
Les promesses de l'été
Après une saison 2003-2004 qui a fortement déplu aux supporters, Gervais Martel a dû s'activer sur le marché des transferts pour bâtir une équipe compétitive. Ainsi, Hilton, Gillet, Cubilier, Diarra, Leroy, Carrière et Cousin rejoignent le Nord. Malgré les départs de joueurs comme Moreira, Bouba Diop ou Song, voilà le Racing élevé au statut d'outsider du championnat au même titre que Toulouse. Une équipe que Lens retrouve dès la première journée au Stadium, pour un match qui confirme le potentiel de cette équipe nordiste, très séduisante malgré le score nul et vierge. Et grâce à des victoires face à Saint-Etienne (3-0) et à Istres (2-0), les Sang et Or occupent la tête de la Ligue 1 au soir de la troisième journée ! La mayonnaise semble avoir pris entre les joueurs du RCL, et les supporters se replongent dans les années 1998 (champion) et 2002 (vice-champion), et refont honneur à leur statut de meilleur public de France.
Mais les fans du Racing vont vite déchanter. Malgré le jeu chatoyant développé par leur club, les résultats ne suivent plus. Car après la victoire en terre istréenne le 21 août, synonyme de leadership du championnat, Lens ne parvient plus à gagner. Pourtant, les homes de Joël Muller dominent généralement leurs matchs, mais n'ont pas « l'instinct de tueur » qui fait remporter les rencontres importantes. Ainsi lors des matchs face à Monaco (1-1, 4e journée), Strasbourg (2-2, 6e), le PSG (2-2, 7e), Ajaccio (1-1, 9e) et surtout Auxerre (0-3, 10e), Lens domine les débats mais se retrouve face à son manque d'efficacité. Au coeur de l'automne, Martel a oublié ses ambitions de début de saison, son équipe pointant à une inquiétante seizième place…
Des Sang et Or désespérant
Et devant ce manque d'efficacité offensive, l'équipe lensoise se bloque peu à peu et n'ose plus prendre autant de risques. Normal quand on observe que cette tactique offensive ne fonctionne pas, loin de là. L'ennui fait donc son arrivée au Stade Bollaert à partir du match face à l'OM (0-0) dénué de toute envie offensive de la part des deux équipes. Lens tente de s'appuyer sur sa défense, mais cette tactique ne marche pas non plus, puisque les Sang et Or enchaînent les défaites désespérantes et les matchs nuls sans saveur. Les supporters repartent en grève, devant le manque de réussite de leur équipe. Pourtant, Leroy, Carrière, Diarra et les autres se battent, mouillent le maillot mais n'y arrivent pas. Devant, Daniel Cousin et John Utaka sont impressionnants dans leur manque de réalisme face aux buts adverses. Au soir de la 15e journée, l'ancien Manceau comptabilise 2 buts, l'attaquant nigérian 3. Affligeant.
Les Lensois vont pourtant retrouver la victoire dans ce contexte difficile, à Sochaux (2-1), le 28 novembre. Une première depuis août ! Et ce succès est suivi d'un deuxième consécutif face à Metz à domicile (2-0). Le Racing retrouve ainsi la 10e place, et les supporters reprennent espoir. S'en suivent une défaite à Rennes (1-3) puis une victoire face à Bastia (2-1) avant la trève hivernale, et voilà la tête de Joël Muller (provisoirement) sauvée. Lens peut vivre l'hiver au chaud, enfin presque, avec une 12e place. L'équipe nordiste attaquait donc 2005 avec des espoirs de renouveau. En vain. Après un nul accroché à Saint-Etienne (0-0), le Racing enchaîne avec deux défaites, dont une à domicile face à la lanterne rouge istréenne (0-1). Un match où le manque de réalisme a été à son apogée dans les rangs lensois. C'en est trop pour Gervais Martel, qui après avoir publiquement soutenu Joël Muller le dimanche suivant la défaite à Monaco, a renvoyé son coach quelques jours après.
L'électrochoc Gillot
Place désormais à son adjoint Francis Gillot. Pour son premier match après sa prise de pouvoir, le nouvel entraîneur lensois subit une première défaite face à Caen (0-1). Le Stade Bollaert est loin d'être une forteresse imprenable, avec seulement trois victoires à domicile en 11 matchs ! Mais l'effet Gillot ne va pas tarder à se faire sentir. Une semaine après le revers de Caen, Lens s'impose de belle manière face à Strasbourg avant d'aller arracher trois précieux dans une ambiance bizarre au Parc des Princes face au PSG (2-0), puis trois autres face à Nantes, un autre concurrent direct au maintien. Auxerre et Bordeaux viennent ensuite se casser les dents à Bollaert. Un état d'esprit retrouvé a donc permis aux Lensois de remonter dans l'estime de leurs supporters et surtout au classement : Lens est désormais 9e de L1, sa meilleure place depuis le mois d'août.
Et Francis Gillot n'est sans doute pas étranger à cela. En huit matchs, son bilan est flatteur : cinq victoires, un nul et deux défaites pour 16 points (soit 2 points par match). Le RC Lens peut donc raisonnablement espérer accrocher une place dans les 10 premiers du classement, voire une place qualificative pour l'Intertoto. Gervais Martel, qui a rangé ses ambitions de Ligue des Champions à moyen terme au placard, veut que son équipe termine la saison en roue libre. « L'objectif, désormais, c'est de gagner tous les matchs à domicile, et de réussir des coups à l'extérieur, a déclaré le président lensois après la victoire face à Bordeaux. Le prochain déplacement, c'est Lyon. Il y a peut-être là l'occasion de faire quelque chose. En tous cas, on ira jouer sans aucune pression, juste pour confirmer nos qualités. » A Gerland, ce sera en tout cas un vrai test pour cette équipe nordiste en pleine progression, et qui revoit l'avenir en Sang et Or, avec des leaders retrouvés comme Diarra, Carrière et Leroy.
Le Racing Club de Lens a une nouvelle fois déçu ses supporters cette saison. Pas d'Europe en vue donc la saison prochaine, sauf si les Sang et Or poursuivent jusqu'à la fin du championnat leur série de victoires. Et puis les années de Coupe du monde réussissent au club nordiste, alors, pourquoi pas 2006 après 1998 et 2002 ?