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le 03/06/2004 à 23h32

Bilan L1- Paris SG

17ème fin août, le PSG semblait reparti pour une nouvelle saison galère. Pourtant, cette saison 2003/2004 restera comme celle de la résurrection pour le club Parisien puisqu'en plus de sa deuxième place qui l'envoie en C1 la saison prochaine, il a également remporté la Coupe de France, son premier trophée depuis 1998. Revenons donc sur cette saison.

Si peu de gens avait misé sur cette équipe Parisienne en début de saison, malgré l'arrivée de Pauleta, force est de constater que le bilan est plus que flatteur à l'arrivée. Avec une superbe deuxième place arrachée avec 76 points, le deuxième meilleur total du club après 1986 (79 si l'on applique la victoire à trois points instaurée en 1994 et non à deux comme c'était donc le cas à cette époque). Le bilan en L1 est donc forcément positif, d'autant que l'équipe a démontré une solidarité exceptionnelle durant toute la saison. Et la victoire en Coupe de France apparaît comme la cerise sur le gâteau. Mais tout n'a pas été forcément simple.

Des débuts cauchemardesques

Le PSG attaque cette saison 2003/2004 en recevant Bastia au Parc. Après une faible prestation, et aucune recrue alignée ce jour-là, le club concède un triste nul (0-0). La défaite à Lille la semaine suivante (0-1), confirme que l'équipe n'est pas dans le coup en ce début de saison. Le jeu est pauvre et malgré une victoire à Metz (1-0) la journée suivante, personne n'est beaucoup plus rassuré : Pauleta tarde à se fondre dans le collectif, il n'y a pas de meneur et le niveau technique est inquiétant. Seul la défense semble tenir le coup, mais cette dernière va voler en éclat lors de la quatrième journée, où Monaco est à Paris. Malgré une première demie-heure de qualité (ouverture du score par Pauleta, son premier but), l'équipe va encaisser quatre buts sur de grossières erreurs défensives. Une lourde défaite (2-4) et à Montpellier la semaine suivante cela empire : trois nouveaux buts encaissés et une troisième défaite (2-3). Bilan : 17ème au classement avec quatre points pris sur quinze possibles. De quoi donner le vertige, même aux plus optimistes. L'entraîneur, Vahid Halilhodzic est déjà sur la sellette et se demande dans quelle galère il s'est empêtré, d'autant que les problèmes sont nombreux : affaire Yakin dont le contrat est rompu, Jérôme Leroy banni et poussé vers la sortie, arrivées tardives de Sorin et Boskovic…

Guingamp, le tournant

Si lors de la sixième journée, le PSG s'est quelque peu rassuré en l'emportant difficilement contre Toulouse (2-1), c'est lors du match suivant, à Guingamp, que la saison démarre vraiment. Le PSG effectue une excellente première demie-heure, sous l'impulsion de Boskovic qui marque notamment un but valable, mais refusé par l'arbitre. Cependant, le Serbe va récolter deux cartons en deux minutes vers la 30ème minute. Sévèrement expulsé, ses coéquipiers vont se révolter et l'emporter (2-0). Un groupe naît ce soir là. Suivent ainsi trois nouvelles victoires contre Auxerre et le Mans au Parc, mais surtout à Sochaux où personne ne s'était imposé depuis deux ans. Ballottés, acculés, les Parisiens conservent leur avantage acquis grâce à l'homme en forme du moment, Pauleta, auteur de cinq buts en quatre matchs. La victoire (1-0) nous montre deux facettes du PSG de cette saison : une solidarité énorme et un Jérôme Alonzo, titulaire et imbattable. Avec un brin de réussite en plus puisque l'arbitre «oublie» un pénalty en faveur des Sochaliens en fin de match. Un premier bilan peut donc être fait au soir de la victoire contre Le Mans de la 10ème journée (5-1). Les Parisiens sont troisièmes et viennent d'enchaîner cinq victoires consécutives qui les relancent largement. L'invincibilité se poursuit avec un nul à Ajaccio, mais lors de la 12ème journée, le 2 novembre, le PSG se fait surprendre au Parc par Lens (0-1) au terme d'une prestation très terne. Peu de temps après, le club se fait sortir dès son entrée en lice en Coupe de La Ligue à Gueugnon, suite à un match totalement raté. Le club débute très mal son mois de novembre ce qui ne laisse pas augurer d'un avenir brillant. Pourtant, la défaite contre Lens sera la dernière avant longtemps…

L'incroyable série

Après son échec contre Lens, le PSG se rend à Nantes pour un match difficile. Mais avec une grosse solidarité, l'efficacité de l'homme de l'automne, Fiorèse et un Alonzo des grands soirs, les Parisiens s'imposent (1-0) et se rassurent, tout en restant bien accrochés à la quatrième place du classement. C'est surtout le début d'une incroyable série de 17 matchs sans la moindre défaite en L1 qui prendra fin le 28 mars, au soir de la 30ème journée, sur une défaite (0-1) à … Lens. Entre temps, le club obtient donc 10 victoires et 7 nuls qui les confortent dans le trio de tête. Une très belle performance donc et de beaux matchs réalisés puisque le PSG s'imposera une nouvelle fois à Marseille, lors de la 15ème journées (1-0) à la suite d'une excellente prestation défensive. Il s'agit là de la troisième victoire consécutive en L1 contre les Olympiens la plus symbolique car obtenue à l'aube des arrêts de jeu lors d'une des rares occasions de la soirée. Elle permet de montrer au grand jour la solidarité Parisienne, la grande qualité de la défense depuis le repositionnement de Déhu derrière et confirme le bon travail effectué par Halilhodzic. Avant la trêve, le PSG obtient un très bon nul à Lyon, marqué par une certaine qualité de jeu et l'émergence de Modeste M'Bami de plus en plus à l'aise au milieu. Sorin dispute une heure de très haut niveau dans le couloir gauche. Capable de rivaliser avec le club double-Champion de France, le PSG se montre plus ambitieux. L'apport de Ljuboja au mercato confirmera cela.

L'année 2004 est marquée par la stabilité de l'équipe. L'entraîneur trouve son schéma type avec la montée en puissance de Sorin et Ljuboja apporte de la technicité en attaque et plus de variation dans le jeu. La défense n'encaisse que très peu de but et le parcours est satisfaisant puisqu'en plus de battre les équipes dites inférieures (Lille, 1-0 ; Montpellier, 6-1 ou Guingamp, 2-0) de janvier à février, le PSG se permet également d'aller chercher dans le même temps un point chez l'intouchable leader Monégasque (1-1 lors de la 22ème journée) et un autre chez l'équipe en forme du moment, Auxerre (1-1 lors de la 26ème journée) alors que l'équipe était à chaque fois menée. Ce PSG semble indestructible, construit dans du béton armé et se rapproche doucement mais sûrement des deux premiers, Monaco et Lyon. Mais toute série ayant une fin, c'est le 28 mars que celle-ci s'arrête, à Lens (0-1), au terme d'un match raté. Heinze et Sorin absents, on se rend compte que le PSG n'a pas le banc nécessaire pour surmonter ce genre d'aléas. Et si c'était le début de la fin pour le club ? Il n'en sera rien, puisque lors des huit journées restantes, l'équipe ne s'incline qu'une fois (0-3 à Bordeaux) et obtient six victoires, les plus marquantes contre Marseille (2-1) et Lyon (1-0). Le PSG joue le titre mais la lourde défaite à Bordeaux permet à Lyon de conquérir un troisième sacre consécutive. Finalement, c'est à Bastia que Paris arrache sa deuxième place en s'imposant (1-0, Pauleta). Monaco finit donc derrière. Un grand bonheur pour les Parisiens, renforcés par le gain de la Coupe de France le 29 mai, aux dépens de Châteauroux (1-0). Une grande saison pour le PSG.

Analyse collective

Toute la saison, hormis en août, le PSG a donné l'impression d'être indestructible. L'équipe a été caractérisée par sa solidité, son abnégation, formant ainsi un bloc compacte, capable de mener des contre-attaques rapides et meurtrières. La solidité de la défense (28 buts encaissés) a permit à l'équipe de s'imposer à 17 reprises par un but d'écart. En ayant ouvert le score, le PSG pouvait alors souvent fermer la boutique derrière et s'imposer. Le jeu n'a donc pas été extraordinaire, mais avec l'arrivée de Ljuboja en janvier, la variété du jeu offensif s'est améliorée et on a pu assister à des séquences agréables. Il n'est donc pas étonnant d'avoir retrouvé le club à la deuxième place au classement final.

Analyse individuelle

Alonzo : enfin titulaire au PSG, à 30 ans, le portier a accompli une grande saison. Décisif à plusieurs reprises, auteur de parades étonnantes, il semble avoir gagné sa place pour la saison prochaine.

Letizi : à peine revenu de blessure, il a rechuté et l'avènement d'Alonzo l'a poussé sur le banc. Il n'a donc disputé que cinq rencontres en L1 et l'ensemble de la campagne en Coupe de France, sans jamais démériter.

Mendy : il a enfin réussi à canaliser son énergie après son prêt à Bolton. Il est donc monté en puissance et a finit par être élu meilleur arrière droit par ses pairs. Dominateur défensivement, sa vitesse fait des ravages quand il monte. Doit améliorer ses centres.

Déhu : son repositionnement dans l'axe a correspondu avec les bons résultats de l'équipe. Excellent de la tête, calme dans le relance, il a été un capitaine exemplaire. Sa fin de saison (sifflets en finale de Coupe) lui laissera un goût amer. L'un des hommes clés de la saison.

Pierre-Fanfan : prêté par Monaco, il a connu des débuts délicats avant de s'imposer. Royal dans les duels, il a été irréprochable. De quoi transformer son prêt en transfert définitif.

Heinze : perturbé par son transfert avorté, il a boudé en début de saison, avant de retrouver le niveau qu'on lui connaît. Sa hargne a souvent été indispensable, de même que ses automatismes avec Sorin.

El Karkouri : il a dépanné à droite, dans l'axe et à gauche en effectuant quelques matchs de très bonne facture. Mais il s'en va quitter le PSG.

Cubilier : titulaire à droite en début de saison, il est rapidement sorti de l'équipe et s'est contenté de quelques rentrées ou dépannages lors de suspensions des titulaires. Il n'a jamais été rassurant, et retournera à Monaco.

M'Bami : son abattage et sa puissance au milieu ont toujours été précieux. Surtout, sa relance s'est améliorée en deuxième partie de saison et il a effectué un superbe fin de championnat, ponctuée de matchs de haut niveau (Marseille par exemple). Indispensable et incroyable.

Cana : titulaire dès le mois de septembre à 20 ans, il est la révélation au milieu. Très travailleur, bon relanceur, il a cependant terminé la saison quelque peu émoussé. La révélation du PSG.

Hugo Leal : il n'a commencé à vraiment jouer qu'au mois de novembre, effectuant des matchs très moyens. Mais le retour de M'Bami après la CAN, l'a poussé sur le banc. Il devrait partir.

Rocchi : il a plus joué que la saison dernière et n'a jamais démérité quand on a fait appel à lui. Mais les titulaires étant en place, il n'a pas eu le temps de s'imposer.

Sorin : ses expériences européennes précédentes n'avaient pas été de franches réussites. Blessé jusqu'en décembre, il n' a disputé que quatre rencontres avant la trêve. Mais sa deuxième partie de saison a été formidable : increvable, partout sur le terrain, son activité a été plus que précieuse.

Boskovic : le Serbe a effectué de bons débuts. Sa très belle technique ne lui a par la suite pas permis de compenser son manque de puissance physique et son mental à géométrie variable. Décevant au final.

Fiorèse : auteur d'un automne remarquable (six buts de la 7ème à la 17ème journée), son activité a été précieuse. Moins à l'aise par la suite, il a effectué une bonne fin de saison. 12 passes décisives à son crédit.

Reinaldo : sacrifié au profit de Pauleta après des débuts encourageants, il a été ensuite un joker utile. Puissant et rapide, il a inscrit sept buts.

Pauleta : moins souverain qu'à Bordeaux, il a cependant inscrit 18 buts en L1 (plus cinq en Coupe) avec peu d'occasions. Un état d'esprit irréprochable et une saison réussie.

Ljuboja : arrivé à la trêve, ses débuts ont été tonitruants. Sa technique et sa couverture de balle sont un régal. Mais il a été moins décisif par la suite. Cinq buts en L1 à son actif.

Quel avenir ?

La saison prochaine, la C1 sera là et devrait nécessiter plus d'énergie. L'objectif est donc de mettre en place une grosse équipe, comme l'a promis Graille. Discret depuis le début du mercato, le PSG semble être passé à la vitesse supérieure depuis sa victoire en Coupe. Les arrivées d'Armand et Yepes sont en passe d'être finalisées et Rothen est tenté par le challenge Parisien. Pichot a déjà signé et sera la doublure de Mendy. L'espoir Brésilien, Diego, pourrait également signer et serait une recrue de choix. Les dirigeants Parisiens sont donc en train de monter une équipe compétitive malgré les départs de Déhu, Heinze et Sorin. Pour espérer aller loin en C1 et remporter le titre, cela paraît indispensable. Le chantier paraît donc important, mais nécessaire pour que le club puisse tutoyer régulièrement les sommets.

Cette saison est donc celle du renouveau du PSG. La qualification en C1 permet au club de retrouver son standing, tandis que la victoire en Coupe de France, a mis fin à six années sans trophée.

Par Jean-Baptiste Boutmy, le 03/06/2004 à 23h32


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