Pour prendre la succession de Roberto De Zerbi, l'Olympique de Marseille, après des derniers jours très agités, a choisi de faire confiance à l'entraîneur Habib Beye.
Officiellement signé jusqu'en juin 2027 mercredi, le technicien sénégalais a été présenté devant les médias ce jeudi. Maxifoot vous propose de retrouver les déclarations importantes de cette prise de parole.
Sa fierté de signer à l'OM
«C'est une grande fierté, je suis très heureux d'être ici, car vous savez mon attachement pour ce club. Mais c'est un passé qu'il faut garder dans le passé. C'est une autre mission, j'ai eu un vécu comme joueur et maintenant comme entraîneur. C'est un très beau moment, mais il faut sortir des émotions.»
«Je me suis interdit d'être dans ces émotions, il faut qu'on soit dans une émotion très simple, savoir pourquoi on est là. J'ai juste eu le temps d'appeler ma maman pour lui dire car je lui avais promis de le faire avant de signer. Il faut être très focus sur le travail à faire. On aura le temps pour les émotions, le meilleur moment ça serait avec une victoire demain soir. Je me focalise sur le travail.»
Sa réponse face aux doutes
«Non, je n'ai rien à répondre à ça. Je pars du principe qu'il n'y a pas de moment, pas de timing. A travers tout ce que j'ai fait, je me suis construit dans le temps, j'ai pris ma première expérience en National, avec une équipe en difficulté, j'ai pris le temps de me construire étape par étape. Puis après il y a eu une évolution. Je ne me pose pas la question de savoir si j'ai des choses à prouver à qui que ce soit. Je respecte tous les avis. Si je suis là, c'est parce que j'ai travaillé et il faudra que je prouve que ce travail-là permet de mettre l'OM au plus haut et de répondre aux objectifs fixés.»
«Si je suis prêt pour ce défi ? Oui je suis prêt, je ne considère pas que l'équipe est malade, il y a parfois des dynamiques un peu plus négatives. Dans mon précédent club, je suis arrivé dans une dynamique très négative et nous avons réussi à changer les choses. Je pars du principe qu'ici il y a une grande volonté de travail de la part de toutes les personnes rencontrées jusqu'à maintenant. J'ai pris l'expérience dans une division inférieure, ensuite en Ligue 1, j'estime que c'est encore un step dans ma carrière et il faut que j'assume, mais je n'ai aucun problème avec ça. Quand vous vivez des évènements dans votre vie, vous vous préparez à ça. Si je n'étais pas prêt, je ne serais pas venu. J'ai un travail à réaliser, avec des objectifs élevés, il faut savoir accepter cette pression, surtout à l'OM.»
La durée de son contrat
«Un contrat à court terme ? Non, j'estime qu'il n'est pas à court terme. A l'OM, vous avez des objectifs élevés. Un an et demi de contrat, c'est un bon contrat en tant que coach. Je l'ai toujours dit, dans le club où j'étais avant, on n'a jamais été dans cette recherche de garantir du temps sur de nombreuses années, on est soumis à la performance et aux résultats.»
«La meilleure façon d'être très aligné en tant que club, c'est de montrer cette confiance et je l'ai eue de la part du propriétaire McCourt et de Medhi Benatia. Maintenant, je dois l'avoir auprès de mon groupe à travers nos interactions et notre travail. S'ils sont venus me chercher, c'est qu'ils ont eu une grande confiance, je l'ai senti dans le discours du propriétaire. Je ne me pose pas la question sur ça, je suis très content de ma situation contractuelle. Maintenant, c'est à nous de faire les choses pour mettre l'OM le plus haut possible.»
Le blocage avec Rennes et l'agitation à Marseille
«J'ai vécu les choses très simplement. Rennes et Marseille sont éloignés, le plus contraignant était la distance. Les choses se sont très bien passées. Chaque chose doit se faire en son temps. Il y avait une situation de mon côté, une situation du côté de l'OM. Quand on a pu aligner les deux logiques, ça s'est fait tout naturellement.»
«Il était important pour moi, pour montrer la détermination auprès du propriétaire, de Medhi et des joueurs, de venir avant Brest. (...) C'est dans ces moments-là qu'on montre son caractère et sa volonté. Je sais où je suis, je suis content, on a eu aucune contrainte dans le fait de venir à l'OM. Tout de suite on a compris qu'on voulait travailler ensemble.»
Rennes, une page tournée
«Rennes est du passé. Je pars du principe que vous n'avez pas toujours des expériences de vie qui sont lisses. Ce qui est intéressant dans ce que je vis c'est cette volonté d'aller plus haut, le challenge. Il faut avoir le courage de relever ces défis-là, sinon il ne faut pas faire ce métier. Ce qui m'intéresse c'est l'instant présent.»
Son message auprès du groupe
«Ce matin, il y avait beaucoup de sourires. La connexion avec les joueurs a été très bonne. On a discuté, j'ai exposé mes ambitions avec eux. C'est eux le moteur. La connexion au terrain nous ramène toujours à ce plaisir, qui doit être omniprésent au quotidien. Je ne vais pas tout dévoiler, mais il y a un élément qui est pour moi fondamental dans ce qu'on va vivre : la notion de plaisir. Si aujourd'hui, on ne prend pas de plaisir à être à l'OM, à jouer au Vélodrome, à représenter l'OM chaque seconde, malheureusement il va nous manquer des choses.»
«Il y a des scénarios qui se renouvellent et il y a une raison à ça, il faut savoir analyser ces choses-là. A distance, je l'ai fait, à l'intérieur c'est important de prendre le pouls de l'équipe. Il y a une volonté de travailler sur cet aspect, il y a des situations qui ne doivent pas se répéter sur le plan défensif. Il va falloir travailler sur cette remontée collective pour gagner du terrain et ne pas subir, on doit être une équipe dominante. La situation, je ne pouvais pas la maîtriser avant et je vais tenter de le faire désormais.»
Un système encore flou
«Une défense à 4 ou à 5 ? Il y a des profils capables de jouer dans les deux systèmes. Il n'y a pas de problématique par rapport à ça, c'est surtout l'animation qu'on pourra mettre à l'intérieur de ce système. On a des joueurs capables de s'adapter très vite. Quand vous arrivez dans un club avec 24 heures pour travailler, il faut savoir ce qui a été mis en place, ne pas tout changer d'un seul coup, ça sera par petites touches. Le stage en Espagne nous permettra de bien travailler dans le fond des choses, aujourd'hui, il faut s'appuyer sur ce qui a été très bien fait pour avoir de la continuité.»
Son projet de jeu
«Lorsque vous avez cette qualité chez les joueurs et ce groupe à disposition, il faut être dans la volonté d'être une équipe verticale, qui propose du football en étant capable d'être dominante. Avec cette qualité de joueurs, il faut en être conscient. Vous vendre un projet de jeu est un petit peu prématuré, mais ici il faut vibrer, les gens ont envie de vibrer et de se reconnaître dans l'équipe.»
«Mais je pense que ce travail a été fait. Le travail a été bon précédemment, après il y a des dynamiques positives et négatives, mais il faut valoriser ce qui a été fait par l'OM ces dernières années. On ne peut pas dénigrer ça, il y a eu un football spectaculaire, de qualité, après on peut toujours être exigeant dans la continuité des résultats, je ne suis pas là pour juger ça.»
«Il faut que le football ressemble à cette ville, à ce club, à ce stade. Car ici, vous êtes rapidement sanctionnés sur ça par le public, qui est amoureux de l'OM, du club, du foot. Il faut coller à ça, comprendre l'identité et les valeurs d'un club et d'une ville. J'ai peut-être de l'avance sur ça mais le révélateur, ce sera le terrain.»
Son passé à l'OM, un atout ?
«Ces quatre années peuvent m'apporter de connaître le contexte, mais il a évolué, il s'est passé plus de 20 ans. Le club a toujours une aura énorme et un impact en Europe, ça n'a pas changé. Il faut qu'on arrive à ressentir l'OM. Il faut respirer et ressentir cette ville, en faire partie et l'incarner à travers l'OM. Il faut véhiculer tout ça, j'ai peut-être cet atout d'avoir senti ça. Je connais ces valeurs-là et il va falloir les retranscrire et les transmettre à mon groupe. Mais c'est le seul atout, ça ne me donne pas de crédibilité plus qu'un autre, je serai attendu, comme tout le monde, sur les résultats.»
Apporter du calme après De Zerbi
«On est tous différents en tant que coach. Je me souviens de quelqu'un qui m'est très cher et pour lequel j'ai eu une pensée hier lors de ma signature, Pape Diouf, je le considérais comme mon père spirituel. Il m'a toujours dit : 'Quand le feu brûle à Marseille, il faut parfois le laisser brûler car il s'éteint tout seul'. En fait, ce club vous amène dans des émotions immenses, mais il faut de temps en temps être capable de rester froid, calme et serein. Je suis quelqu'un d'assez calme. Par moment, je peux être volcanique dans l'entraînement ou sur le terrain. Mais c'est lié aux émotions que vous vivez avec votre équipe.»
«Je ne pense pas qu'il y ait un prototype d'entraîneur-type à travers les émotions pour faire en sorte que ce club soit performant. En ce moment, c'est important d'apaiser le contexte. C'est ce que j'ai dit aux joueurs, qu'on allait travailler ensemble de façon à être dans la même direction. C'est ce qui va faire qu'ils vont se sentir en sécurité pour évoluer, peut-être moins sous pression. Le plus important, c'est qu'on soit très serein et très posé. Dans ce qu'on a défini avec le propriétaire et Medhi, c'est justement apaiser ce contexte, mais qui restera volcanique quoi qu'il arrive, on ne peut pas changer l'état d'esprit de ce club, c'est ce qui en fait la beauté.»
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