Eduardo Camavinga n'a passé qu'un peu moins d'une demi-heure sur la pelouse de l'Allianz Arena mercredi, lors du quart de finale retour de Ligue des Champions, mais cela a suffi à résumer sa période trouble.
Lancé par Alvaro Arbeloa à la 62e minute pour renforcer l'entrejeu du Real Madrid, qui avait comblé son retard du match aller et tenait tête au Bayern Munich (3-4 score final, 1-2 à l'aller), le milieu français a tout compromis en l'espace de 24 minutes.
Un second carton jaune sévère et irréversible
Exclu à la 86e minute après un second avertissement à la fois largement évitable et sévère, l'ancien Rennais a laissé ses partenaires terminer à dix dans les dernières minutes d'un quart sous tension, finalement perdu par les Merengue, crucifiés par deux beaux buts de Luis Diaz et Michael Olise, qui avaient longtemps laissé sur leur faim les spectateurs présents à l'Allianz Arena. Une sortie à l'image de ses dernières semaines : brouillonnes, frustrantes et loin du niveau qui peut être le sien.
Ce qu'on peut aussi se demander, c'est si Slavko Vincic aurait maintenu cette sanction s'il s'était souvenu qu'il avait averti l'international français huit minutes plus tôt - sans contestation possible cette fois - pour un tirage de maillot sur Jamal Musiala qui s'était échappé dans l'axe. Le langage corporel de l'arbitre slovène, au moment d'adresser ce second carton jaune à Camavinga, coupable d'avoir gardé le ballon en main après une légère faute sifflée contre lui, ouvre la perspective d'un «oubli» de l'officiel, qui ne pouvait plus faire machine arrière.
Un sentiment d'injustice pour Arbeloa
Pour la délégation madrilène, cela ne fait aucun doute : le rouge de Camavinga n'avait pas lieu d'être et cela a totalement déréglé la fin de la rencontre. «La décision s'est faite sur cette action, c'est évident, mais je n'en veux pas à Eduardo qui ne méritait pas cette expulsion. C'est très dur après une telle prestation. C'est quelque chose qu'on ne peut pas contrôler. L'expulsion d'Eduardo est inexplicable. Je ressens un sentiment d'injustice. J'ai le sentiment que Vincic ne savait pas que Camavinga avait déjà été averti», a déploré Arbeloa en conférence de presse.
En fin de compte, le constat est clair : Camavinga n'arrive pas à s'envoler pour de bon au Real, près de cinq ans après son transfert. Longtemps perçu comme l'un des visages de l'avenir madrilène, l'ancien Rennais traverse désormais une zone de turbulences rare depuis son arrivée en Espagne. Mais la Maison Blanche rêve toujours d'exploiter pleinement le potentiel du Français : «Il bénéficie de la confiance de tous au club et, bien sûr, de l'entraîneur», rappelait Arbeloa la semaine passée. Il serait quand même temps que l'intéressé passe la seconde et s'impose comme un élément phare du Real, qui lui a déjà accordé beaucoup de temps pour s'imposer.
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