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le 19/04/2005 à 20h16

La « Rennes-aissance » !

La « Rennes-aissance » !
Invaincu depuis deux mois et demi, le Stade Rennais est passé du ventre-mou du championnat à une cinquième place pleine de promesses. En enchaînant désormais les performances à domicile et à l'extérieur, l'équipe de Laszlo Bölöni pourrait retrouver l'Europe la saison prochaine, et faire oublier aux supporters bretons les errements passés…

Une équipe à deux visages

Depuis plus d'un an, le Stade Rennais ressemble étrangement à Docteur Jekyll et Mister Hyde. Et cette saison 2004-2005 en a été l'illustration parfaite. Au stade de la Route-de-Lorient, Rennes est flamboyant, et n'a perdu que deux fois, face à Lyon (1-2) et Lille (0-1), pour 3 nuls et 12 victoires. Le club breton est tout simplement la meilleure équipe de L1 à domicile … et l'avant dernière à l'extérieur, avec 9 défaites, 6 nuls et une petite victoire. Incapables de renouveler leurs performances à domicile hors de leurs bases, les Rennais sont autant séduisants devant leur public que désastreux à l'extérieur. Les hommes de Laszlo Bölöni ont ainsi démarré la saison par une victoire solide face au PSG (2-1), avant de tomber à Auxerre (1-3) puis de relever la tête face à Nantes (1-0). Dès le début de saison, Rennes fait donc peur à domicile et rire à l'extérieur. Un problème qui va longtemps durer.

Rennes, que l'on voyait en début de saison comme une équipe capable de créer la surprise avec son quatuor offensif de feu Monterrubio-Källström-Sorlin-Frei, ne parvient pas à quitter le ventre-mou de la Ligue 1 en raison de son inconstance. Le buteur suisse est moins efficace que la saison passée, puisqu'il n'a inscrit que 7 buts à la trève. Une série est d'ailleurs très significative du double visage des Rennais : de la 15e et la 26e journée de championnat, les Rouge-et-Noir enchaînent 6 victoires à domicile et 6 défaites à l'extérieur ! C'est l'illustration parfaite, jusque là, de leur saison. La Route-de-Lorient est une forteresse imprenable dans laquelle les joueurs produisent un jeu magnifique où s'illustrent parfaitement Monterrubio, Frei ou Källström. En revanche, en déplacement, Bölöni choisit la plupart du temps une formation défensive, et place des joueurs comme Sorlin ou Monterrubio sur le banc, ou même Alex Frei, comme à Lyon (1-2). Et les Rennais sont tétanisés, inexistants.

Rennes s'exporte enfin !

Mais après sa défaite à Marseille début février (1-3), le Stade Rennais reprend des couleurs hors de sa Bretagne. Depuis ce faux-pas phocéen, Rennes n'a en effet plus perdu en championnat ! Huit matchs sans défaites donc, et surtout des performances à l'extérieur, à Lille (0-0), Metz (1-1), Caen (2-2), et surtout une première victoire salvatrice à Toulouse (2-0). Ce succès en Garonne offre en plus la 5e place du classement aux Rennais. De quoi faire prendre la grosse tête a beaucoup de joueurs, mais pas à des Rennais trop marqués par leur deux précédentes saisons passées à viser à peine plus haut que le maintien. Pourtant, les Bretons viennent de battre un concurrent direct (Toulouse) au premier tiers du classement. « Si je parle d'Europe maintenant, on va dire «quelle grande gueule» , expliquait ainsi Frei la semaine dernière. Et si, à la 38e journée, on est 8e, on va dire "quel clown" , alors ne comptez pas sur moi. » Humilité avant tout en Bretagne !

Et après le résultat nul concédé face à Saint-Etienne, un autre concurrent direct, samedi (2-2), Rennes est toujours 5e du classement, à 3 points de Monaco (4e), mais aussi seulement 4 points devant le PSG (10e). On comprend donc que les Rennais ne s'enflamment pas, d'autant qu'ils rencontrent ces deux équipes avant la fin de la saison ! Ce statut d'Européen potentiel ennuie même les joueurs, qui ne sont pas habitués à une quelconque pression. « Si on est timides dans l'entame du match face à l'ASSE, c'est à cause de la pression qui grandit à mesure que Rennes avance, déclarait le défenseur Abdelsam Ouaddou après la rencontre. On a sans doute voulu enfiler le smoking, gérer, alors que notre meilleur costume, c'est le bleu de chauffe. » Rennes doit donc apprendre à gérer ce genre de match à enjeu européen pour espérer viser plus haut.

Les rêves européens…

Mais le Stade Rennais a-t-il vraiment les capacités pour se qualifier pour la Coupe de l'UEFA ? La question mérite d'être posée au vu de l'insuffisance des résultats à l'extérieur des Bretons. Mais avec Isaksson dans les buts, Faty, Ouaddou ou Adailton en défense, Didot, Gourcuff, Monterrubio ou Källström au milieu, et Frei et Maoulida en attaque, l'équipe de Laszlo Bölöni est jeune et ambitieuse. Et si personne ne suit Olivier Sorlin, qui quittera les Rouge-et-Noir en fin de saison (vraisemblablement pour Monaco), Rennes pourra jouer sérieusement les trouble fêtes l'an prochain. Autre point positif, les supporters sont de plus en plus nombreux à se déplacer au stade : ils étaient en effet 29 164 à la Route-de-Lorient samedi dernier ! Et une Coupe d'Europe serait un bonus non négligeable à tout cela. Une compétition que n'a plus connu le club breton depuis sa finale de Coupe Intertoto disputée face à la Juventus de Zinédine Zidane en 1999. Cette année là, les hommes de Paul Le Guen s'étaient très bien défendus face aux Bianconeri mais avaient été éliminés (0-2, 2-2).

Alors, enfin le retour de l'Europe à Rennes ? Bölöni ne veut surtout pas s'avancer. « On est assez mâtures pour analyser une situation qui est bonne, mais qui n'a rien d'incroyable, a expliqué le coach franco-roumain à France Football. Moi, je juge mon équipe avec ma tête et non avec mon coeur, comme le font les supporters. Ce qui m'intéresse, c'est que dans six mois le club soit toujours dans le premier tiers du tableau. Si c'est pour finir cinquième et lutter pour le maintien dans quelques mois, où est l'intérêt ? » Même s'il n'était pas au club il y a cinq ans, Bölöni ne veut donc pas refaire les mêmes erreurs que par le passé, lorsque des joueurs comme Lucas, Luis Fabiano ou Cesar avaient été achetés à prix d'or pour un rendement… assez insuffisant dira-t-on. Mais Rennes a appris de ces mauvais choix, et ne les répètera certainement pas.

Installé à une inespérée cinquième place, le Stade Rennais se remet à rêver d'Europe. Mais même si cette équipe possède un potentiel qui peut l'amener loin, il lui faudra améliorer sensiblement ses résultats en déplacement et confirmer son invincibilité à domicile pour espérer conserver un ticket européen que les supporters attendent depuis trop longtemps…

Par Cédric Chapuis, le 19/04/2005 à 20h16


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