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le 19/05/2006 à 15h11

Bilan L1 : le PSG

Bilan L1 : le PSG
Il flottait un air de renouveau au PSG l'été dernier : nouvelle direction, nouveaux joueurs, nouvelles ambitions... Hélas, les Rouge et Bleu ont encore déçu en championnat, ne terminant qu'au neuvième rang. Heureusement qu'il y a la Coupe de France...

Après une saison 2004/2005 marquée par le départ du duo Graille-Halilhodzic, le nouveau président parisien Pierre Blayau avait juré à son arrivée de miser, enfin, sur la stabilité. Peine perdue : en dépit d'un recrutement haut de gamme (Kalou, Dhorasoo, Rozehnal, les deux Uruguayens...), le club de la capitale a terminé dans le ventre mou du championnat et connu un nouveau changement d'entraîneur. Tout avait pourtant bien commencé...

Une lente décélération

Paris entame sa saison de la meilleure des manières : contre Metz (4-1), à Sochaux (1-0) et contre Toulouse (2-0), les hommes de Laurent Fournier enchaînent trois victoires et s'emparent de la place de leader. Mais à partir de la 4ème journée et jusqu'à la fin de la saison, ils ne vont plus être capables d'aligner deux succès d'affilée ! Le but de l'ancien Parisien Lorik Cana, lors de la défaite à Marseille (1-0) pour le compte de la 11ème journée, illustre les limites d'un milieu de terrain sans impact physique. Sixième à la trêve, malgré quelques lourds revers à Saint-Étienne (3-0) ou au Parc face à Lens (3-4), le PSG parvient à se maintenir à deux points du dauphin (Lens à l'époque) grâce à des victoires à Bordeaux (2-0) ou contre Lille (2-1), deux concurrents directs. Insuffisant pour Pierre Blayau qui se sépare de Laurent Fournier à mi-saison, contre l'avis de la majorité des joueurs. Guy Lacombe prend les commandes de l'équipe pour les matches retour.

Ses débuts face à son ancien club Sochaux lui offrent sa première victoire (3-1). Une embellie de courte durée. Paris prend la mauvaise habitude, à l'extérieur, de perdre dans les dernières minutes de jeu, comme à Nice ou Toulouse (1-0 à chaque fois). Pire : pendant 8 matches, entre la 23ème et la 30ème journée, Yepes et les siens ne gagnent plus. Une série noire qui prend fin le 19 mars contre Auxerre (4-1). C'est alors le début de la meilleure période parisienne de la saison : à Monaco (1-1), face à Bordeaux (3-1) et à Lens (1-1), le PSG montre enfin de quoi il est capable et donne plus de regrets encore à ses supporters. Un élan stoppé par... la victoire en Coupe de France : assuré de disputer la Coupe UEFA, libéré d'une pression énorme, les Rouge et Bleu terminent en roue libre, concédant deux défaites lors des deux dernières journées. Bilan : 52 points pour 13 victoires, 13 nuls et 12 défaites. Difficile d'être plus «moyen» .

Paris gagne le gros lot... de consolation

Même lorsqu'il passe à côté de son championnat, le club parisien arrive souvent à briller en Coupe de France. C'était le cas en 1998, en 2003 lorsqu'il n'avait été battu qu'en finale par l'AJ Auxerre, et cette année. Pour rallier le Stade de France, Guy Lacombe et ses hommes se sont frottés à de petites équipes comme Vermelles (4-0) ou Lyon-la-Duchère (3-0), mais ont aussi dû faire face à quelques gros morceaux : Auxerre (1-0) et Lille au Parc (2-1), Nantes à La Beaujoire (2-1) et bien sûr l'OM en finale (2-1). Auteur de 5 buts, dont un superbe à Nantes, Pauleta a encore été l'homme clé de ce parcours victorieux. C'est également en Coupe que les habituels remplaçants ont pu davantage s'exprimer : Rodriguez a inscrit un but et fait deux passes décisives contre les «petits» , l'autre Uruguayen Carlos Bueno leur a chacun marqué un but ; Pancrate a ouvert le score contre Nantes et Alonzo, alors remplaçant, a sauvé son équipe face à Auxerre.

Mais ce qu'on retiendra de cette édition 2006, c'est sa finale : retrouver le PSG et son rival marseillais à ce stade de la compétition n'était jamais arrivé. Et pour les deux équipes, une victoire permettait de faire d'une saison moyenne un exercice finalement inoubliable. Mieux organisé, plus calme et pouvant enfin compter sur ses recrues Kalou et Dhorasoo, tous deux buteurs, Paris a conquis son septième trophée au terme d'une finale agréable. L'occasion aussi de venger l'humiliation subie deux mois auparavant lorsque l'équipe réserve phocéenne avait obtenu le partage des points sur la pelouse du Parc des Princes (0-0). Le commentaire de Jérôme Rothen à l'issue de la finale gagnée traduisait l'euphorie – et la démobilisation - qui a suivi : «C'était un match historique et nous savourons cette victoire. C'est une belle page d'écrite. C'est du plaisir pour tous les supporters du PSG.» .

Les satisfactions

Malgré un gros relâchement en fin de saison, les Bleu et Rouge ont su dans l'ensemble se faire respecter à domicile (36 points glanés au Parc ; Lyon en a pris 43 à Gerland). En outre, Guy Lacombe pourra s'appuyer sur la bonne période de son équipe en mars-avril pour en exploiter toutes les capacités. Pendant un mois, seulement un mois, le PSG a prouvé qu'il pouvait être une belle équipe offensive. Enfin, on peut signaler la solidarité d'un groupe qui, contrairement à l'année précédente, ne s'est pas fissuré en clans ennemis - même si, au sein de l'effectif, seul Pauleta a les moyens de fustiger la désinvolture de ses coéquipiers sans créer de guerre. «Cela fait un moment que le vestiaire vit bien» se félicitait Guy Lacombe après la finale de Coupe de France. C'est cet orgueil collectif, renforcé par le fait de rencontrer l'ennemi marseillais en finale, qui a permis au groupe d'aller au bout de son parcours dans cette compétition.

Depuis Carlos Bianchi en 1979, Paris n'avait jamais compté dans ses rangs le meilleur buteur du championnat. Avec 21 buts, dont quatre doublés et un triplé, Pauleta a retrouvé le sommet de ce classement (avec 7 buts d'avance sur ses dauphins !). Son importance dans le vestiaire est tout aussi grande. Son compère Kalou a lui aussi plutôt réussi sa saison. L'international ivoirien a fini en trombe, marquant 7 buts sur ses 11 derniers matches toutes compétitions confondues. Autre recrue, le défenseur tchèque David Rozehnal à qui on ne peut pas reprocher grand-chose, même s'il fait rarement plus que son travail. Mario Yepes a multiplié les tacles glissés et gagné de nombreux duels aériens. Attention toutefois à rester concentré : le Colombien perd beaucoup d'énergie à discuter avec les arbitres... L'autre ancien Nantais Sylvain Armand est devenu l'un des piliers de l'équipe. Rassurant et polyvalent, il devrait être l'un des hommes de base du PSG version 2006/2007.

Les déceptions

Le gros point faible du PSG cette saison, ce sont ses matches à l'extérieur : en dix-neuf déplacements, il n'a gagné que deux fois, à Sochaux (1-0) en tout début de championnat et à Bordeaux (2-0) en novembre. Avec 16 points gagnés loin du Parc, Paris n'est que la 15ème équipe du championnat hors de son antre. Par ailleurs, avec 38 buts encaissés, la défense du PSG n'est que la 10ème de Ligue 1. La faute à un milieu de terrain bancal, léger, et souvent incapable de prêter main-forte aux défenseurs. La conséquence, surtout, d'une grande perméabilité sur les coups de pied arrêtés. Aucune autre équipe de Ligue 1 n'a encaissé 13 buts en phase arrêtée, dont 7 sur corner. Les 44 buts inscrits par Pauleta et sa bande (contre 73 pour Lyon) n'ont pu compenser les faiblesses du secteur défensif.

Vikash Dhorasoo ne pèse pas sur le jeu de son équipe et n'agit que par éclairs, même si sa technique et son entente avec Pauleta lui permettent de rester décisif. Dans l'ensemble, il a donc déçu. Mais son but en finale de la Coupe de France lui vaut l'indulgence des fans parisiens... Bernard Mendy, limité techniquement, a failli perdre sa place au profit du revenant brésilien Paulo César. Sa bonne prestation en finale de Coupe face à Ribéry a quelque peu calmé ses détracteurs, mais il pourrait partir. Landrin et Pancrate sont auteurs de quelques bonnes prestations, le second est même souvent décisif. Mais leur inconstance les prive d'une place de titulaire. Quant a Christian Rodriguez, ses percées tête baissé ont d'abord séduit, avant d'énerver. Son compatriote Carlos Bueno a couru pour rien, le peu qu'il a joué. Enfin, sans avoir réellement déçu sur l'ensemble de l'année, Jérôme Rothen a connu un gros creux au coeur de l'hiver.

Nouveau départ

Avec l'arrivée de Mickaël Landreau au poste de gardien, le club de la capitale s'est pourvu d'un joueur jeune mais expérimenté et ambitieux, même si Lionel Létizi et Jérôme Alonzo n'ont pas grand-chose à se reprocher. L'ancien Nantais n'a-t-il pas déclaré à son arrivée qu'il souhaitait «être encore plus compétitif en équipe de France» ? De plus, le troisième gardien des Bleus va pouvoir compter sur la présence de ses anciens coéquipiers Sylvain Armand et Mario Yepes, si ce dernier reste, pour faciliter son intégration et le bon fonctionnement de l'arrière-garde parisienne. L'autre recrue annoncée s'appelle Amara Diané. Auteur de 9 buts sous le maillot strasbourgeois, l'Ivoirien était également pisté par Lyon. Capable de jouer deuxième attaquant, avec un profil proche de celui de Kalou, il devrait plus régulièrement occuper le flanc droit. Depuis le départ de Fiorèse il y a deux ans, le PSG n'a jamais trouvé le pendant de Rothen. Landrin, Kalou, Pancrate et Dhorasoo s'y sont essayés. L'ancien Lyonnais s'en est le mieux sorti, mais il y évolue à contrecoeur.

C'est en dehors du terrain que la révolution a vraiment eu lieu : dans quelques jours, Canal+ va officiellement se désengager du club et Alain Cayzac va en prendre les rênes. Ce passage de témoin effectué, le PSG devrait avoir les mains plus libres sur le marché des transferts et connaître la manne financière dont il dispose pour faire ses achats. Nul doute qu'à la reprise, début août, il flottera encore, à Paris, un air de renouveau...

La Coupe de France remportée face à l'OM a permis au PSG de sauver sa saison. Mais les supporters et les nouveaux propriétaires du club ne se satisferont pas d'une nouvelle saison ratée en championnat. Paris, l'an prochain, n'aura plus droit à l'erreur...

Par Julien Demets, le 19/05/2006 à 15h11


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