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le 22/06/2004 à 10h57

Le Journal des Bleus

La France s'est qualifiée pour les quarts de finale, termine première de son groupe sans avoir connu la défaite et évite dans le même temps l'épouvantail portugais. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ! Non. Mission accomplie, objectif atteint mais de quelle manière… A jouer ce jeu là, les Bleus risquent de se brûler les ailes. Bilan d'une équipe qui se cherche.

Retrouvez chaque jour une nouvelle édition du Journal des Bleus. Aujourd'hui, retour sur les performances individuelles des joueurs français et suisses

Barthez : heureusement pour l'équipe de France, il apparaît en forme. Derrière une défense parfois dépassée, il rassure. A la 15ème minute, il évite l'ouverture du score par Hakan Yakin en sortant de la lucarne un très bon coup-franc du Suisse. Il est pris à contre-pied sur le but égalisateur de Vonlanthen (26') mais, livré à lui-même sur ce but, il lui était difficile de l'arrêter. Mis à part une dernière frappe des Suisses à la 83'sur laquelle il se couche bien, il n'a pas eu grand chose à faire.

Sagnol : dans une défense chamboulée, désorganisée, il n'a pas semblé à l'aise, cherchant parfois sa place. Après avoir peu utilisé le côté gauche, la France a, cette fois, déserté son côté droit, laissant Willy Sagnol un peu esseulé. Parfois seul dans son couloir, il a souvent du combiner avec des joueurs différents et n'a donc pas vraiment eu l'occasion de déborder, ne sachant pas sur qui s'appuyer et préférant rester à son poste défensif. A noter tout de même une belle ouverture vers Henry (25'). Touché à l'avant-bras gauche après un coup de coude, il est remplacé, au retour des vestiaires (46') par William Gallas qui n'a pas pu faire étalage de ses qualités offensives et s'est contenté de défendre courageusement, touché à la cheville après un méchant tacle de Wicky (66'). Il est à son tour remplacé par Jean-Alain Boumsong (90+2)

Thuram : il reste l'élément le plus solide de la défense. Pourtant, il a semblé moins à l'aise qu'à l'habitude, ne dégageant pas un sentiment réel de sérénité, notamment sur les duels aériens. Patron de la défense, il n'a pas su mettre en place un bloc défensif compact, capable de porter les ballons vers le haut. En deuxième mi-temps, il s'est réveillé, relançant la machine et se montrant à nouveau efficace et décisif sur les tacles et dans son jeu au pied.

Silvestre : où est-il passé ? Son début de match est pourtant tranquille, les Suisses ne mettant pas une pression trop intense sur le but français. Mais il craque complètement après 25 minutes et est, une nouvelle fois, à l'origine du but adverse en ratant sa relance puis en se replaçant de manière très approximative sur le but de Vonlanthen (26'). Défensivement, il a connu des difficultés tout au long du match et, en fin de rencontre, il manque de peu de remettre les Suisses en selle, tout près qu'il était de perdre un nouveau ballon à l'entrée de sa surface devant des Helvètes à l'affût. A l'origine du premier but de Thierry Henry, son jeu long a été la seule satisfaction de ce match.

Lizarazu : il laisse une impression mitigée. Auteur de bonnes montées sur son côté gauche, il rate pourtant la plupart de ses centres, trop imprécis. En première mi-temps, il manque quelques dégagements et souffre dans les duels. Il se ressaisit en seconde période où il apparaît plus compact.

Makelele : en première période surtout, il a manqué beaucoup de relances, perdant des ballons dans des zones sensibles. Lui aussi a retrouvé un peu d'allant et de talent en deuxième période mais son rendement est moins impressionnant qu'à l'accoutumée et il a fait preuve de moins de densité au sein de son milieu de terrain.

Vieira : il a commencé son match comme à son habitude, avec la même envie et la même imposition de sa force athlétique. Son jeu, tout comme celui de l'équipe de France, s'est pourtant étiolé au fil des minutes. Ne sachant pas où se placer, oscillant entre l'axe et le côté droit, entre un placement plus défensif que central, on l'a senti mal à l'aise et vite fatigué.

Zidane : il semble parfois perdu, ne trouvant pas sa place dans son milieu de terrain. Comment voulez-vous qu'il puisse ainsi donner le meilleur de son potentiel ? Placé plus à droite lors de ce match, il a été sevré de ballon et n'a pu apporter beaucoup à l'équipe de France qui a presque totalement déserté ce côté du terrain. Le capitaine a toutefois eu le mérite d'ouvrir le score à la 20ème minute et de signer ainsi son troisième but de l'Euro. Mais tant qu'il ne trouvera pas sa place dans une équipe organisée correctement, il est clair qu'il ne pourra donner la pleine mesure de son talent.

Pirès : à coup sûr un des meilleurs français sur le terrain. Son début de match est très convaincant. Il multiplie les dribbles incisifs en début de première mi-temps et dépose le ballon sur la tête de Zidane lors du premier but de l'équipe de France. En même temps que les Bleus, il disparaît après son but et baisse nettement de rythme pour se reprendre toutefois au retour des vestiaires avec de belles frappes de loin qui ne donnent rien (55ème et 62ème). Son repli défensif a été largement bénéfique, il s'est toujours montré disponible, montrant une envie et un courage sans faille.

Henry : il lance enfin son Euro en marquant deux buts, dont un au terme d'une action qu'il affectionne particulièrement, une de celles où il peut dévorer les espaces pour aller marquer. Devant une équipe mal organisée, il a semblé être toujours aussi esseulé, s'énervant parfois du peu de ballons qui venaient à lui et de sa maladresse lorsque enfin on parvenait à le trouver. Mais son dernier bon quart d'heure ne doit pas faire oublier ses occasions ratées, notamment deux têtes qui passent au-dessus du cadre alors qu'il était idéalement placé devant les buts de Stiel (25ème et 44ème). Il a le mérite de ne rien lâcher et espérons que ses deux buts lui donneront toute la confiance dont il a besoin pour enfin redevenir décisif.

Trézéguet : certes il est sevré de ballons, certes il manque de repères dans cette équipe au système de jeu très hésitant. Mais il ne doit pas ses contre-performances qu'à cela. Son entente avec Henry semble être un lointain souvenir, et, s'il fait preuve de bonne volonté, il est en retard d'une ou deux secondes sur la plupart des ballons et ne pèse absolument pas sur les défenses adverses. Il est remplacé par Louis Saha (75') qui se met tout de suite en route et dévie un ballon de Silvestre pour Thierry Henry qui marque. Il a montré de bonnes choses qui feront peut-être de lui un titulaire contre la Grèce.

Les Suisses ont livré un bon match contre des Français très mal en place. Pour son dernier match en équipe nationale, le plus «vieux» de l'Euro (36 ans et 4 mois) a effectué quelques bons arrêts aux bons moments mais peut apparaître coupable sur le but de Zidane où il aurait peut-être du monter. Les frères Yakin se sont, eux, mis en avant. Dans sa tâche défensive, Murat a été très bon dans le jeu aérien, prodiguant de bonnes relances. Certainement épuisé physiquement après un match de haut niveau, le défenseur du FC Bâle est battu de la tête par Saha sur le but de Henry et est totalement dépassé par l'attaque du Gunner sur son second but. Son frère, Yakan s'est montré lui aussi très bon. Dangereux sur coups de pieds arrêtés, il a très bien assumé son rôle de meneur de jeu en touchant beaucoup de ballon et en se montrant très actif. Il rate toutefois une belle occasion devant Barthez à la 19ème minute et marque également le pas physiquement, ratant quelques passes. Côté milieu de terrain, Wicky a su se montrer très percutant, se repliant bien en défense et sachant apporter le soutien devant. Mais à courir partout durant tout le match, comme son équipe, il a baissé de régime dans le dernier quart d'heure. Enfin, comment ne pas évoquer Vonlanthen, nouveau détenteur du record du plus jeune joueur ayant marqué dans une phase finale de l'Euro (18 ans 4 mois et 20 jours) devant Wayne Rooney qui aura détenu le record…quatre jours. Rapide, technique, il a déstabilisé la défense française par ses appels et marque un but après une action bien menée.

Baladés en défense, laissant des espaces énormes à une attaque suisse qui n'en demandait pas tant, la France n'est pas rassurée. Si les joueurs ne s'inquiètent pas outre mesure et ne tirent que l'essentiel, la qualification et la première place du groupe, de ce match, il serait pourtant bénéfique de se remettre en question. Car on voit mal, cette équipe, autrefois si sereine et si compacte, aller au bout de la compétition si les choses ne changent pas. Les quatre jours à venir, avant le quart de finale loin d'être gagné contre les Grecs, seront décisifs. Jacques Santini doit à tout prix remettre un peu d'ordre dans une équipe qui en a beaucoup manqué lors de cette rencontre et clarifier ses positions tactiques afin de retrouver une équipe homogène qui ne s'éparpille pas. Les Bleus devront également profiter de ces quatre jours pour recharger leur batterie. Car comme le confirme Patrick Vieira dans Le Parisien, les joueurs ont terminé «épuisés après ces trois matches» .

Par Marie Ange Kostoff, le 22/06/2004 à 10h57


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