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le 29/09/2005 à 22h47

Lille tourne bien

Après son étonnante deuxième place de Ligue 1 acquise l'an dernier, le plus dur restait à faire pour le LOSC : confirmer cette saison. Après un début hésitant, le club nordiste a repris depuis le mois de septembre un rythme de cador. Une réussite qu'il peine encore à reproduire en Ligue des Champions.

Le poids de la saison dernière

2004/2005 a coïncidé avec l'éclosion d'une nouvelle génération à Lille. Le milieu récupérateur camerounais Jean II Makoun (22 ans), l'ailier Mathieu Debuchy (20 ans), l'attaquant Matt Moussilou (23 ans) ou le meneur de jeu Mathieu Bodmer (22 ans) en sont autant d'illustrations. Profitant d'un groupe sain et fourni, l'entraîneur Claude Puel avait instauré un important roulement entre ses joueurs et ainsi permis à son équipe de survivre à la Coupe Intertoto, tout en gardant l'ensemble de son effectif sous pression. Entourée de quelques joueurs expérimentés tels que Brunel, Landrin, Tafforeau ou Sylva, cette bande de jeunes a obtenu des résultats inespérés. Les Dogues avaient été les seuls à offrir un peu de résistance à l'intouchable Olympique Lyonnais, qu'ils avaient d'ailleurs battu fin janvier à Villeneuve d'Ascq (2-1, doublé de Moussilou). Au final, avec 67 points (18 succès, 13 nuls, 7 défaites), 52 buts inscrits (2ème meilleure attaque) et 29 buts encaissés (2ème défense), le LOSC était l'incontestable dauphin du champion de France lyonnais.

Feu de paille ou réussite à long terme ? La nouvelle saison apporterait la réponse. La jeune équipe nordiste, en plus des habituelles joutes nationales, allait devoir se confronter au haut niveau européen. La Ligue des Champions se profilait, avec pour adversaires deux légendes européennes, Manchester United et le Benfica Lisbonne, et des Espagnols en pleine ascension (Villarreal). Or, à l'aube de l'exercice actuel, les supporters lillois pouvaient légitimement nourrir quelques inquiétudes : certes, les jeunes pousses étaient toutes restées mais deux des piliers de la saison dernière avaient quitté le navire : le capitaine Philippe Brunel et «l'ancien» Christophe Landrin, respectivement partis à Sochaux et Paris. Pour les remplacer, Claude Puel a fait appel aux Suisses Daniel Gygax, recruté au FC Zurich, et Stephan Lichtsteiner, venu du Grasshopper. Le Marocain Hicham Aboucherouane posait également ses valises dans le Nord, bientôt suivi par l'Ivoirien Kader Keita. Suffisant pour enchaîner une deuxième saison victorieuse ?

Une mise en route progressive

«L'an dernier, il y avait l'Intertoto, qui avait permis de jouer des matches officiels, avec de la concentration. Cette année, on ne s'attend pas à être de suite performant.» Claude Puel s'était préparé à un début de saison plus difficile que le précédent. Il avait vu juste. La victoire du LOSC face à Rennes en ouverture du championnat (1-0) ne doit pas masquer les difficultés qu'a connu l'équipe au mois d'août. Après un match nul heureux à Ajaccio la semaine suivante (3-3), elle avait chuté dès la 3ème journée à domicile contre le promu troyen (1-2). La voilà 13ème de L1. Avant tout, Claude Puel va s'atteler à renforcer sa défense, trompée à cinq reprises lors des deux derniers matches. Avec une victime inattendue, le Grec Efstathios Tavlaridis. Lui qui comptait parmi les meilleurs défenseurs de L1 en 2004/2005 semble avoir la tête ailleurs en ce début d'exercice. Son transfert avorté aux Glasgow Rangers y est sûrement pour quelque chose. Nicolas Plestan titularisé, l'arrière-garde ne va pas encaisser de buts durant les deux rencontres suivantes, à Sochaux puis face à Toulouse. Hélas, le solidité retrouvée de ce secteur n'a d'égal que le mutisme des attaquants : le LOSC ajoute donc deux 0-0 à son parcours et occupe la 12ème place après cinq journées.

C'était maintenant au tour de l'animation offensive d'être remodelée. Fidèle à sa tactique à un seul attaquant, Puel allait profiter du déplacement à Metz lors de la 6ème journée pour titulariser Peter Odemwingie, à qui il avait souvent préféré Moussilou jusqu'alors. Autre nouveauté pour ce match, le retour parmi l'équipe-type de Geoffrey Dernis et de Milenko Acimovic. Bilan : deux buts du Nigérian sur deux actions de Dernis. Le Slovène, auteur d'un bon match, participe lui aussi amplement au succès des siens 2-0. Contre Nice puis au Parc, Puel va même aligner deux avants, Odemwingie et le jeune Fauvergue, aux profils très complémentaires. Les résultats suivent : Nice explose au Stadium Nord (4-0, un but d'Odemwingie, un autre d'Acimovic). Et si trois jours plus tard le PSG parvient à battre un LOSC solide (2-1, but de Fauvergue), il le doit plus au talent de Pauleta qu'aux faiblesses nordistes. La victoire face à Saint-Étienne samedi dernier (2-0) est la troisième en quatre matches pour les Dogues, qui occupent désormais le cinquième rang. En relançant des joueurs jadis écartés (Dernis, Acimovic, puis Moussilou et Tavlaridis qui ont fait leur retour comme titulaires contre l'ASSE), Puel s'acharne à donner constamment un nouveau souffle à son équipe. Les bienfaits du turnover...

Lille, un «sdf» qui voit grand

Ayant rejoint le groupe de tête du championnat de France, les Lillois peuvent légitimement nourrir l'espoir d'y rester un bon moment. L'habitude qu'ont les Dogues de jouer ensemble, la cohésion qui en résulte et l'expérience de l'an passé sont autant d'avantages que leurs adversaires directs pour le haut du tableau ne possèdent pas. Peut-être ne pourront-ils pas lutter avec Paris ou Bordeaux, amenés à disputer le titre au favori lyonnais, mais derrière, il y a de la place. Et Lille aime tant jouer les trouble-fête...

Les résultats en Ligue des Champions illustrent la solidité défensive retrouvée des Nordistes : à Lisbonne, face au Benfica, Tony Sylva ne s'est incliné que dans les arrêts de jeu de la seconde mi-temps. Auparavant, il n'avait pas été soumis à une domination outrageuse des Portugais. Et mardi, face à Villarreal, Rafael et les siens ont de nouveau tenu 90 minutes sans être pris à défaut. Dommage cependant que les attaquants n'aient pas réussi à faire la décision en seconde période. Il est là, le problème lillois en C1 : sans doute intimidés par l'enjeu, et un Stade de France qu'ils découvraient, les coéquipiers de Matt Moussilou ont semblé jouer avec retenue. Au final, ce 0-0 ne fait pas leurs affaires. Mais à l'extérieur, à Old Trafford en particulier, dans un rôle de petit Poucet qui leur va si bien, ils seront capables de décrocher une qualification historique pour les 8èmes de finale. Une utopie ? Pas pour Claude Puel : «Nous progressons et nous n'avons pas encore dit notre dernier mot. Tout reste encore possible. Je reste persuadé que nous pouvons faire un résultat à Manchester, nous en sommes capables.»

Mais pour un club qui rêve de briller dans la plus prestigieuse des compétitions continentales, il manque encore quelque chose : un stade. Le match de C1 au Stade de France cette semaine a donné l'occasion aux dirigeants et aux supporters d'afficher leur hostilité à la Municipalité lilloise, coupable selon eux d'avoir bafouillé dans la gestion du dossier Grimonprez-Jooris II. «Les élus locaux n'ont pas rempli leur contrat d'un stade de 35.000 places livré au 31 décembre 2005» a ainsi lancé le président nordiste Michel Seydoux en conférence de presse. Et comme si cela ne suffisait pas, le club a fait imprimer dans quelques-uns des principaux quotidiens de mardi une pleine page relatant ses problèmes domestiques. Espérons que ce coup de projecteur médiatique accélèrera la procédure pour la construction d'un nouveau stade, scénario le plus probable désormais.

Malgré un début de championnat délicat, le LOSC n'a pas paniqué. Il a même refait son retard petit à petit et figure aujourd'hui de nouveau en haut du tableau. Seul manque à ce Lille version 2005/2006 un peu d'expérience et d'audace qui lui permettrait de briller en Ligue des Champions.

Par Julien Demets, le 29/09/2005 à 22h47


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