

Mai dernier. Les Parisiens sont aux anges. La première saison de Vahid Halilhodzic à la tête du club est un succès, ses joueurs viennent d'accrocher la deuxième place du championnat, qualificative pour la Ligue des Champions et terminent vice-champions de France, à seulement trois longueurs des quasi-intouchables Lyonnais, sacrés pour la troisième fois consécutive. La Coupe de France, cerise sur le gâteau, conquise face à Châteauroux (1-0), vient trôner aux côtés de ses cinq petites soeurs. Nombreux sont ceux qui louent la méthode du coach bosniaque. Tout aussi nombreux sont ceux qui prédisent au PSG un avenir radieux. Six mois après, force est de constater que l'ambiance n'est plus à la fête et que les ambitions ont été considérablement revues à la baisse au Camp des Loges. 10ème du classement avec «seulement» 26 points glanés en 19 rencontres, le club de la capitale a terminé la première partie du championnat dans la première moitié du classement mais reste très loin des objectifs fixés en début de saison. Eliminés de la reine des Coupes d'Europe, la Ligue des Champions après une piteuse défaite face au CSKA Moscou (1-3) et sortis par la petite porte en Coupe de la Ligue par Montpellier (0-1), les Parisiens n'ont plus le droit à l'erreur lors de la seconde moitié de saison s'ils veulent sauver les meubles et accrocher une place européenne au terme de la 38ème et dernière journée de la saison…
Mais si le groupe a subi de nombreuses désillusions depuis l'ouverture du championnat, il se montre aujourd'hui solidaire et compte bien redresser la barre. «Cette période est capitale pour la suite de la saison, car nous devons recharger les batteries. D'autant plus que nous attaquons l'année par trois rencontres en une semaine. Nous n'avons plus le droit de perdre des points, il faut enchaîner les victoires et fructifier nos victoires à Sochaux et contre Metz. Nous ne sommes pas loin des premiers !» assure Lorik Cana sur le site officiel du club, appuyé par Pedro Pauleta conscient du chemin à parcourir mais motivé. «Il y a eu du bon et du moins bon ! Nous espérions cependant afficher un tout autre bilan à la trêve. Mais une saison s'étend jusqu'au mois de mai et ce n'est qu'à cette période de l'année qu'il conviendra de tirer les conclusions. Il nous reste deux compétitions importantes à disputer et nous les jouerons à fond» . Sous peine de fronde des supporters…
Les plus mauvais débuts du club
Commencer la saison par une défaite n'est jamais bon mais ne présage pas pour autant de la suite des évènements… Défaits 2 buts à 1 par le Stade Rennais, les hommes de Vahid Halilhodzic commençaient pourtant à manger leur pain noir… Alors que les Monaco, Lyon et autres Bordeaux ou Auxerre trustent les premières places, le Paris Saint-Germain, à l'aube de la huitième journée, ne compte que quatre points au compteur et occupe une catastrophique 18ème place, parmi les relégables. Inimaginable pour le club de la capitale parti pour le titre et qui s'enfonce dans les profondeurs du classement… Un début de saison d'autant plus préjudiciable que les Parisiens n'avaient pas encore eu le redoutable honneur d'affronter des équipes du haut de classement, hormis Monaco, vainqueur au Parc des Princes (1-0). La victoire est longue à venir, la grogne monte. Coach Vahid et ses joueurs pensent bien tenir entre leurs mains leur premier succès au terme de la septième journée. Mais là encore, les affaires tournent au vinaigre et, menant 2-0 au Stade Bollaert à dix minutes de la fin, les Parisiens se font rejoindre, laissant échapper trois nouveaux points. Mais oublié la chance, parfois insolente de la saison dernière ! Souvent rejoints sur le fil, incapables de garder un score, sans véritable fond de jeu, les Parisiens semblent avoir perdu ce petit supplément d'âme qui avait fait leur force en 2003-2004 et qui leur fait alors cruellement défaut... La délivrance viendra enfin après huit longues journées, face à un club, souvent victime des Parisiens au Parc des Princes, le RC Strasbourg, alors compagnon d'infortune du PSG en zone rouge. Sans gloire, le club de la capitale empoche enfin les trois points sur la plus petite des marges (1-0) et enchaîne même un second succès consécutif, à l'extérieur face à Bastia (2-1). La machine se lance doucement mais connaît encore des ratés comme cette lourde défaite en terre girondine (3-0).
Le jeu s'améliore donc mais les points ne sont pas engrangés et la colère monte toujours chez les supporters qui peuvent toutefois se consoler grâce aux 7ème et 8ème victoires consécutives de leur club préféré sur l'ennemi perpétuel, l'OM. D'abord en championnat (2-1) puis en Coupe de la Ligue (3-2), les Parisiens vont montrer qu'ils n'ont pas perdu leur âme et qu'ils savent se transcender dans les grands moments. En Ligue des Champions, les Rouge et Bleu relèvent également la tête et se prennent à croire à une qualification qu'on croyait inespérée après les défaites au Parc face à Chelsea (0-3) et à Moscou face au CSKA (2-0). La victoire à domicile face à Porto (2-0) puis les deux matches nuls obtenus au Portugal (0-0) et à Londres (0-0) laissent augurer de belles choses, un ciel en fin dégagé. Mais décidément, le PSG, cette saison aura décidé de déjouer tous les pronostics et de jouer avec les nerfs de ses supporters… Battus par des Russes bien plus motivés, les Parisiens vont, avec cette nouvelle défaite au Parc (1-3), s'attirer les foudres d'un public de moins en moins enclin à soutenir joueurs et surtout entraîneur. Comble du malheur, le club de la capitale perd, après Jérôme Rothen quelques semaines plus tôt, l'un de ses éléments essentiels, le maître du milieu de terrain parisien, Modeste M'Bami, victime d'une fracture de la cheville et éloigné des terrains pour le reste de la saison. Vahid Halilhodzic est sur la sellette, Francis Graille également. Recrutement parfois hasardeux, manque de dialogue avec les organisations de supporters, politique de sécurité trop stricte, nombreux sont les griefs des tribunes légendaires qui se fendent même d'une grève des encouragements lors de PSG-Lille (1-1). Le divorce est-il proche ? Pas si sûr…
Une fin d'année prometteuse
Si la Coupe de La Ligue est venue ternir les fêtes parisiennes après la défaite face aux Montpelliérains (0-1), il ne faut toutefois pas oublier que les Parisiens restent sur cinq matches consécutifs sans défaite et surtout deux victoires convaincantes à l'extérieur, face à Sochaux (2-1), où les hommes de Vahid Halilhodzic avaient enfin su prodiguer un jeu digne de leurs ambitions, puis face au FC Metz, largement dominé au Parc des Princes (3-0). Une bonne série qui permet donc au club de la capitale de terminer la première partie de la saison à la 10ème place du classement. Certes, le trio de tête est encore difficile à atteindre mais les choses ne semblent pas impossible. A seulement quatre points du 4ème, l'AS Monaco, les places européennes sont en vue et l'espoir d'un retour au plus au haut plan n'est pas complètement écarté. Reste qu'il faudra que les hommes d'Halilhodzic améliorent certains secteurs de jeu. Modèle défensif la saison dernière, la charnière parisienne peine davantage cette année. Déhu parti à Marseille, Heinze à Manchester United, Sorin à la Villareal n'ont pas tout à fait été remplacés même si la charnière centrale, Pierre-Fanfan-Yepes, accompagnée de Sylvain Armand et de Stéphane Pichot ou Bernard Mendy, après des débuts difficiles retrouve des couleurs, (22 buts encaissés depuis le début de la saison, seulement 3 lors des cinq dernières rencontres).
Si la défense parisienne pose quelques problèmes cette saison, l'attaque se porte mieux, notamment grâce au meilleur buteur du championnat, Pedro Miguel Pauleta mais également à Fabrice Pancrate (5 buts) ou encore, dans une moindre mesure, à Reinaldo (3 buts). 8ème meilleure attaque, la ligne offensive parisienne compte autant de buts que l'Olympique Lyonnais et à peine trois de moins que les Auxerrois. Enfin dernier motif de satisfaction qui peut laisser espérer une année 2005 plus tranquille, la belle victoire des Rouge et Bleu en Coupe de France. Certes opposés au Petit Poucet de la compétition, Langueux (Division Supérieure Régionale), les Parisiens ont pris ce match au sérieux. De quoi réviser leurs gammes et permettre à leurs buteurs de se remettre immédiatement dans le bain, Pauleta et Reinaldo signant chacun un doublé (6-1). L'année 2005 a donc bien commencé, reste à savoir comment les Parisiens gèreront leur tout début d'année en championnat, face à Caen le 12 janvier prochain, puis face à Toulouse le 15, le tout en à peine une semaine.
Un groupe en progrès
Pourquoi Jérôme Alonzo, impérial la saison dernière a-t-il été écarté par Vahid Halilhodzic, en ce début de saison ? Il fallait un fusible à faire sauter, une victime expiatoire des catastrophiques débuts parisiens, diront beaucoup… Les mêmes pensent alors que le coach bosniaque commet une erreur et que Lionel Létizi, blessé une bonne partie de la saison précédente, ne retrouvera pas de si vite le niveau qui avait fait de lui un International Français. Et pourtant, au fil des rencontres, l'ancien Messin s'est imposé comme l'un des plus solides piliers de l'équipe. Souvent décisif et déterminant, il a sauvé les siens plus d'une fois et peut se targuer de n'avoir pas vraiment connu de baisse de régime, au contraire de certains de ses collègues défensifs… Car si aujourd'hui, la défense a retrouvé une certaine stabilité, les débuts ont été difficiles, à l'image de ceux des anciens Nantais, Mario Yepes et Sylvain Armand à qui il a fallu beaucoup de temps pour prendre leurs repères et trouver leur place. L'entente du Colombien avec José Pierre-Fanfan semble désormais porter ses fruits alors que Sylvain Armand prend de plus en plus d'assurance sur son côté gauche même s'il reste quelques déchets dans son jeu. Côté droit, le bilan est mitigé. Bernard Mendy ne trouve pas sa place et semble plus à son aise et à son avantage un cran au-dessus alors que Stéphane Pichot, au début doublure de Mendy, donne entière satisfaction à coach Vahid et apporte un plus indéniable à la solidité défensive mais aussi à l'animation offensive de l'équipe.
Le milieu de terrain parisien est quant à lui orphelin de son maître à penser. Blessé face à Moscou, Modeste M'Bami, qu'on disait éventuellement partant avant cette blessure, ne pèse plus de son poids sur le jeu parisien. Dommage pour le club de la capitale qui tenait là sa plaque tournante, assurément, le meilleur joueur du club en ce début de saison, de par son engagement physique, sa grande force de récupération mais également sa vision du jeu. Coach Vahid a donc du revoir son organisation tactique, moins frileuse en cette fin d'année (fronde des joueurs oblige ?). D'une traditionnelle organisation en 4-4-2 en début de saison, le PSG est de plus en plus souvent passé à une organisation avec deux milieux de terrains à vocation offensive supplémentaires, décroché d'un attaquant de pointe. Lorik Cana, de plus en plus influent et important dans son secteur, Edouard Cissé, capable du meilleur (son but face à Marseille) comme du pire, aidés de Fabrice Pancrate, dont la vitesse et la technique apportent beaucoup au club et de Coridon, toujours très motivé forment ainsi un milieu de terrain de plus en plus performant qui devrait rapidement retrouver Jérôme Rothen, de retour de blessure. Quant à Bernard Mendy, s'il est clair qu'il est plus efficace au milieu de terrain, ses performances en dent de scie nuisent à ses qualités d'ensemble. Incapable de convaincre, Branko Boskovic peine à démontrer toutes ses qualités techniques.
Enfin, comment ne pas évoquer les performances de Pedro Pauleta ? Meilleur buteur du championnat, il n'a jamais baissé les bras et s'est montré très souvent comme le joueur le plus motivé de l'effectif, entraînant dans son sillage ses coéquipiers. Véritable renard des surfaces, il est capable de marquer dans toutes les positions même s'il a vendangé pas mal. Ses comparses de l'attaque apparaissent ainsi moins performants, évoluant dans «l'ombre» de l'Aigle des Açores. Capables d'exploits individuels, Reinaldo reste performant par bribes, tout comme Ljuboja et Ibisevic, trop peu utilisés pour juger de leurs performances cette saison…
Vendre pour acheter…
Vahid Halilhodzic l'a dit et répété, il lui faudrait au moins un joueur par ligne pour améliorer la qualité de son effectif. «J'aimerais bien avoir trois joueur, mais c'est très compliqué. Je pensais avoir un peu plus de moyens» commentait ainsi le coach bosniaque. Un manque de moyen qui empêche, pour le moment de finaliser le transfert du bourreau moscovite, Sergueï Semak, qui avait inscrit les trois buts de la victoire du CSKA Moscou lors de la dernière journée de Ligue des Champions (3-0) et qui pourrait rejoindre la capitale si le club trouve les 2,5 millions d'€ demandés par le club russe. Des moyens réduits, la coupe d'Europe envolée, l'attrait du club parisien est moindre, ce qui pourrait expliquer en partie le manque de mouvement vers la capitale durant le mercato. Mais un autre problème demeure. Pour faire venir plusieurs joueurs à Paris, certains doivent quitter le club. De Selim Benachour à Vedad Ibisevic, très peu utilisés, tout comme Bartholomew Ogbeche ou Felipe Teixeira, en passant par Branko Boskovic ou Danijel Ljuboja, en conflit ouvert avec leur coach et même Paulo Cesar, de retour de prêt et qui embarrasse le staff parisien, beaucoup sont sur la liste des départs. Et si Ljuboja et Boskovic devraient rester au club, quid des autres ? Réponse le 31 janvier prochain, à minuit !
Mieux en championnat, toujours en lice en Coupe de France, avec pour objectif de conserver leur titre, les joueurs parisiens n'ont pas dit leur dernier mot cette saison et semblent motivés pour repartir du bon pied en 2005. Arriveront-ils à relever la tête et à finir l'année en trombe ? Seul l'avenir nous le dira !