efforce de faire contre mauvaise fortune bon coeur. «Il faut y aller, il faut essayer de passer le séjour le meilleur possible, a poursuivi Blanc. Mais on est conscient qu'au niveau de la préparation, la semaine au Canada ne sera pas comme la semaine que l'on avait pu faire l'an dernier en Bretagne, et où on pouvait faire du travail physique, technique, tactique. Là, on a fait en sorte de beaucoup travailler jusqu'au départ au Canada, de baser notre préparation en fonction de ce match.»
Le Graët : «Pas de problème»
Dans le camp guingampais, le discours est tout autre. Le président de l'En Avant, Noël Le Graët, défend la délocalisation de la rencontre. «La Ligue a souhaité exporter le football français pour obtenir à plus long terme un mieux commercial, au Canada et en Amérique du Nord. Nous espérons que ce sera couronné de succès. Nos joueurs sont des professionnels, et après une bonne nuit de sommeil, le décalage horaire aura disparu, pareil pour la pelouse synthétique qui ne posera pas de problème» , a assuré le dirigeant breton.
Inquiétés par le risque de grippe A, les Bordelais ont un temps laissé planer le doute sur leur participation à l'épreuve. Cette menace n'en est pas une, considère de son côté le président Le Graët, qui reprend le message apaisant des autorités canadiennes. Le niveau de l'adversaire l'inquiète en revanche beaucoup plus. «On connaît bien la difficulté qui nous attend, car à priori, entre Bordeaux et Guingamp, il n'y a pas photo, déclare Le Graët. Mais c'est un match, et c'est comme la finale de Coupe de France. Je sais en plus qu'En Avant pourra compter sur la forte présence bretonne au Canada pour être soutenu !» Le Stade Olympique résonnera-t-il au son du biniou ? Réponse samedi à partir de 21 heures, heure française.
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