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le 03/01/2005 à 00h06

Bilan mi-saison : Auxerre

«Fini les stars, place aux guerriers» , la banderole qui trônait dans le kop de l'Abbé Deschamps face à Rennes (3-1) résume finalement assez bien la première partie de saison de l'AJA. Alors que beaucoup, même parmi ses plus fervents supporters, craignaient le pire suite aux départs de Mexes, Cissé, Boumsong, Kapo et Sirieix, la formation icaunaise a réalisé une phase aller de toute beauté.

Un championnat bien maîtrisé

Cette saison 2004-05 avait bien mal débuté pour l'AJA. En déplacement à Lille, dont personne ne soupçonnait encore le talent, Auxerre s'était incliné (2-0) dans un match inquiétant, ni le résultat et encore moins la manière n'étant au rendez-vous. De plus, la nouvelle charnière Mignot-Bolf avait montré de sérieux signes de fébrilité. Auxerre était la première lanterne rouge de ce championnat et les hommes de Guy Roux semblaient partis pour une saison de galère. Heureusement, le doute ne s'installa pas longtemps dans les esprits à la faveur d'une série de trois succès acquis sérieusement. René Bolf signait un premier doublé (face à Rennes), ce qui lui vaudra ironiquement un temps le surnom de «Cissé» , Jean-Pascal Mignot, lui, offrait d'un coup franc magistral, une précieuse victoire à Sochaux (2-1). A la suite d'une belle victoire face à Metz (4-0) lors de la 6ème journée, l'AJA s'installait dans un Top 5 qu'elle n'allait plus quitter et ce malgré un nouveau coup dur à l'entrée de l'automne, la blessure de son excellent latéral droit, Johan Radet.

Sans briller outre mesure, en étant opportuniste et solide, la formation icaunaise maintint son rang jusqu'à la 17ème journée (5ème). Dans cette période, quelques déceptions, défaites à Saint-Etienne (3-1, première victoire de la saison des Verts) ou à Strasbourg (3-1, le Racing étant alors relégable) mais aussi quelques belles performances. On notera une victoire à Toulouse (2-1) avec les premiers buts de la saison du Belge Luigi Pieroni, le remplaçant de Djibril Cissé. Lens sera également étrillé à l'Abbé Deschamps (3-0) lors d'un match référence, Auxerre laissant venir les hommes de Joël Muller pour les croquer en contre sur deux «exploits» de son latéral Stéphane Grichting. On remarquera enfin un beau nul à Monaco (0-0).

Un finish en boulet de canon

Alors que l'on pensait l'équipe au bout du rouleau début décembre (un point en trois matches), les Ajaistes, pourtant les premiers à reprendre l'entraînement le 18 juin, vont faire preuve d'une fraîcheur insoupçonnée. Auxerre va en effet finir l'année en boulet de canon. Le 11 décembre, ils s'imposent au Stade Vélodrome (1-0, Benjani) pour les débuts de Philippe Troussier à la tête des Olympiens et le 18, ils battent Nice (4-3) dans un match totalement fou à l'Abbé Deschamps. La trêve arrive et voilà Auxerre troisième avec respectivement quatre et sept points de retard sur Lille et Lyon. Pourtant, «on joue le maintien» assure Guy Roux. «Il nous manque encore huit points» assure l'incorrigible coach bourguignon.

Un sans faute en Coupes

Parallèlement, Auxerre s'est offert un beau parcours européen, éliminant les Danois d'Aalborg au premier tour. Au second tour, le nouveau système de poules instauré par l'UEFA a fait craindre le pire (nul face à Graz, défaite à Alkmaar) mais finalement les Polonais d'Amica Wronki et les Ecossais des Glasgow Rangers ont été battus et éliminés, ces derniers dans leur antre d'Ibrox Park (2-0, doublé de Kalou). Tout le club se délecte déjà d'un 16èmes de finale à venir face à l'Ajax Amsterdam mi-février avant peut-être de retrouver Lille (ou Bâle) en 8èmes.
En Coupe de la Ligue, le parcours est tout aussi parfait puisque après une victoire à Rennes (1-1, t.a.b.), c'est Nantes qui a été éliminé le 23 décembre en Bourgogne (2-1). En quarts de finale, le 19 janvier, l'AJA recevra Caen. Enfin, pour finir, Auxerre ira à Calais jouer son premier tour de Coupe de France le 8 janvier.

Le bilan collectif

L'AJ Auxerre est la véritable surprise de ce début de championnat. Même si Lille est un surprenant second, la faculté des joueurs de Guy Roux à se maintenir au sommet malgré la perte de quatre titulaires et la grave blessure d'un cinquième, et ce, quasiment sans recruter (Bolf, Benoit Cheyrou, Pieroni) force le respect. «Nous avons exactement autant de points que l'an passé, c'est une très belle performance» note le sorcier bourguignon. On ajoutera qui plus est que la configuration de la L1 2005 met Auxerre en position plus favorable que l'an passé en vue d'une éventuelle qualification européenne. L'AJA a retrouvé ses valeurs, combat, gnac, solidarité, pressing, jeu court, et même sans briller autant qu'auparavant, maintient d'excellents résultats.

Les coups de pied arrêtés sont également redevenus une arme redoutable. En effet, Benjani, Pieroni, Mignot et Violeau ont tous marqué sur coup franc direct cette saison, formant une puissance de feu impressionnante. De plus, l'arrivée de Benoît Cheyrou, qui possède un sacré pied gauche, a permis de créer le danger également sur tous les corners et coups francs excentrés (quatre passes décisives). Tout cela a permis à Auxerre de se positionner comme la meilleure attaque de la Ligue 1. Ce début de saison a également été marqué par l'éclosion de quelques nouvelles perles du centre de formation, en défense cette fois, Bakari Sagna et Younes Kaboul, impressionnants l'un et l'autre malgré leur âge (21 et 18 ans). Toutefois, il faut bien reconnaître que l'on ne tresserait pas de louanges envers ce collectif huilé, cette mise en place tactique si réussie, cette solidarité, si Auxerre ne possédait pas un joueur d'exception : Bonaventure Kalou. Une statistique qui fait froid dans le dos, Kalou a manqué cinq matches de Ligue 1 cette saison. Sans l'Ivoirien, Auxerre a subi quatre de ses cinq défaites (Lyon, Strasbourg, Lille et Saint Etienne) et concédé un piteux nul (0-0) à domicile contre la lanterne rouge, Istres. Chacun peut croire aux coïncidences mais tout de même...

La défense

Le portier auxerrois Fabien Cool, en fin de contrat en 2005, a-t-il senti le vent du boulet ? Toujours est-il qu'il réalise une saison très correcte (grand match à Monaco), même s'il n'évolue plus à son top personnel. Il a du coup resigné jusqu'en 2007, une valeur sûre.

A droite, l'impeccable Johan Radet n'a joué que quatre matches avant de se rompre les ligaments du genou fin août. Il ne reviendra pas avant mars-avril. En fin de contrat en juin, on peut penser que le latéral auxerrois arrive au bout se sa carrière ajaïste. Il a été remplacé au pied levé par le jeune (21 ans) Bakari Sagna. Le jeune latéral auxerrois (originaire de Sens) ne cesse de monter en puissance. Sorti sans complexes de CFA (débuts malheureux à Bastia, 0-2) il s'est affirmé de match en match comme le futur titulaire du poste, poussant un peu plus son illustre aîné vers la sortie. Solide défensivement, il a laissé entrevoir des possibilités offensives en fin d'année.

Dans l'axe, l'international tchèque René Bolf a globalement fait un bon début de saison, stabilisant la défense auxerroise par son jeu de tête et son expérience. S'il a connu un creux au milieu de l'automne, on peut penser que c'est plus du à la fatigue (il a joué tous les matches de L1, après avoir disputé l'Euro) qu'à son talent. Trois buts déjà à son actif. A ses côtés, la révélation maison de l'année : Younes Kaboul. Alors qu'on ne l'attendait pas cette saison, le jeune Rhodanien a saisi sa chance (six titularisations) suite à une hécatombe de blessures. Doté d'une puissance physique (1.90 m, 87 kilos) impressionnante, il représente l'avenir proche de l'AJA. Auteur d'une percée sensationnelle à Nantes (1-1) qui a conduit à l'égalisation de Tainio, il lui faudra se défaire d'une certaine naïveté. Une grosse frappe de balle et un potentiel énorme. Toutefois, le partenaire privilégié de Bolf est Jean-Pascal Mignot. Le successeur de Mexes dans l'axe de la défense icaunaise a rempli correctement son rôle. Lui aussi blessé cet automne, il a disputé onze matches et marqué un coup franc important à Sochaux (2-1). A montré toutefois quelques lacunes en vivacité et s'est régulièrement fait prendre dans son dos. Avec sa qualité technique, on attend bien mieux de lui, surtout au niveau du placement.

A gauche, Jean-Sébastien Jaurès a disputé seulement dix matches cette saison. L'ancien compère d'Henry et Trezeguet chez les Juniors en or 96 a été certes souvent blessé, mais il a fini l'année sur le banc, victime de sa lenteur, particulièrement criarde face à Govou (1-2 à Lyon notamment). Du coup, c'est le Suisse Stéphane Grichting qui s'est imposé. Parti pour jouer dans l'axe, une blessure juste avant la reprise lui a coûté son poste et l'a déporté à gauche. S'il y a une chose qu'on ne peut pas lui enlever, c'est sa hargne et ses qualités de tacleur. Parfois dépassé par la vivacité de ses adversaires directs, il est toujours volontaire. Douze matches cette saison et un but d'anthologie contre Lens (3-0).

Le milieu de terrain

Au milieu, la paire Benoît Cheyrou-Philippe Violeau s'est clairement imposée (18 titularisations en 19 matches). Particulièrement complémentaires et efficaces, les deux hommes ratissent énormément de ballons, Violeau, occupant un rôle plus défensif, Cheyrou, étant plus relanceur. L'ex-Lillois est également devenu le tireur attitré des coups de pieds arrêtés de l'AJA. Principale victime de ce duo, le Finlandais Teemu Tainio, chouchou de l'Abbé Deschamps. Longtemps blessé en début de saison, il n'a pu reprendre sa place depuis. Tainio a alors alterné entre un poste de numéro 10 et un poste de milieu droit lors des absences de Lachuer ou Mathis. En fin de contrat en juin, son maintien dans l'effectif au-delà de cette date est incertain.

Offensivement, le trio Lachuer-Mathis-Akale s'est partagé avec plus ou moins de difficultés les deux flancs de l'attaque. Sur la droite, le capitaine Lachuer a connu un début de saison difficile avant de ressurgir. Malheureusement, il a été touché début décembre, suite à une agression de Jurietti, et sera absent durant le difficile et très chargé mois de janvier. L'Ivoirien Kanga Akale a animé le flanc gauche, à sa manière. Des dribbles déroutants, du spectacle assuré, mais parfois de manière un peu inefficace. Toutefois, comme ses coéquipiers, il a réussi un très bon mois de décembre. Enfin, Lionel Mathis, l'éternel douzième homme a évolué à tous les postes, milieu défensif, gauche, droit et même meneur de jeu, lors des absences de Kalou. Son talent est énorme et sa polyvalence appréciable. Toutefois, il a l'immense tort d'occuper le poste des indéboulonnables Kalou et Lachuer.

L'attaque

Enfin, en attaque, on ne reviendra pas sur le cas Bonaventure Kalou. L'Ivoirien, dans son rôle «d'animateur-buteur» fait partie des stars de cette L1. Son impact sur l'AJA est énorme et ce malgré quelques dribbles superflus certains soirs. Au poste d'avant-centre, le Zimbabwéen Benjani, après onze mois d'arrêt, a mis quelque temps à revenir mais il a fini décembre en trombe (buts contre Marseille, Nice et Nantes). Parfois trop collectif, sa capacité à conserver le ballon est précieuse. Le Belge Luigi Pieroni, pour sa part, est un finisseur. Peu concerné dans le jeu, il progresse à pas de géant depuis le début de saison et a inscrit trois buts en quatre titularisations. Son association avec Benjani fait partie des objectifs de Guy Roux pour cette deuxième partie de saison.

On notera enfin que d'autres joueurs sont entrés en jeu, David Vandenbossche, Arnaud Gonzalez et David Recorbet, les éternels remplaçants, ainsi que les jeunes Abou Diaby et Mamoutou Coulibaly.

Niveau mercato, comme souvent, Auxerre ne devrait pas bouger le petit doigt, dans un sens ou dans l'autre. On peut toutefois signaler la mise à l'essai du jeune milieu de train tchèque Mario Licka, joueur du Banik Ostrava (comme Bolf).

L'AJ Auxerre occupe donc une troisième place prometteuse à mi-saison. Encore en lice sur les quatre tableaux, Auxerre est plus que jamais ambitieux, et fier de sa reconstruction, pour le moment parfaitement réussie. De nouveaux joueurs se sont imposés, et ce, sans que les résultats en pâtissent. Toutefois, le calme reste de mise en Bourgogne, tout simplement car le 10ème (le PSG) n'est qu'à six petits points de l'AJA. Une fin de saison excitante s'annonce sur les bords de l'Yonne.

Par Sylvain Liron, le 03/01/2005 à 00h06


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