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le 01/07/2004 à 23h53

Qui arrêtera la Grèce ?

Un des grands favoris de l'Euro, la République Tchèque avait jusque maintenant tenu son rang. Mais l'incroyable équipe de Grèce est passée par là. Emoussés, handicapés par la blessure de Nedved et très bien contenus par le système défensif grec, les Tchèques n'iront pas en finale. C'est la Grèce, l'énorme surprise de cet Euro, qui s'est imposée en prolongation sur un but en argent de Dellas (1-0).

Les données du match :

La Grèce était l'invité surprise de ces demi-finales. Jamais les Grecs n'avaient autant fait parler d'eux. Personne ne s'attendait à retrouver cette équipe aussi loin dans la compétition. Sans pression et sans complexes, jusqu'où pouvaient-ils aller ? «On n'a rien à perdre, disait d'ailleurs le milieu de terrain Giorgos Karagounis. Mais c'est une occasion énorme pour le football grec, il ne faut pas la manquer.» En affrontant les Tchèques ils se mesuraient à la plus grosse puissance offensive de cet Euro. Mais avec leur organisation et leur détermination, on sentait les Grecs capables de l'exploit, d'autant plus qu'ils comptaient deux jours de récupération en plus, comme le Portugal la veille. Inconnus ou presque, les joueurs grecs se sont taillés une réputation, particulièrement en défense. Dellas, la tour de contrôle, Kapsis ou Seitaridis font partie des meilleurs défenseurs du tournoi. Otto Rehhagel a construit un bloc compact qui joue avec ses qualités, sans prétentions dans le jeu. Et cette ligne de conduite a payé. Dans la peau de l'outsider, la Grèce a réussi trois superbes résultats, gagnant contre le Portugal (2-1) et la France (1-0), faisant match nul contre l'Espagne (1-1). Les Grecs allaient-ils confirmer ces trois résultats ? Ils leur fallaient être très concentrés de la première à la dernière minute, tout en évitant de perdre trop rapidement le ballon. L'équipe alignée par Rehhagel était classique. Nikopolidis était le dernier rempart, devant lui on retrouvait Seitaridis, Dellas, Kapsis et Fyssas. Au milieu, le régulateur et le leader de l'équipe, Zagorakis était là, avec Basinas, tandis que Karagounis et Katsouranis occupaient une place légèrement plus offensive. Vryzas épaulait l'attaquant de pointe et buteur, Charisteas. Nikolaïdis, titulaire contre la France, se retrouvait donc sur le banc.

Drôle de demi-finale pour les Tchèques. Après avoir affronté les Danois en quart, ils tombent sur la Grèce. C'était le piège parfait pour une équipe qui semble invincible. Finaliste de l'Euro 96, cette année semblait être l'année ou jamais pour la République Tchèque. Le mélange d'anciens (Nedved, Poborsky, Smicer) et de nouveaux, comme Baros, fait de cette équipe la meilleure d'Europe depuis plusieurs mois. Et depuis le début de l'Euro, les bonnes impressions s'étaient confirmées : quatre matchs, quatre victoires, rien ne semblait arrêter le rouleau compresseur tchèque. Seul point faible, la défense qui a failli leur coûter cher contre les Pays-Bas. Mais les secondes mi-temps sont toujours à leur avantage. Un peu malmenés en première mi-temps par le Danemark, les Tchèques ont déroulé tranquillement par la suite. Scénario qui pouvait se répéter, la première mi-temps servant à user une équipe de Grèce probablement repliée dans ses trente derniers mètres. Le meilleur buteur de l'Euro, Milan Baros (5 buts) allait-il avoir la même réussite que face au Danemark ? C'était l'une des clés de cette demi-finale. Mais rien ne semblait pouvoir empêcher les Tchèques de marquer, c'est donc aussi au niveau de leur replacement et de leur rigueur que le match allait se jouer. Dans une configuration de match assez similaire contre la Lettonie, les Tchèques avaient souffert à cause d'une inattention en fin de première mi-temps. Karel Brückner avait aligné son équipe-type, hormis l'arrière droit Jiranek, blessé lors du quart. Devant Cech, on retrouvait Grygera, Bolf, Ujfalusi et l'excellent Jankulovski. Galasek servait de milieu récupérateur et de pourvoyeur pour le trio magique Rosicky-Nedved-Poborsky. Devant, le grand Koller servait de point d'ancrage à l'intenable Baros.

Les moments forts :

- Ballon prolongé de la tête par Koller et reprise de Rosicky, sur la barre de Nikopolidis (3')

- Jankulovski jaillit sur un dégagement de la tête de Dellas et frappe dans un angle fermé, parade de Nikopolidis (6')

- Première incursion de la Grèce dans la surface tchèque, mais la défense se dégage (7')

- Coup-franc de Karagounis de 20 mètres. Le tir dévié par le mur est capté par Cech (15')

- Suite à une mauvaise relance, Rosicky perce et entre dans la surface mais il est contré en corner (16')

- Long ballon dans la surface pour Koller dont la tête lobée échappe à Nikopolidis et rebondit sur la barre (20')

- Centre de la gauche de Karagounis, Cech ne peut que dévier le ballon, mais sans conséquences (29')

- Appel et centre de Rosicky de la droite dans la surface. Nedved gêné ne peut reprendre mais derrière Jankulovski ajuste une frappe. Parade de Nikopolidis (33')

- Coup dur pour la République Tchèque. Sur l'action précédente, Nedved s'est blessé. Il est remplacé par Vladimir Smicer avant la mi-temps.

- Frappe flottante de Jankulovski, juste au-dessus (44')

- Coup-franc de Poborsky à une vingtaine de mètres des buts grecs. Le ballon passe à droite (57')

- Corner de Poborsky au second poteau, tête de Koller à côté, alors que Nikopolidis était battu (59')

- Coup-franc de Karagounis finement joué au-dessus du mur pour la tête de Vryzas dans les bras de Cech (67')

- Reprise d'instinct de Poborsky, sur un ballon mal dégagé, à quelques centimètres du but (69')

- Corner de Giannakopoulos et tête de Vryzas à côté (76')

- Accélération de Rosicky et double une-deux avec Koller qui frappe de l'entrée de la surface. Le ballon passe de peu à droite du but grec (80')

- Récupération tchèque et Baros part en contre, il fait un crochet sur son défenseur et rentre sur son pied gauche pour frapper, mais le ballon passe au même endroit que sur la frappe de Koller (83')

- Pas de véritables occasions dans les dernières minutes. La Grèce pousse donc la République Tchèque en prolongation.

- Ballon prolongé de la tête par Charisteas pour Giannakopoulos, sortie osée de Cech qui repousse le ballon de Giannakopoulos à l'entrée de la surface (94')

- Coup-franc de Tsartas et tête de Dellas repoussée par Cech (103')

- Corner de Tsartas tiré rentrant et tête victorieuse de Dellas au premier poteau qui envoie la Grèce en finale sur un but en argent (105').

La prestation des Tchèques :

La République Tchèque a rapidement emballé la rencontre. On a cru que le match allait basculer très rapidement. Mais la suite fut plus laborieuse. La sortie de Nedved a assommé une équipe manquant visiblement de fraîcheur physique. Dans les buts Petr Cech a manqué un peu d'assurance. En défense, Ujfalusi a été impérial, grâce à son placement et son jeu de tête. Malheureusement pour lui il a concédé le corner fatal à son équipe. Jankulovski a beaucoup apporté dans son couloir. Au milieu on n'a pas retrouvé la même équipe que lors de la seconde mi-temps fac au Danemark. Les accélérations de Rosicky ont été les principaux éclairs de son équipe. Lui seul semblait capable de faire la différence individuellement. Poborsky a surtout été dangereux sur les coups de pieds arrêtés et quelques frappes. Smicer n'a pas réussi à faire oublier Nedved, malgré ses dribbles. Devant, Koller a fait un bon match mais n'a pas eu beaucoup d'occasions pour faire admirer son jeu de tête. Mobile et disponible en début de match, il a fait tout ce qu'il a pu. A l'image de Thierry Henry, Baros a manqué d'espaces. Bien pris au marquage, le meilleur buteur de l'Euro ne s'est pas crée suffisamment d'occasions.

La prestation des Grecs :

Les Grecs ont livré un match sans surprise : marquage individuel très efficace en attendant l'ouverture. Seitaridis a été très bon au marquage de Baros, idem pour l'excellent Kapsis, qui s'occupait lui de Koller. Dellas, le libéro, a confirmé son sens du placement et son assurance. Au milieu, Zagorakis a fait un match plein à nouveau. Basinas a également touché beaucoup de ballons, mais a été un peu moins inspiré que son capitaine. Au niveau offensif, Karagounis s'est montré très actif. La rentrée de Giannakopoulos a donné un nouveau souffle à l'équipe grecque. La pointe Charisteas n'a quasiment pas eu de ballons intéressants à négocier. Au total, la Grèce a opposé son bloc compact, bien en place, ses défenseurs talentueux et truqueurs face à une équipe plus technique mais qui manquait de vivacité dans l'ensemble.

Sans génie, mais avec beaucoup de volonté, les Grecs iront défier en finale un Portugal qui a soif de revanche. Très bien entrés dans le match, les Tchèques n'ont pas su profiter de leurs occasions. Par la suite, la sortie de Nedved et la fatigue ont fait le reste, la République Tchèque ne réussissant pas une nouvelle fois une deuxième mi-temps décisive.


Grèce – République Tchèque 1-0 a.p. (0-0, 0-0)
Arbitre : M. Collina
But : Dellas (105’)
Avertissements : Seitaridis (22’), Charisteas (69’), Karagounis (86’) pour la Grèce. Galasek (48’), Smicer (54’), Baros (101’) pour la République Tchèque.
GRECE : Nikopolidis - Seitaridis, Dellas, Kapsis, Fyssas - Zagorakis, Basinas (Giannakopoulos, 71’), Katsouranis, Karagounis – Vryzas (Tsartas, 91’), Charisteas
REPUBLIQUE TCHEQUE : Cech - Grygera, Bolf, Ujfalusi, Jankulovski - Galasek - Poborsky, Rosicky, Nedved (Smicer, 40’) - Baros, Koller

Par Julien Gorenflot, le 01/07/2004 à 23h53


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