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le 24/06/2004 à 22h09

Le Journal des Bleus

Le tenant du titre contre la surprise du tournoi. De quoi attirer les foules jeudi, lors du quart de finale qui verra s'affronter l'équipe de France et la Grèce. Sur le papier, la rencontre pourrait paraître déséquilibrée. Sur le terrain, les choses sont moins sûres, notamment au vu du niveau de jeu prodigué par ces deux équipes lors du premier tour…

Retrouvez chaque jour une nouvelle édition du Journal des Bleus. Aujourd'hui état des lieux des deux équipes à quelques heures du match.

Des Bleus fatigués

Les pépins physiques et les blessures rattrapent l'équipe de France. Le match contre la Suisse a laissé des traces. Willy Sagnol est forfait pour le reste de la compétition, Patrick Vieira, victime d'une contracture à la cuisse et William Gallas, blessé à la cheville, sont incertains pour le quart de finale qui s'annonce comme un casse-tête pour Jacques Santini. La défense, déjà chamboulée à plusieurs reprises lors de cet Euro, risque d'avoir un nouveau visage. Sans Sagnol et éventuellement Gallas, Santini n'aura que peu de solutions de rechange. Ne resterait que Thuram qui glisserait sur le côté droit, laissant sa place en défense centrale, place qui serait libre pour Jean-Alain Boumsong ou… Marcel Desailly. Car on peut penser que dans un tel cas de figure, Santini jouerait la carte de la prudence, préférant laisser sur le terrain un joueur qui a l'expérience de ces grands rendez-vous, plutôt que de faire entrer un joueur qui manque encore de repères au niveau international (seulement 7 sélections contre 116 à Desailly). La défense serait alors composée de Thuram ou Gallas à droite, Desailly et Silvestre ou Thuram au centre et Lizarazu à gauche. Mais le principal problème du sélectionneur serait de devoir remplacer Patrick Vieira (ce qui n'est pas encore à l'ordre du jour). Il est l'un des meilleurs français sur le terrain depuis le début de cet Euro et son impact physique et son sens du jeu serait difficile à remplacer. Le plus sérieux candidat serait alors le néo-marseillais, Benoît Pedretti.

La gestion du physique est également un point épineux pour Santini. Car le sélectionneur n'a pas pu faire tourner son effectif contre la Suisse et tous les cadres ont du jouer le match décisif de lundi. Quelques titulaires risquent donc d'aborder ce quart de finale entamés physiquement. Après le match, Patrick Vieira avouait même que les joueurs terminaient «épuisés après ces trois matches» . Mais là encore, Jacques Santini ne dispose pas de solutions de rechange infinies. Lizarazu, qui a montré quelques signes de fatigue en fin de match mais dont la vitesse et la vista sont de toute façon indispensable à l'équipe de France, ne peut être remplacé, faute de d'arrière latéral gauche capable de tenir sa place. Quant au milieu, même problème : Dacourt et Pedretti pourraient éventuellement suppléer Vieira ou Makelele , mais ils sont loin d'avoir l'expérience internationale et l'impact physique nécessaire. Enfin, en attaque, il ne s'agit pas d'une question de physique, mais plutôt d'efficacité. Si Thierry Henry, certainement soulagé par ses deux buts inscrits contre la Suisse, ne semble pas sur la sellette, ce n'est pas le cas de David Trézéguet. Son inefficacité et son manque de poids sur les défenses adverses pourraient le contraindre à rester sur le banc et à être remplacé, pourquoi pas, par Louis Saha qui a démontré de belles choses contre la Suisse.

Les Français et la Grèce

Les Bleus sont loin de prendre ce quart de finale à la légère. S'ils sont heureux de ne pas affronter les Portugais chez eux, soutenus par leur public, ils se méfient tout de même de l'équipe grecque qui a montré de belles choses depuis le début de cet Euro. Côté statistique, les chiffres sont en faveur des hommes de Jacques Santini. En six rencontres, les Bleus n'ont jamais perdu contre la formation hellène qu'ils ne connaissent pas bien. Le seul de l'équipe de France à avoir battu un gardien grec et qui sera présent, jeudi, sur le terrain est Zinedine Zidane. Cependant, cela remonte au 21 février 1996 (3-1 entre les deux équipes).

Les Bleus savent que les Grecs ne «sont pas là par hasard» comme l'affirmait Claude Makelele. «Il s'agit d'une équipe solide qui nous posera des difficultés» ajoutait Louis Saha. Certes moins côtés que les Portugais, les Grecs sont une équipe difficile à bouger et efficace en attaque, ce qui pourrait déstabiliser une défense française déjà bancale et qui pâtira, en plus, de l'absence de certains de ses joueurs. «C'est un match piège pour nous» confiait même Robert Pirès, «il ne faut pas tomber dans le piège de la facilité car maintenant, ce sont des matches à élimination directe» . C'est pourquoi le sélectionneur a, depuis le lendemain du match France-Suisse, cumulé vidéos et observations de terrain pour tenter de déchiffrer le jeu grec. Des observations, qui lui permettront de réorganiser une nouvelle fois l'équipe. Avec ses joueurs cadres, il semble en effet qu'il apportera quelques aménagements à son classique 4-4-2 où ses joueurs pourraient mieux utiliser les couloirs et les automatismes qu'ils ont en cub. Santini laisserait ainsi Zidane se placer où il se sent le mieux, en électron libre, certainement devant le bloc défense-milieu.

Les clés du jeu grec

«On joue d'égal à égal avec les grosses nations» assurait Vassilios Tsiartas, milieu de terrain de l'équipe grecque avant la compétition. On la croyait en retrait par rapport aux deux ogres ibériques, n'ayant que peu de chances de se qualifier, la Grèce a pourtant fait mieux que de la figuration. Cette équipe qui, jusqu'ici n'avait participé qu'à deux phases finales de compétition internationale (Euro 80 et Coupe du Monde 1994), ne gagnant qu'un match au passage, a battu le pays organisateur, le Portugal en match d'ouverture (2-1) et a tenu les Espagnols en échec (1-1), poussant ces derniers vers la sortie. D'aucun avait mis la victoire grecque sur le compte du stress portugais. Loin de cela, les Grecs ont bel et bien mérité cette victoire acquise de belle manière. Les Espagnols, notamment, auraient pourtant du se méfier, puisque la Grèce avait terminé les éliminatoires en première place, devant les hommes d'Inaki Saez.

La principale force de cette équipe est la force collective. Sans grandes individualités, elle est compacte et a su déjouer les pièges des équipes qui comptent dans leur rang des joueurs parmi les plus grands techniciens du monde. Son bloc défensif risque d'être dur à bouger et à contourner pour l'équipe de France, surtout si elle s'obstine à jouer dans l'axe ou à ne pencher que d'un côté de l'attaque. Virevoltants contre le Portugal, les Hellènes proposent un jeu agréable, tout en vitesse. Doués techniquement, leur jeu était parfois terne, manquant de réalisme (ils n'ont marqué que huit buts lors des huit matches de la phase éliminatoire). Mais depuis l'arrivée d'Otto Rehhagel, qui a su inculquer une discipline de fer, la Grèce est moins dilettante et sait donc canaliser son énergie et mener de belles phases de jeu. Habitués aux équipes qui jouent dans leur milieu de terrain, les Français pourraient ainsi profiter de l'envie d'attaquer des Grecs, les laisser jouer, pour placer des contres, jeu où ils restent performants.

Si les Bleus retrouvent leur homogénéité (étirant moins les lignes, ce qui met forcément en difficulté la défense) et récupèrent de bons ballons, la rapidité de leur remontées de balles et la vitesse des attaquants pourraient, en effet, faire la différence. Reste que le bloc défensif devra être solide, que les milieux de terrain devront assurer une bonne récupération de balles et que les attaquants devront enfin se décider à exercer un pressing défensif efficace. Car attendre l'adversaire pour mieux contrer n'est salutaire que si la défense forme un véritable bloc capable de tenir et de relancer correctement vers les milieux de terrain, lançant les attaquants dans les meilleures conditions.

Dernière «botte secrète» grecque, un homme d'expérience qui a amené les plus grandes équipes allemandes (notamment le Werder de Brême et le Bayern de Munich) au sommet, Otto Rehhagel. Son expérience du haut niveau et son talent d'entraîneur pourrait être un plus pour des Grecs qui aimeraient continuer de rêver et devenir, plus qu'une révélation, un véritable outsider. Celui que le peuple grec surnomme «Otto II» a apporté avec lui expérience du haut niveau et discipline, tout ce qui manquait à cette équipe talentueuse mais quelque fois désordonnée pour enfin briller au haut niveau, ce que confirmait d'ailleurs l'intéressé «La Grèce, qui a toujours de grosses individualités, a appris à devenir une vraie équipe» . Une solide équipe qui, de plus, a engrangé une confiance sans borne. «On n'a peur de personne» clamait haut et fort Rehhagel avant l'Euro. Aujourd'hui, cette phrase sonne moins faux et apparaît moins anodine. Quoiqu'il arrive, l'Euro de l'équipe grecque sera une réussite. Ce quart de finale contre la France est un bonus, les Grecs ont tout à gagner, rien à perdre, contrairement aux Français. Ils joueront sans pression, libéré contre des Bleus qui devront tenir leur rang et montrer un visage plus séduisant que lors du premier tour… Seule ombre au tableau, malgré l'expérience et la hargne de leur entraîneur, les Grecs manquent de repères dans les grands rendez-vous internationaux. Et contre une équipe dont les joueurs jouent ensemble depuis plusieurs années, où pratiquement tous les éléments jouent dans les plus grands championnats et participent aux plus grandes compétitions européennes en club et ont donc acquis une expérience sans faille des grands matches, cela peut faire la différence.

En direct avec les Bleus

Jeudi, les Bleus ont quitté Santo Tirso pour Lisbonne et son stade d'Alvalade. Willy Sagnol, qui a déclaré forfait pour le reste de la compétition est cependant resté avec ses coéquipiers pour continuer à vivre l'Euro avec eux. Côté infirmerie, Patrick Vieira (contracture à la cuisse) et William Gallas (entorse à la cheville) restent incertains pour le match de jeudi.

Côté grec, à noter le retour de Georgios Karagounis, la suspension du «sauveur» de l'équipe face à la Russie, Zisis Vrysas et l'éventuel forfait de Giannakopoulos.

A demain pour une nouvelle édition du journal des Bleus !

Par Marie Ange Kostoff, le 24/06/2004 à 22h09


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