le 06/07/2020 à 12h24

Nice : bagarre, promenade et Benitez... Cardinale raconte sa dépression

Cardinale pourrait quitter son club formateur cet été.
Titulaire dans la cage de Nice de fin 2015 à fin 2017, Yoan Cardinale a sombré dans la dépression lorsque Walter Benitez a pris sa place. Mais, petit à petit, le gardien formé chez les Aiglons a réussi à retrouver ce sourire qui le caractérise si bien.

L'histoire était presque trop belle pour Yoan Cardinale (26 ans). Formé à Nice, où il est devenu professionnel en 2013, le gardien a gravi les échelons avant de gagner sa place de titulaire vers octobre 2015.

Un rôle de N°1 qu'il aura finalement conservé pendant deux ans. Mais fin 2017, à la suite de plusieurs erreurs et une blessure, Lucien Favre a préféré miser sur Walter Benitez (27 ans). Le début de la dépression pour celui qui descendra même en troisième position dans la hiérarchie sous Patrick Vieira…

Y. Cardinale - «j'ai voulu me battre avec Gautier Lloris»

«Au début, je me suis beaucoup renfermé sur moi-même. J'ai commencé à faire une dépression. Je restais chez moi. Je m'embrouillais tout le temps avec ma copine. Pour un rien. Je ne voulais voir personne, je ne voulais entendre personne. À l'entraînement, j'ai même voulu me battre avec Gautier Lloris, alors que Gautier, c'est vraiment une crème : lors d'une opposition, il m'avait mis le ballon dans le nez. J'avais pété les plombs. Alors que ce n'était rien ! J'étais à fleur de peau. Ça a duré un bon mois et demi», s'est souvenu Cardinale lors d'une longue interview accordée à L'Equipe.

Comme quoi, les footballeurs peuvent également sombrer dans la dépression. Et pour en sortir, mieux vaut s'éloigner du ballon rond ? «On s'en sort en essayant de relativiser. En faisant autre chose. C'est con, mais j'allais marcher. Je ne voulais voir personne, donc on partait dans l'arrière-pays. La marche n'a jamais été mon truc, mais ça me permettait d'évacuer. Je regardais moins les matchs aussi, alors que je ne rate pas un match d'habitude : L1, L2, les grands championnats, Portugal, Écosse, tout. Là, je m'étais coupé de ça. Depuis, c'est reparti», a-t-il savouré.

Cardinale ne sera pas retenu cet été

Cardinale, triste ? L'image a du mal à s'imprimer, et ses coéquipiers ont évidemment remarqué le changement. «Quand tu rigoles H24 et que, du jour au lendemain, tu ne souris plus, ça se voit. Je ne vais pas dire que si je suis éteint, le vestiaire est éteint, mais dans une salle, quand il y a quatre néons et qu'il y en a un qui ne marche plus, tu le vois. Je suis obligé d'amuser la galerie, de faire des blagues, de taquiner. Tout le temps», a ensuite rappelé Cardinale, qui ne sera évidemment pas retenu cet été s'il trouve un «projet excitant».

Une question demeure : la supériorité nette de Benitez l'a-t-elle aidé à faire passer la pilule du changement de statut ? «Dire qu'il est meilleur que moi ? Ce serait la facilité, comme dire : ce n'est pas ma faute. Mais tu te demandes ce que tu as mal fait, ce que tu peux mieux faire, ce que tu peux montrer, ce que tu vas pouvoir faire. Si tu lâches mentalement, tu meurs. Ça signifierait venir tous les matins sans l'envie. C'est super négatif pour toi, pour le groupe et pour le coach», a conclu Cardinale, dont l'esprit d'équipe est véritablement irréprochable.

Pensez-vous réellement que les footballeurs fassent des dépressions ? N'hésitez pas à réagir et à débattre dans la zone «Ajouter un commentaire»…

Par Gilles Campos, le 06/07/2020 à 12h24
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