
Moins de matches nuls, plus de victoires à domicile
Les Sang et Or ont partagé les points avec leur adversaire à dix-sept reprises cette saison, un score qu'aucune autre équipe ne peut plus égaler. En début de championnat, entre la 5ème et la 12ème journée, ils en avaient alignés huit ! Pas facile dans ces conditions de rester au contact du haut du tableau... Autre période noire lensoise, le début d'année 2006 : sur les cinq rencontres disputées durant le mois de janvier, les coéquipiers de Daniel Cousin vont en perdre trois (à Auxerre, Bordeaux, et contre Nancy) et concéder deux nouveaux matches nuls, sur la pelouse du Vélodrome puis face à Monaco. Après un sursaut contre Strasbourg (victoire 2-1 à Bollaert) début février, le lourd revers essuyé à Rennes (4-1) va les plonger dans la deuxième moitié du classement, à la 11ème place. Plus question, dès lors, d'évoquer la Ligue des Champions...
Mais depuis deux mois, Lens a remonté la pente : une seule défaite est à déplorer, à Saint-Etienne (2-0) il y a deux semaines, à l'occasion de la 35ème journée du championnat. Dans le même temps, les Artésiens ont cumulé cinq succès pour trois matches nuls. Avec dix-huit points enregistrés sur les neuf dernières rencontres, ils présentent un bien meilleur bilan que Lille (14 points) ou Auxerre (10), ses adversaires directs dans la course au podium ou à la quatrième place. C'est surtout à domicile que les résultats du RCL se sont améliorés : à Félix Bollaert, Charles Itandje et ses coéquipiers restent sur quatre succès et un match nul, contre le PSG (1-1). Du coup, les points perdus à Nice (0-0), Toulouse (1-1) et Saint-Etienne (2-0) sont compensés. D'autant que Lens est tout de même parvenu à décrocher un succès à Metz (0-1).
Un mental et un physique retrouvés
Difficile de trouver des raisons au passage à vide du RCL début 2006. Pour le milieu de terrain Alou Diarra, il faut y voir la trace de «l'irrégularité» de l'équipe, mais aussi de ses difficultés psychologiques : «Nous avons mieux réussi contre les clubs les mieux classés de la Ligue 1. La motivation est naturelle lorsqu'on affronte Lyon, Paris ou Marseille. Il faudrait avoir la même envie toute l'année. Psychologiquement, nous avons des progrès à faire.» Les progrès ont été faits, puisque les Sang et Or ont été capables de battre Ajaccio, Troyes, Sochaux et Metz, autant de formations présumées inférieures à celle de Francis Gillot. Lens a même fait preuve de ressources qu'on ne lui soupçonnait pas vraiment en revenant au score deux fois ces dernières semaines, contre Toulouse et face au PSG pendant les arrêts de jeu.
La bonne série actuelle des Sang et Or peut aussi s'expliquer, et c'est paradoxal, par leurs éliminations en Coupe de France fin janvier contre Rennes et en Coupe de l'UEFA un mois plus tard face aux Italiens de l'Udinese. «Moralement, on a tous pris un coup, mais physiquement ça nous a permis de récupérer» assurait Alou Diarra après coup. Symboles de ce retour en forme, l'ailier gauche Olivier Thomert, blessé cinq semaines et buteur samedi face à Lille pour son match de reprise, et Seydou Keita, capable non seulement d'assumer ses tâches défensives mais aussi de marquer, comme contre Sochaux (2-1, 32ème journée) ou à l'occasion du derby du Nord samedi dernier.
Frau et Cousin font le plein
Quand on sait qu'en janvier, l'attaque lensoise n'avait sévi que trois fois en cinq matches, il est rassurant de constater que lors de ses neuf dernières rencontres, elle a inscrit onze buts. Sept d'entre eux sont l'oeuvre de Pierre-Alain Frau ou de Daniel Cousin. Le premier, arrivé dans le Pas-de-Calais cet hiver en provenance de Lyon, où Gérard Houllier le confinait au banc de touche, a vite montré que son talent de buteur n'avait pas disparu avec son temps de jeu. A Toulouse (1-1, 31ème journée), c'est lui qui égalise après l'ouverture du score de Fodé Mansaré. La semaine suivante, contre son ancien club Sochaux, il ouvre la marque re avant que Seydou Keita ne mette son équipe à l'abri (score final : 2-1). Troisième but de suite à l'occasion de la 33ème journée à Metz, où «PAF» offre la victoire aux siens sur penalty. Samedi, face à Lille, l'attaquant de 26 ans a encore frappé en marquant le quatrième but sang et or, celui qui condamne les espoirs de retour des hommes de Claude Puel, revenus à 3-1 en début de deuxième période.
Le rendement de Daniel Cousin est moins régulier. Buteur lors des 28ème et 30ème journées, l'attaquant originaire du Gabon a connu une période de mutisme pendant cinq matches, avant de marquer un penalty samedi face aux Dogues lillois. Il ne faut toutefois pas sous-estimer l'importance de ses réalisations : elles ont offert les trois points au RCL contre Ajaccio (1-0) et Troyes alors que son équipe se remettait à peine d'un début d'année raté, et peinait à construire un jeu digne de ce nom. L'ancien Manceau, dauphin de Pauleta au classement des buteurs (13 buts), s'est en outre distingué en signant deux passes décisives, pour Thomert et Frau, samedi dernier contre Lille. Parmi tous ses joueurs offensifs, il n'y a donc rien d'étonnant à ce que Frau et Cousin soient ceux que Francis Gillot a le plus utilisés, Aruna Dindane et Jussiê devant se contenter d'un rôle de joker ou d'un poste d'ailier.
Une attaque plus efficace, une fraîcheur physique retrouvée, des adversaires moins en verve, et voilà Lens proche du podium. Mais pour disputer la Ligue des Champions l'an prochain, un objectif inespéré il y a deux mois, il va falloir faire vite : 6 points seulement restent à distribuer dans ce championnat 2005/2006. Rennes, Lille et Marseille n'attendront pas...