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le 22/06/2004 à 11h55

Suisse-France, revue de presse

L'équipe de France s'est qualifiée pour les quarts de finale de l'Euro en venant à bout d'une sélection suisse coriace (3-1). Avant d'affronter la Grèce vendredi prochain, retour sur la prestation des Bleus disséquée dans les principaux quotidiens européens.

Les journaux français sceptiques :

«Quel soulagement…» , titre L'Equipe. Il est vrai que l'on a longtemps craint un but helvète, synonyme d'élimination prématurée pour les Bleus. L'équipe de France s'est tantôt montrée «désespérante» , tantôt «terrifiante de trouille et de médiocrité» . Les joueurs français «récupèrent difficilement le ballon, l'utilisent souvent sans génie, et ne font jamais bloc» . Un constat pessimiste auquel s'ajoutent les «erreurs techniques» et les «incertitudes collectives» . Le quotidien déplore par ailleurs l'incapacité des joueurs de Santini à marquer sur action de jeu : «que serait l'équipe de France sans les coups de pied arrêtés ?» demande-t-il. Seule éclaircie, en plus de la qualification, dans cet horizon couvert, le réveil de Thierry Henry : «les jambes étaient bien là, il lui manquait le reste. Et le reste est venu» .

«C'est fait !» clame la Une du Parisien, qui préfère retenir la qualification pour le tour suivant plutôt que le niveau de jeu proposé par Zidane et les siens. Pas question de s'enflammer pour autant : le succès face à la Suisse «ne constitue pas une surprise, ni un exploit» . Longtemps, les joueurs de l'équipe de France ont été «incapables de trouver des solutions malgré les boulevards» . L'entrée de Louis Saha, à la 75ème minute, est saluée comme étant le «fait du match» . Sur son premier ballon, l'attaquant de Manchester United a en effet délivré une passé décisive vers Thierry Henry. Une bouffée d'air frais dans un collectif «dénué d'animation offensive» . Le nouveau système offensif adopté par Jacques Santini n'a pas changé grand-chose, et à l'issue de ce match, l'ancien technicien lyonnais «n'a toujours pas posé les bases d'un nouvel et indispensable équilibre tactique» . Une chose est sûre : jusqu'à présent, les Français sont «loin de leur niveau de jeu de 1998 et de 2000» .

Le titre du Monde résume bien le sentiment ambivalent des supporters français, après la prestation de Zidane et des siens, hier soir : «la France se qualifie dans la douleur pour les quarts de finale» . Le résultat est là, certes, mais que dire de la manière ? L'équipe de France l'a emporté mais «n'a dissipé aucune des interrogations qui pèsent sur elle depuis le début de cet Euro» . «Sans enthousiasme ni inspiration, sans envie ni abnégation» , les hommes de Jacques Santini ont rendu «une pâle copie» . «Les Bleus s'en sont encore remis aux coups de pied arrêtés pour inscrire leurs deux premiers buts de la rencontre» , constate le journal, qui déplore également «leur fragilité mentale et leur actuel manque de caractère et d'envie» . L'arrière central Mikaël Silvestre a commis «sa troisième lourde erreur en trois matches après les deux penaltys concédés face à l'Angleterre et la Croatie» . Voilà qui n'a rien de rassurant en vue des prochaines échéances…

Pour le Figaro, «Les Bleus se qualifient sans panache» . L'objectif des quarts de finale est atteint, mais pour la qualité de jeu, «il faudra repasser» . Le quotidien revient sur la bonne prestation de Robert Pires, au poste de milieu gauche : «contrairement au scénario vu face à la Croatie, le couloir gauche tricolore constitue une rampe de lancement intéressante» . La rencontre face à la Grèce ayant lieu dès vendredi, les Bleus ont «72 heures pour se mettre à niveau» . Le temps presse…

Les sites spécialisés incrédules :

Football365 cherche des raisons aux carences françaises. Est-ce un «excès de confiance» ou un «manque de concentration» qui explique l'égalisation suisse ? Toujours est-il que les Tricolorores «encaissent bêtement l'égalisation» avant de subir «un moment d'euphorie de leurs adversaires jusqu'à la pause» . Mention spéciale à Robert Pires qui, positionné en milieu gauche comme à Arsenal, «s'est transcendé par ses débordements et ses passes lumineuses» .

«Il y a quelque chose qui cloche» au sujet de l'équipe de France, et Sport.fr cherche à le cerner.
Des Bleus «nerveux, maladroits, mal inspirés» ont accentué les doutes à leur encontre. «On a rarement vu une équipe de France abandonner la bataille du milieu de terrain de cette façon» , constate le site, avant de poser la question que personne n'ose se poser : «que se passerait-il si la République tchèque était opposée en ce moment à la France ?» Il est vrai que face à des adversaires d'un tout autre calibre que ceux déjà rencontrés (à l'exception de l'Angleterre), les joueurs de Santini devront absolument hausser leur niveau de jeu, sous peine d'élimination… Sport.fr préfère nuancer la performance de Thierry Henry, plutôt que de multiplier les louanges à l'encontre du Gunner. Son bilan est le suivant :
«deux buts mais une ribambelle d'occasions gâchées» . Les progrès de l'équipe de France passent-ils par «le sacrifice d'un milieu offensif et d'un attaquant» ?

Pour Sport 24, si la première mi-temps fut satisfaisante, «la seconde a révélé un sérieux manque de percussion des Bleus» . Ceux-ci «ont eu du mal à inquiéter le gardien adverse» .

Les journaux étrangers n'ont plus peur des Français :

Le Temps, un des principaux quotidiens suisses, rend hommage aux vaincus : «les hommes de Köbi Kuhn ont disputé leur meilleur match de l'Eurofoot face à la France» , clame-t-il. Zinédine Zidane est «l'arbre qui cache les souffrances des champions d'Europe» . Le numéro 10 français a par ailleurs montré «qu'il n'avait pas que les pieds de magiques : son coup de tête l'est aussi» . Le journal genevois ne se prive pas de brocarder les Bleus : la défense «n'assure plus et perd, jour après jour, son crédit» . Le duo d'attaque composé de Thierry Henry et de David Trezeguet n'est pas épargné par les critiques : «les deux compères ont offert un festival de centres manqués, de têtes vrillées et de dribbles avortés» .

Autre journal suisse, 24 Heures affiche sa fierté d'avoir vu l'équipe nationale tenir Zizou et les siens en échec durant presque une heure de jeu. Le spectre de l'excès de confiance resurgit : «les Français croyaient avoir fait le plus dur en marquant en premier, par l'inévitable Zidane» . Sur ce corner de Pires, le gardien Stiel «sortait dans le vide» . Mais seulement six minutes plus tard, les hommes de Santini «constataient les dégâts» .

Le tabloïd anglais du Sun se concentre sur la performance de Thierry Henry, star du championnat d'outre-Manche : le joueur d'Arsenal «a finalement trouvé la pédale d'accélérateur» . Il a «atteint sa cible» et marqué «après 76 minutes de frustration» .

Pour Marca, l'un des plus grands quotidiens espagnols, «le talent de Henry a permis à une triste équipe de France d'éviter le Portugal» . Le journal insiste tout de même sur les positions «anarchiques» des joueurs français. Quant aux deux récupérateurs, Viera et Makélélé, «ils n'ont créé ni jeu ni mouvement» . Le défenseur de Manchester United Mikaël Silvestre «a commis, pour la troisième fois de suite, une erreur décisive» . Mais au final, «la qualité de Zidane et de Henry a eu raison de la discipline des joueurs de Kuhn» .

La Gazetta Dello Sport, plus grand quotidien sportif d'Italie, rappelle de bons souvenirs aux supporters tricolores : en effet, Zidane a ouvert le score sur un but «qui rappelle beaucoup celui marqué en finale de la Coupe du Monde face au Brésil en 1998» . La qualification des Tricolores est saluée par un vibrant «chapeau» , en français dans le texte.

L'équipe de France rencontre la Grèce vendredi prochain, en quarts de finale de l'Euro 2004. Face à un adversaire présumé plus faible, aucun faux pas ne lui sera pardonné. Les Bleus ont tout intérêt à hausser leur niveau de jeu, sous peine de connaître de sévères désillusions…

Par Julien Demets, le 22/06/2004 à 11h55


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