
Retrouvez chaque jour une nouvelle édition du Journal des Bleus. Aujourd'hui, un retour avec des analyses individuelles des joueurs lors de France - Angleterre.
Barthez : a quasiment été chercher son premier ballon au fond des filets. Peu sollicité durant la première mi-temps, il ne peut rien faire sur le but marqué par Lampard. Mais comme tous les grands gardiens, le portier olympien a su rester concentré et se montrer décisif dans les moments chauds. A la 73ème minute, sur le penalty tiré par Beckham, il se détend sur sa droite et repousse le ballon, permettant ainsi à l'Equipe de France de rester dans le match et de garder l'espoir de l'emporter.
Silvestre : au sein d'une défense sans Marcel Desailly laissé sur le banc, il fait comme à l'habitude un match sérieux jusqu'à la 72ème minute où il stoppe irrégulièrement Rooney qui s'était échappé sur le côté droit de la cage de Fabien Barthez. Averti sur cette faute, il est remplacé à la 78ème minute par Willy Sagnol.
Gallas : son début de match est impressionnant. Intraitable en défense, il sait aussi monter en attaque pour créer le surnombre et déborder la défense anglaise. Avec Robert Pirès, il met le feu côté droit, accumule débordements et centres en retrait qui restent cependant inefficaces et ne mettent David James, le portier anglais, que rarement en danger. Mais comme le reste de l'équipe, il baisse de régime à partir de la deuxième moitié de la première mi-temps et manque de percussion par la suite.
Thuram : il rentrait ce dimanche soir dans le club très fermé des «centenaires» en honorant sa 100ème sélection en Equipe de France. Associé à Silvestre, il fait un match sérieux et tente quelques percées, à l'image de celle qui aurait pu amener un but de David Trézéguet à la 14ème minute. Toujours aussi solide il reste un des piliers de la défense française.
Vieira : il a semblé nerveux dans son comportement mais également dans son jeu dès le début du match. Mais il se reprend vite et opère, comme à son habitude des montées qui, à défaut d'efficacité, apporte de la percussion dans le jeu tricolore. Ses accélérations permettent à la France de créer le surnombre mais restent, là encore sans effet jusqu'à la 91ème minute où il obtient un bon coup franc à 23 mètres du but de David james., coup-franc qui amèner le but égalisateur…
Lizarazu : toujours aussi infatigable, le basque a animé son côté gauche. Peu sollicité en 1ère mi-temps, il tente plus en deuxième mais ses efforts restent vain, ces centres étant repoussés par la défense anglaise. Toujours aussi volontaire et solide, il a toutefois manqué de précision car bien pris par Beckham.
Makélélé : il a moins pesé sur le milieu de terrain qu'à son habitude. Il a tenté sa chance aux 18ème et 88ème minutes, sans succès, ses frappes passant loin du cadre de James. Malgré une plus grande volonté offensive en fin de match, il ne réussira pas à s'ouvrir les chemins des filets. Il sort en toute fin de rencontre remplacé par Dacourt. Blessé à la clavicule suite à un contact avec Heskey, il est, pour l'instant incertain pour les deux ou trois jours à venir.
Pirès : l'homme du début de match. Il entame la rencontre tambour-battant. Son entente côté droit avec William Gallas est parfaite et ses débordements mettent la défense anglaise à rude épreuve. Malheureusement pour l'équipe de France, cette bonne entente n'est pas mise à profit pour tromper David James. Il semble toutefois baisser d'un ton au fil du match, la fatigue se faisant sûrement sentir. Il est remplacé par Wiltord à la 76ème minute.
Henry : c'était, à coup sûr celui que les anglais craignait le plus. Mais le «meilleur attaquant du monde» selon Michaël Owen n'a pas fait parler la poudre ce soir. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé. Le meilleur buteur de Premier League (30 buts) n'a pas réussi à trouver la faille dans le mur défensif anglais qui le connaît trop bien. Malgré un match plein d'envie, il a eu du mal et ne s'est pas créé de véritables occasions hormis cette frappe cadrée mais pas assez appuyée à la 47ème minute et une frappe ras de terre à la 51ème minute sur laquelle James se couche facilement.
Trézéguet : l'attaquant de la Juve aurait pu ouvrir le score dès la 14ème minute sur un centre de Thuram devant les cages de James, mais sa tête décroisée frôle la barre transversale des buts anglais au grand soulagement de son gardien. Deux minutes plus tard, il manque de peu d'intercepter le centre de Vieira, mais il trop court, il laisse filer ce ballon en sortie de but. Sevré de ballon, la suite du match sera plus difficile pour lui. Il n'aura rien fait.
Zidane : l'homme du match, le capitaine a parfaitement assumé son rôle. Auteur d'un très bon début de match, distillant passes et transversales au millimètre, il baisse un peu de niveau par la suite, Bien pris par les défenseurs anglais, il rate quelques passes et gestes techniques mais ne se démobilise pas. Son coup-franc des 25 mètres est magique. Sur la gauche des buts anglais, il envoie le ballon d'une frappe limpide dans la lucarne droite d'un David James qui ne peut rien faire. Puis, prenant ses responsabilités sur le penalty obtenu par Thierry Henry à la 93ème minute, il frappe en force sur la droite du gardien et permet à la France d'arracher une victoire époustouflante. Idole de tout un peuple il y six ans lors de la Coupe du Monde, il endosse cette fois-ci le costume du sauveur de la patrie.
Côté anglais, c'est également le capitaine qui prend les devants. David Beckham a décidémment un pied droit magique. Grâce à lui, chaque coup de pied arrêté se transforme en occasion de but ce que les français ont vérifié après le but encaissé à la 37ème minute. Après une faute de Lizarazu sur le côté droit, le Spice Boy se fait justice lui-même et tire un coup-franc excentré qu'il place sur la tête de Lampard qui trompe Barthez. Très bon offensivement, il l'est aussi défensivement, contrant Zidane et Lizarazu. Malheureusement pour lui, malgré un bon tir, son penalty est repoussé par Barthez. Il a laissé passer l'occasion de tuer le match, mais sa performance de ce dimanche reste très bonne. Wayne Rooney a lui aussi réalisé une bonne partie faisant taire les mauvaises langues qui le trouvaient trop jeune pour supporter la pression d'une telle compétition. Rappelant un certain Michaël Owen à ses débuts, il a posé beaucoup de problèmes à la défense française et a provoqué le penalty. Le milieu de terrain anglais a quant à lui tenu son rang, grâce notamment à un match très sérieux de Paul Scholes très actif à la récupération. Quant à la défense anglaise sur laquelle on a pu se poser des questions, elle est apparue très sereine notamment dans le jeu aérien.
La France a bien commencé la compétition mais il s'en est fallu de peu pour revivre le cauchemar de 2002. L'essentiel est là, les trois points sont dans l'escarcelle des Bleus. Gonflés à bloc, ils peuvent désormais aborder plus sereinement la suite de la compétition. A demain pour une nouvelle édition du Journal des Bleus !