
Une fin de série douloureuse
Battus lors de la première journée du championnat par Nantes (2-0), les Sang et Or avaient depuis enchaîné dix-neuf rencontres sans la moindre défaite. Mais toute bonne chose a une fin... Face à Nancy, à l'occasion de la 21ème journée, les Lensois se retrouvent menés au score dès la première demi-heure. Grâce au premier but de Pierre-Alain Frau depuis son arrivée en provenance de Lyon, ils parviennent a rattraper leur adversaire. Mais le Lorrain Jonathan Brison scelle le sort du match. Au soir de ce revers, les Sang et Or préfèrent parler d'accident. Pour l'entraîneur Francis Gillot en effet, cette défaite «n'est pas de l'insuffisance mais simplement un jour sans. (...) C'est simplement un coup d'arrêt mais ne paniquons pas. Cela arrive à tout le monde.» Apparemment, le mal était plus profond : à Auxerre, trois jours plus tard, les coéquipiers de Seydou Keita encaissent encore un but à un moment crucial (en fin de mi-temps) et s'inclinent (1-0). Pourtant, personne ne se montre inquiet : «Nous enregistrons une deuxième défaite en deux matches mais ne dramatisons pas. La situation n'est pas dangereuse» déclare Eric Carrière. «Je garde confiance, nous allons relever la tête» renchérit Olivier Thomert. Méthode Coué, ou volonté de ne pas tout remettre en cause ?
Il est vrai que les Artésiens n'ont jamais été promenés au cours de ces quatre derniers matches. La plupart des buts pris ont été provoqués par des erreurs individuelles : Demont qui offre l'ouverture du score à Moncef Zerka contre Nancy, Hilton qui se fait chiper le ballon par Kahlenberg à Auxerre... Alors oui, c'est bête, cela fait rire les supporters neutres, mais au moins cela se corrige et ne remet pas en cause ni la tactique adoptée, ni le niveau des joueurs. De plus, on aurait tort d'aller chercher des problèmes profonds chez une équipe encore bien classée : avec 34 points, Lens, 7ème au classement, n'est qu'à trois longueurs du rival lillois, pour l'instant qualifié pour la Coupe de l'UEFA. Auxerre, assis sur le dernier strapontin vers la Ligue des Champions, compte 39 unités. Dans une Ligue 1 où tout va très vite, ce n'est pas grand-chose. Qui plus est, le jeu vers l'avant proposé par l'équipe de Lens n'a pas souffert de cette baisse de régime. Francis Gillot en témoignait après Auxerre-Lens : «Nous n'avons pas fait un mauvais match. Le fond de jeu est là. C'est le plus important.» Pas de panique donc, mais méfiance tout de même...
Lens, toujours roi des matches nuls
S'il y a bien un record que les Sang et Or ont des chances de battre cette saison, c'est celui du plus grand nombre de matches nuls ! Durant la première moitié de championnat, ils en avaient déjà accumulés onze, dont sept d'affilée entre la 5ème et la 12ème journée. L'année 2006 a commencé sur les mêmes bases : en quatre rencontres, Daniel Cousin et les siens ont déjà partagé les points deux fois. La première, c'était face à Marseille (1-1) au Stade Vélodrome pour le compte de la 20ème journée. Menée au score suite à un but d'Habib Beye, puis réduite à dix après l'exclusion du gardien de but Charles Itandje, l'équipe artésienne ne va jamais baisser les bras et finalement égaliser par l'intermédiaire du défenseur central Vitorino Hilton. Un résultat qui, au vu du scénario du match, était plutôt encourageant. On ne peut pas en dire autant du match nul concédé samedi dernier face à Monaco. Certes, les Sang et Or ont encore eu le mérite de revenir au score, mais ils ne peuvent se contenter du partage des points à domicile, surtout face à un concurrent aux places européennes. Par ailleurs, il s'agissait du cinquième match nul lensois à Félix Bollaert cette saison. En y ajoutant cinq victoires et une défaite, cela donne un bilan moyen dans un stade pourtant réputé difficile à prendre.
Les deux résultats à Marseille et contre Monaco présentent de nombreux points communs : à chaque fois, les hommes de Francis Gillot ont été rapidement menés à la marque. L'OM a ouvert le score au bout de quatre minutes de jeu. Face à Monaco, le jeune Serge Gakpe a inscrit son premier but en L1 à la 6ème minute. Les Sang et Or ont vraiment du mal à rentrer dans leurs matches ! Une nuance doit toutefois être observée concernant la réception de l'ASM : ce match est en effet tombé juste après le décès de l'un des filles de l'attaquant ivoirien du Racing Aruna Dindane. Du propre aveu de Nicolas Gillet, «nous n'étions pas dans les meilleures conditions pour aborder ce match. La minute de silence juste avant la rencontre nous a beaucoup touché et nous avons eu du mal à rentrer dans le match, ce qui explique peut être le ballon donné aux Monégasques pour ouvrir le score.» Restent deux buts encaissés en tout début de partie. Autre défaut de Lens, son manque de réalisme, un problème récurrent depuis la saison dernière : «En seconde période, nous aurions pu avoir la place pour mettre un ou deux buts, malheureusement le score restera nul à la fin des 90 minutes» regrettait ainsi Gillot à l'issue du match face au club de la Principauté. Le rendement de Daniel Cousin, muet en 2006, illustre ce constat.
Face à Bordeaux, Lens va savoir
Pour l'instant, il est difficile de tirer des conclusions sur le début d'année lensois. La baisse de régime que connaît le club actuellement va-t-elle durer ? Doit-on voir dans les récentes défaites de simples accidents ou les signes annonciateurs d'un Racing décroché ? Le match de samedi prochain à Bordeaux pourrait clore nombre de ces questions. S'il gagnent, les coéquipiers de Hilton auront signé un véritable exploit face à une équipe de Bordeaux qui s'échappe vers la deuxième place. Par contre, en cas de défaite, les protégés du président Gervais Martel seraient repoussés à 11 points des Girondins. Un retard presque irrattrapable à quatorze journées du terme de la saison. L'écrémage du groupe des poursuivants ferait alors du Racing l'une des ses premières victimes. Le discours de Gillot devant la presse cette semaine en dit long sur l'enjeu du match et la motivation de ses hommes : «Nous allons devoir jouer un match important samedi à Bordeaux et de toutes façons nos ambitions restent les mêmes : nous voulons absolument être européens la saison prochaine ! Nous sommes, pour l'instant, qu'à trois ou quatre points du groupe qui est sur le podium du championnat. Il ne faut rien lâcher !»
Des buts encaissés à des moments-clés, une attaque moins performante, un contexte pesant, tout était réuni pour que Lens freine sèchement en ce début d'année. Les joueurs de Francis Gillot doivent désormais faire un résultat samedi à Bordeaux sous peine de sombrer dans le ventre mou de la Ligue 1.